Alimentation, maladie, hygiène indéquate Nos ancêtres se servaient de l’odeur pour distinguer leurs amis de leurs ennemis. Ils commençaient par se renifler avant tout autre moyen de communication. C’était aussi un moyen de séduction. Ce n’est que depuis quelques décennies que les hommes trouvent leurs odeurs incommodantes et essaient par divers moyens de les masquer. L’idée de se laver régulièrement est assez récente et pas partagée universellement, soit par croyance religieuse, par tradition, par éducation ou simplement par mauvaise habitude. D’où viennent nos odeurs? L’odeur naturelle, dite primaire, est dégagée par les glandes sudoripares situées au niveau des aisselles (à l’âge de la puberté), de l’aine et parfois sous les seins pour les femmes. Cette odeur est simplement génétique, mais bien souvent c’est une question d’hygiène. Aux aisselles, l'odeur sécrétée par les glandes est accentuée par la présence de poils, qui retiennent les sécrétions et offrent un milieu propice à la multiplication des bactéries. L’épilation des aisselles résout en bonne partie ce problème. Aux pieds, cela entraîne la croissance de bactéries et de champignons. Le port de chaussettes en fibre naturelle comme le coton aide grandement à l’absorption de l’humidité; laisser les pieds à l’air libre le plus souvent possible empêche le développement de bactéries. L’alimentation est aussi responsable de l’odeur. Il est vrai que l’ail donne une mauvaise haleine, mais bien plus, la peau en dégage l’odeur jusqu’à 24 heures suivant la consommation. Les épices tels le cari et le cumin, consommées en grande quantité, produisent une odeur de peau très prononcée. Ce n’est pas tant une mauvaise odeur, mais bien une odeur que l’on apprécie ou pas. Une alimentation riche en viande engendre une odeur corporelle plus forte; urine, transpiration s’en ressentent. Au contraire, une alimentation riche en fruits diminuera l’odeur corporelle. La sueur, contrairement à la croyance populaire, n'a pas d'odeur puisque ce n'est que de l'eau. Les odeurs secondaires Les odeurs secondaires sont liées particulièrement à des maladies. L’hygiène est adéquate et les odeurs persistent? Les problèmes médicaux liés à l’odeur sont détectables par votre praticien. Les adolescents disent souvent qu’ils «puent des pieds»; cette infection s’appelle kératolyse. Elle est caractérisée par des trous sur les pieds, plus ou moins profonds, la plante du pied devient blanche et ils dégagent une forte odeur. Une autre affection plus spécifique des adolescents, la triméthylaminurie, maladie génétique responsable d'une sudation excessive particulièrement nauséabonde. Le botox, aujourd’hui bien connu en esthétique, est utilisé depuis fort longtemps en médecine. Pour contrôler l’hyperhidrose, qui se traduit par une transpiration excessive non seulement aux aisselles, mais aussi une sudation abondante à la tête, aux mains et aux pieds, le botox thérapeutique est injecté dans les glandes hyperactives afin de ralentir leur activité pour une période de quatre à sept mois. Le traitement peut se renouveler aussi souvent que nécessaire. Quelques autres maladies peuvent causer un dérèglement des odeurs: les infections urinaires, les problèmes gastriques, le diabète et les maladies du rein. La séduction passe par les odeurs, non par les parfums: les «phéromones», odeurs que nous ne sentons pas, influencent nos choix de partenaires. La perception de ces odeurs est inconsciente et déclenche la sensation de l’amour et des désirs sexuels. La perception des phéromones chez la femme est influencée par la période où elle se situe dans son cycle menstruel et par le fait qu’elle ait un partenaire sexuel ou non. Cette perception est aussi nuancée par le nombre de jours écoulés depuis la dernière relation sexuelle de l’homme et de la femme. Plusieurs tests ont démontré que les odeurs corporelles influent sur les humains dans leurs choix relationnels. Une femme sentira donc d'instinct quel est le bon géniteur pour sa descendance. Sur le plan psychologique, les liens qui existent entre notre odorat et nos émotions influencent notre comportement. Qui n’a jamais recherché une odeur perdue? Celle de notre mère, de notre enfant, d’un ancien amoureux? Ou l’odeur croisée sur notre chemin qui nous ramène des événements plus ou moins vagues, oubliés depuis longtemps dans un coin de notre cerveau. Même si l'odorat humain est considéré comme l'un des sens les moins développés, il n’en demeure pas moins que les effluves sont ancrés dans notre mémoire et provoquent des réactions positives ou négatives à une odeur. Cela affecte notre humeur de façon consciente ou inconsciente, les odeurs pouvant être chargées d’un important contenu émotionnel. Le sens de l’odorat est un des premiers à se développer: entre 11 et 15 semaines à l’état fœtal, les neurones olfactifs, contrairement aux neurones des autres sens, se renouvellent constamment. http://www.guidesanteminceur.com Quoi faire pour améliorer nos odeurs indésirables? Utiliser un antisudorifique qui vise à réduire les sécrétions des glandes. Attention à certains produits qui contiennent du chlorure d'aluminium, irritant pour certaines personnes. Quand le problème de transpiration est excessif et nuit à votre vie, le botox est un moyen d’y remédier. Certaines compagnies d’assurance couvrent même les frais ; informez-vous auprès d’un spécialiste. Dans les cas extrêmes, une chirurgie peut être nécessaire pour enlever les glandes responsables des odeurs. Utilisez un savon doux pour le corps et un savon antibactérien pour les parties où l’odeur est plus présente. Un bain de pieds régulier avec du thé ou un produit désodorisant est efficace. Plusieurs produits sont disponibles pour la transpiration des pieds: poudre absorbante, crème ou aérosol pour améliorer ou contrôler l’odeur. L’utilisation de chaussettes en fibre naturelle est un impératif. De plus, si vous transpirez des pieds de façon excessive, changez-les plusieurs fois par jour. Les bactéries se développent dans l’humidité et la chaleur. Rien ne sert de se laver plusieurs fois par jour, votre peau n’en sera que plus irritée. Les poils favorisant la multiplication de bactéries, les aisselles devraient être rasées et le poil pubien tenu très court ou rasé. La chlorophylle comme supplément alimentaire semble très efficace sur les odeurs corporelles, parlez-en à votre naturopathe. Ne devenez pas obsessif de l’odeur corporelle et ne sombrez pas dans la «bromophobie»; l’odeur est naturelle.