Depuis quelques années, la voie express reliant Abidjan (principale ville de Côte d’Ivoire) à Grand Bassam (première capitale du même pays) a cédé la place à une autoroute. Pendant les travaux de l’autoroute, des ponts piétons ont été construits pour faciliter la traversée aux populations des quartiers dits route de Bassam (Derrière Warf, Adjouffou, Jean-Folly, Gonzagueville, Anani). Toutefois, le grand écart entre deux (2) ponts piétons est souvent source d’accidents.
L’on dénombre trois (3) ou quatre (4) ponts piétons sur une distance de plus de six (6) kilomètres. Les habitants du quartier « Derrière warf », communément appelé « Carrefour Aéroport » ont leur pont piéton. Le second pont piéton se trouve au « Carrefour Casier ». La distance qui sépare les deux premiers ponts piétons peut être estimée à plus d’un kilomètre et demi voire deux. Les habitants des autres sous-quartiers refusent de venir jusqu’au « Casier » pour traverser. Ils préfèrent, depuis leur carrefour, faire la traversée et ce, avec tous les risques que cela comportent.
La plupart des habitants des quartiers de la « route de Bassam » soutiennent que le grand espacement des ponts piétons est en partie à la base des accidents qui surviennent sur ce tronçon.
La semaine dernière, une femme, d’un certain âge a décidé de traverser l’autoroute. Malheureusement elle a été à la base d’un accident de la circulation selon des témoins. « Au moment où la mémé voulait traverser, il y a un motard qui venait. Il a donc voulu l’éviter en allant sur le côté gauche. C’est ainsi qu’il a été percuté par un warren (taxi communal, ndlr). La mémé n’a rien eu mais c’est le motocycliste qui a été projeté. Il n’est pas mort mais il a été sérieusement touché » a conté J.G, un témoin oculaire de la scène.
Selon Suzanne Koffi, étudiante, ce genre d’accident est récurrent parce que les habitants du « 1er arrêt », « 2è arrêt », « Boutique Omo » et autres ne veulent aller au niveau du « carrefour casier » pour emprunter le pont piéton et revenir sur leurs pas.
Cette situation est malheureusement observée au niveau de tous les carrefours des quartiers de la « route de Bassam ». Des populations soutiennent que des drames surviennent presque chaque soir sur cette autoroute Abidjan-Grand Bassam. « Il y a du monde qui vit à Adjouffou, Jean Folly et Gonzague. Vous pouvez faire ce constat chaque matin. Mais sachez que les soirs, c’est le désastre. Des gens qui descendent des bus de la Sotra, courent pour traverser la voie en groupe. Parfois, ceux qui traînent les pas sont fauchés par des véhicules. Ça fait mal » se désole Eugénie D, qui s’est présentée comme une commerçante.
Quelques personnes interrogées exhortent les autorités compétentes à construire d’autres ponts piétons chaque 500 mètres au moins. Ainsi, tout le monde aura-t-il la chance de traverser sans risquer sa vie. « C’est une voie expresse, donc on ne demande pas de mettre des feux tricolores mais on demande qu’on augmente le nombre de ponts piétons pour sauver des vies » a conclu Agnéro Célestin, agent immobilier dans le quartier d’Adjouffou.
Elvis GOUZA