Pour emprunter un véhicule de transport en commun à Abidjan, il faut avoir la monnaie exacte du prix du trajet à parcourir. Sinon…
« Monter avec la monnaie » ou « 500 ; 1000 francs, y a pas monnaie ». Tous ceux qui empruntent régulièrement les véhicules de transport en commun à Abidjan entendent chaque jour ce refrain des apprentis et leurs chauffeurs.
En fait, faute de moyens de transport suffisant pour satisfaire la forte demande de nombreux passagers, les véhicules de transport en commun, notamment les « Wôrô-Wôrô » et les « Gbaka » font la loi aux heures de pointe. Ils trient les clients. Ils préfèrent transporter les passagers qui ont la monnaie exacte correspondant au prix du trajet à parcourir.
Quelquefois, face à la forte demande, les chauffeurs, apprentis et autres coxers font de la surenchère. Le coût du transport peut passer du simple au double aux heures de pointe. Et il faut toujours avoir la monnaie exacte, sinon, vous risquez de patienter pendant longtemps.
Lorsqu’un passager n’a pas la monnaie exacte, l’apprenti préfère l’associer à un autre qui est dans son cas. Les apprentis appellent cela « Association ». A la descente, ces passagers ‘’associés’’ par l’apprenti doivent se débrouiller pour trouver la monnaie. Cette situation engendre le plus souvent des incompréhensions soit entre les passagers et l’apprenti, soit entre les passagers associés.
Si récemment, le jeune Savadogo et Divine-Grace M’bouké dont le sort a été lié par un apprenti de gbaka sont tombés amoureux l’un de l’autre, pour finalement célébrer le mariage civil, le pauvre Bakayoko Ali, agent de sécurité à Trace Sécurité, a trouvé la mort, le vendredi 1er octobre 2021, dans une bagarre avec un élément de la police nationale en service au Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO). Les deux hommes avaient emprunté un gbaka de Yopougon-Gesco Manutention, secteur Hévéa. Le vigile n’a pas apprécié le fait que l’élément du CCDO réclame, de façon véhémente, sa monnaie à l’apprenti. La bagarre qui a débuté dans le véhicule s’est achevée de façon dramatique pour Bakayoko Ali, tué par le policier qui a fait usage de son arme de dotation individuelle. Tout ça, pour une histoire de monnaie…
Adolphe Angoua
Sauf autorisation de la rédaction ou
partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même
partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des
poursuites.