Les ponts piétons peuvent être définies comme des passerelles aériennes destinées uniquement aux piétons. Si l’usage du pont piéton est recommandé surtout pour la traversée des grandes artères (autoroutes, boulevards, etc), il n’en demeure pas moins que cela comporte des risques. Agresssions, viols, pratiques mystiques sur les ponts piétons sont les risques qui peuvent porter préjudice à l’usager.
De Port-Bouët à Abobo, en passant par Yopougon, Adjamé, Attécoubé, Marcory, etc, les ponts piétons, on en trouve partout. Dans la commune balnéaire de Port-Bouët par exemple, les principaux ponts piétons se retrouvent sur l’autoroute Abidjan-Grand-Bassam. Les habitants des quartiers baptisés « route de Bassam » que sont « Derrière Warf », « Adjouffou », « Jean Folly », « Gonzagueville » et « Anani » préfèrent parfois défier la mort en traversant l’autoroute sans emprunter les ponts piétons. Certaines personnes dénoncent certes le grand espacement desdits ponts piétons. Une autre catégorie de personnes évoque par contre, d’autres raisons. « C’est dans la journée que je traverse l’autoroute en passant sur le pont du "carrefour casier". Mais après le boulot, je préfère traverse l’autoroute en courant parce que j’ai été agressé une fois sur ce pont piéton. J’ai été dépouillé. J’ai eu la vie sauve grâce à un monsieur qui venait. Mes agresseurs m’ont abandonné en courant. Voyez-vous, je travaille dans une société au port et on nous paye en quinzaine. Le peu d’argent j’avais prévu pour m’occuper de ma famille, des jeunes gens sortis de nulle part, m’ont agressé. C’est quelque chose que je refuse de revivre, voilà pourquoi désormais je traverse l’autoroute à pied » confie Arsène Kipré, employé au port de pêche.
Comme lui, plusieurs autres personnes ont vécu des expériences inoubliables. « Moi, je vis à Gonzague mais je travaille à Yopougon. Je me lève tôt pour attendre les bus. Un jour pendant que j’étais sur le pont piéton qui se trouve juste avant le terminus des bus de la Sotra, je vois un homme en train de déféquer. Je n’en revenais pas. Comment un être humain, doué de raison, peut-il s’adonner à cette pratique aussi bizarre ? Etait-il en train de suivre une instruction de son marabout ? En tout cas, moi, je n’en sais rien. Mais j’ai décidé de ne plus passer sur ce pont. Il ne faudrait pas qu’un mystique vole ma chance, ou bien, faut pas je vais vite mourir » a pesté Sangaré Mamadou.

Une jeune femme, d’à peine trente (30) a révélé avoir été violentée sur le pont piéton du « carrefour Casier » à Port-Bouët, il y a quelques semaines déjà. Selon elle, les jeunes gens qu’elle accuse de drogués ont failli la violer. « Un jour, il pleuvait. Malgré la nuit, les véhicules roulaient à vives allures. Je suis donc montée sur le pont. A ma grande surprise, je vois trois (3) jeunes gens qui se bagarraient. Il y a parmi eux qui avait même un petit couteau. Je pensais pouvoir les raisonner pour qu’ils arrêtent de se battre. Or, c’était un piège, je ne l’ai pas compris. Une fois à leur niveau, ils arrêtent subitement de se battre et m’intiment l’ordre de me déshabiller. J’ai refusé et ils ont commencé à me tirailler ici et là. Il y a un d’autre eux qui a même enlevé ma perruque et déchiré ma jupe. J’ai crié et des personnes en bas sont montées. Dans leur fuite, ils ont emporté mon sac à main. Ils se sont dirigés en pleine nuit vers la mer. Un homme m’a conseillé de ne pas y aller. Heureusement que j’ai eu la vie sauve » a témoigné Ruth Sawagodo.
Selon plusieurs autres témoignages reçus, les badauds qui agressent les honnêtes citoyens sur les ponts piétons de Port-Bouët ont tendance à gagner refuge sur la plage.
Du côté d’Abobo, les usagers ont également peur de se faire agresser sur les points piétons situés entre la gendarmerie et le carrefour Agripac. Pour cela, ils risquent leur vie, malheureusement.
Elvis GOUZA