Côte d'Ivoire

Enseignement : Un sacerdoce, mais un minimum de confort et de sécurité pour les instituteurs dans les villages

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enseignement-un-sacerdoce-mais-un-minimum-de-confort-et-de-securite-pour-les-instituteurs-dans-les-villages Les instituteurs travaillent souvent des conditions difficiles dans certains villages de la Côte d'Ivoire (Ph d'archives)
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Le viol, dans la nuit du mercredi 6 au jeudi 7 octobre 2021, d’une institutrice dans le village de Daridougou, localité située dans la sous-préfecture de Sandégué, dans la région du Gontougo, a remis au goût du jour les conditions de vie des instituteurs de Côte d’Ivoire dans certaines contrées du pays.

Dispenser le savoir aux tout-petits dans les écoles primaires de certaines contrées du pays n’est pas chose aisée. En Côte d’Ivoire, des instituteurs qui ont fait de l’enseignement un sacerdoce vivent dans des conditions difficiles dans certains villages. Le viol d’une institutrice, dans la nuit du mercredi 6 au jeudi 7 octobre 2021, dans le village de Daridougou, dans la sous-préfecture de Sandégué (département de Bondoukou) a mis à nu ces conditions déplorables.

A la suite de ce viol, les langues ont commencé à se délier. Certains instituteurs ont expliqué comment ils sont martyrisés au quotidien dans des villages. Comment comprendre qu’on puisse loger des dispensateurs du savoir dans des maisons sans le moindre confort et dans un environnement hostile ? Oui, ce témoignage de cet enseignant dans un village de la Côte d’Ivoire donne froid dans le dos. A l’en croire, la maison à lui affectée comme résidence est isolée, non loin du cimetière du village.

Une autre institutrice raconte qu’avec l’accord du village, son époux a mis le paquet pour achever une maison en construction pour y habiter. Mais quand la propriétaire de la maison arrive au village pour des obsèques, elle (l’institutrice) est obligée de se trouver un coin ailleurs pour dormir. En attendant que le village lui trouve une maison, elle a passé une semaine avant de rejoindre son poste. Et comme punition, son inspecteur l’affectée dans un autre village reculé d’accès difficile…

Les exemples sont nombreux et il serait fastidieux d’en donner plus. Mais ces cas suffisent pour comprendre que certains instituteurs souffrent dans certains villages du pays, dans l’exercice de leur fonction.

Il est vrai que le rôle des instituteurs est de dispenser le savoir aux tout-petits sur toute l’étendue du territoire.  Mais quel rendement peut avoir un quelqu’un qui n’a pas l’esprit libéré ?

Honneur et gloire à tous ces instituteurs et institutrices qui se battent chaque jour dans nos villages pour faire des enfants de futurs médecins, ingénieurs, journalistes... Avant de devenir des cadres, tous seront façonnés par les instituteurs, à l’école primaire.

Adolphe Angoua

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