La France et la Côte d’Ivoire jettent les bases de l’avenir de leurs relations commerciales lors d’un mini-forum à Abidjan

Publié le
la-france-et-la-cote-d-ivoire-jettent-les-bases-de-l-avenir-de-leurs-relations-commerciales-lors-d-un-mini-forum-a-abidjan Franck Riester, entouré du ministre Souleymane Diarrassouba (à gauche) et Esmel Essis (à droite). Ph: DR
Sujet du jour

En visite à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le ministre français du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Franck Riester a échangé, vendredi 4 juin 2021, avec les chefs d’entreprises ivoiriennes. Ont pris part à cette rencontre, les ministres ivoiriens Emmanuel Esmel Essis et Souleymane Diarrassouba respectivement en charge de la Promotion de l’investissement et du Développement du secteur privé, et du Commerce et de l’Industrie.

A cette occasion, les parties en présence, à savoir les représentants de la Côte d’Ivoire et de la France ont réaffirmé leurs volontés de renforcer leurs relations commerciales.

Faisant remarquer que la France dispose de nombreuses entreprises françaises installées en Côte d’Ivoire, soit 250 filiales et 600 entreprises dirigées par des français, Franck Riester a milité pour une augmentation des échanges commerciaux entre la Côte d’Ivoire et la France. « Nous sommes des partenaires commerciaux respectifs très importants. Mais, il faut qu’on aille plus loin. Il faut qu’il y ait davantage d’échanges commerciaux, à commercer par davantage d’exportations ivoiriennes vers la France. Ces échanges doivent être nourris par davantage de valeur ajoutée ici en Côte d’Ivoire », telle est la position du ministre français, Franck Riester. Ce dernier a également dévoilé la volonté de la France de contribuer avec les chefs d’entreprises français, à faire en sorte, qu’avec les chefs d’entreprises ivoiriens, et en lien avec les autorités publiques, d’arriver à bâtir des projets partenariaux industriels et économiques qui permettent davantage de valeurs créées en Côte d’Ivoire.

La France, principal partenaire commercial de la Côte d’Ivoire

Les secteurs visés dans le cadre de ces partenariats commerciaux et industriels sont ceux de l’agriculture et de l’agroalimentaire, ainsi que les activités qui concernent la ville durable… Le ministre français du Commerce extérieur et de l’Attractivité a insisté sur la volonté de la France à travailler au meilleur financement de l’économie ivoirienne. L’une des raisons pour laquelle, souligne-t-il, « nous avons organisé l’évènement BPI France (Banque publique d’investissement, Ndlr) ; c’est pour cela que nous voulons évoquer aujourd’hui (vendredi 4 juin 2021, Ndlr), le dispositif Proparco, Choose Africa qui vient soutenir les institutions financières qui prêtent de l’argent aux Petites et moyennes entreprises (Pme) et soutenir les fonds d’investissement qui investissent dans le capital des Pme ». La France qui est optimiste sur l’avenir des partenariats avec la Côte d’Ivoire, ambitionne aussi de mettre l’accent sur la jeunesse ivoirienne.

Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Souleymane Diarrassouba a noté que la France demeure un partenaire privilégié de la Côte d’Ivoire. Pour preuve, il a indiqué que la Côte d’Ivoire est le 2ème client de la France en Afrique Subsaharienne et le 3ème fournisseur de la France en Afrique Subsaharienne. Souleymane Diarrassouba a informé que les échanges commerciaux de la Côte d’Ivoire avec la France sont de l’ordre de 1 200 milliards Fcfa, « soit environ 8% du volume de nos échanges comparativement au reste du monde. Ce chiffre peut paraître important, mais compte tenu des potentialités existantes en Côte d’Ivoire, et des liens historiques que la Côte d’Ivoire entretient avec la France, on se dit qu’il y a plusieurs axes d’amélioration possible, à l’effet d’augmenter significativement le volume d’échanges entre nos deux pays », a affirmé le ministre du Commerce et de l’Industrie, faisant remarquer que l’heure est de passer à l’action, « à l’effet que demain les exportations ivoiriennes qui seront faites vers la France et le reste du monde, puissent contenir plus de produits à valeur ajouté ». Souleymane Diarrassouba a salué l’initiative de Proparco, filiale de l’Agence française de développement (Afd) dédiée au secteur privé, à travers le produit de garantie Choose Africa qui vient après le produit Ariz, et qui montre que la France ou toutes les institutions de développement de la France sont sensibles à l’innovation.


Le ministre en charge de la Promotion de l’investissement et du Développement du secteur privé, Emmanuel Esmel Essis a rappelé les réformes structurelles et sectorielles entreprises par le Gouvernement ivoirien et qui ont permis à la Côte d’Ivoire d’entrer dans le cercle des économies à forte croissance et de poser les fondements de son émergence économique. Il a invité les entrepreneurs à investir en Côte d’Ivoire, « terre d’opportunité et économie en pleine croissance ». Esmel Essis a souligné que pour la période 2021-2025, l’ambition de transformer structurellement l’économie ivoirienne par l’industrialisation a été réaffirmée dans le projet de société du président de la République, Alassane Ouattara.

La France, 1er pays pourvoyeur d’Ide en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire ambitionne ainsi de consolider les acquis de la croissance réalisée sur les deux précédents quinquennats et de se hisser au rang de pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure à l’horizon 2035. Au niveau macroéconomique, la Côte d’Ivoire vise un taux de croissance moyen de Pib (Produit intérieur brut) de 7,65% sur la période 2021-2025. Le taux d’investissement estimé à 24% en 2020, devrait croître pour se situer à un peu plus de 32% en 2025. Le Pnd (Plan national de développement) en voie de finalisation pour la période 2021-2025 est évalué à 59 000 milliards Fcfa (90 milliards d’Euros), soit le double du montant des investissements réalisés dans le cadre des deux précédents Pnd.

Le ministre en charge de la Promotion de l’investissement et du Développement du secteur privé a souligné que l’investissement privé restera le pilier principal de la croissance économique de la Côte d’Ivoire et que la contribution du secteur privé dans le Pnd en ce qui concerne la mobilisation des investissements est fixée à 43 648 milliards Fcfa, soit 66,5 milliards d’Euros, ce qui représente 74% de l’ensemble des investissements prévus en Côte d’Ivoire sur la période 2021 à 2025.

En clair, la France, partenaire historique de la Côte d’Ivoire, qui entreprend aujourd’hui d’accélérer la croissance de ses entreprises à l’international trouvera en Côte d’Ivoire, si l’on s’en tient aux propos du ministre Esmel Essis, le cadre idéal à son développement, en collaboration avec le secteur privé local qui pourrait bénéficier de l’apport technologique des entreprises françaises.

Le Cepici, faut-il le rappeler, a agréé de 2013 à 2019, plus de 7,3 milliards d’Euros (4 745 milliards Fcfa) d’investissements, soit 20% des investissements des sociétés privés en Côte d’Ivoire. Avec plus de 825 millions d’Euros d’investissement privé agréé au Cepici de 2013 à 2020, la France se hisse au premier rang des pays pourvoyeurs d’Ide (Investissement direct étranger) enregistrés par le Cepici. Investir en Côte d’Ivoire représente pour les entreprises françaises une opportunité extraordinaire de développer d’excellentes affaires dans un pays en pleine croissance.

Irène BATH