Politique ivoirienne

Peine réclamée contre Ouattara. Gbagbo, une "icône" sérieusement malade

Publié le Modifié le
peine-reclamee-contre-ouattara-gbagbo-une-icone-serieusement-malade
Revue de presse

Révélations du Président Alassane Ouattara, présidentielles 2015, problème de la nationalité et situation de Laurent Gbagbo, sont les sujets de notre revue de presse de ce lundi 8 juillet 2013. Bienvenue sur linfodrome.com et bon début de semaine !

Révélations de Ouattara

Le président de la République continue sa tournée au nord du pays. Il était hier à Ferkessédougou. Là-bas, il a fait des « confidences » sur son entrée en politique, le second mandat qu’il veut avoir, relate Fraternité Matin. Sur le premier point, le chef de l’État a indiqué que « il y a tellement de choses qui m’ont choqué. Et c’est ce qui explique le fait que je sois entré en politique. Sinon, je ne l’avais pas souhaité et mes proches le savent. Au mois de février 1990, Houphouët m’avait demandé que je sois Premier ministre. Mais je n’avais pas accepté (…) Je lui avais dit que je venais aider mais je ne souhaitais pas faire de la politique. Bien évidemment, les choses se sont déroulées autrement et nous voilà maintenant au pied du mur puisque je suis Président de la République ». Sur le second point, il a affirmé que « si ce second mandat s’ajoute au deux années qui me restent pour ce premier quinquennat, cela fera un septennat. Que je compte mettre à profit pour régler les problèmes de fond que nous connaissons tous, puis des problèmes Ivoiriens ; hisser le pays au niveau où il doit être et faire surtout en sorte que nous ayons une véritable stabilité… ». Le Patriote explique pourquoi Ouattara a demandé ce second mandat. « J’avais décidé de faire un seul mandat mais quand j’ai vu un peu la profondeur des dégâts et le fait que nous ayons perdu presqu’une année, je me se suis dit que je ne m’en voudrais pas de ne pas essayer de demander un second mandat, et de le faire le plus tôt possible pour avoir le temps nécessaire, parce qu’en fait, si on regarde bien à partir de maintenant, il me reste un septennat, puisque grâce à vous, je serai élu… ». Au regard de cette campagne, Le Nouveau Courrier barre à la Une : « Violation constante de la Constitution : un hors-la-loi nommé Alassane Ouattara ». Il relève que Ouattara a déchiré le code électoral ivoirien qui stipule en son article 32 : « sont interdites toutes réunions électorales et toute propagande électorale par quelque mode que ce soit, en dehors de la durée réglementaire de la période de électorale. Tout contrevenant aux dispositions de l’alinéa précédent sera passible des peines de 11 jours à deux mois de prison et d’une amende de 50 mille à 360 mille francs ou l’une de ces deux peines seulement. » Alors le journal demande : « le Conseil Constitutionnel et la CEI oseront-ils le sanctionner ? »

Problème de la nationalité

Le président de la République en a parlé lors de l’étape de Korhogo. « La question de la nationalité était également un souci majeur pour moi. J’ai d’ailleurs demandé à Koné Mamadou (président de la Cour Suprême) de voir avec le jeune frère Coulibaly Gnénéma (ministre de la Justice), qu’on enlève sur le certificat de nationalité cette case qui dit que le préfet peut entreprendre de vérifier si vraiment la personne est ivoirienne ou pas », rapporte Le Nouveau Réveil. De ce fait, Le Temps titre : « Pour préparer une grande fraude en 2015, Ouattara s’attaque à la nationalité ivoirienne ». Il écrit que Ouattara veut faire un passage en force aux élections présidentielles de 2015. Et pour le faire, tous les moyens sont bons pour lui. Ce, à n’importe quel prix. L’homme entend brader le certificat de nationalité ivoirienne à n’importe quel prix et à n’importe qui. Il l’a avoué à ses « frères » du District de Savanes. Au regard de ce qu’a dit plus haut le chef de l’État sur la question, le journal dit que pour Ouattara, la nationalité doit être donnée à tout le monde, sans la moindre vérification. Une grande première dans le monde. Or, problème de la nationalité, il n’en existe point en Côte d’Ivoire, à en croire Mamadou Koulibaly, ex-président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, et président de LIDER. Dans Le Nouveau Réveil, on apprend qu’il a confié à Onuci-Fm : « Moi, je vous l’avoue, il n’y a pas de problème de nationalité en Côte d’Ivoire. C’est un fonds de commerce que les politiciens exploitent ».

Situation de Laurent Gbagbo

A la Une de Soir Info, on lit que Me Altit, l’avocat de l’ex-président ivoirien détenu à La Haye, est inquiet pour son client : « la santé de Gbagbo risque de se dégrader », aurait-il dit. C’est que dans ses dernières soumissions adressées aux juges de la CPI, Me Altit a indiqué que « le maintien en détention du président Gbagbo n’est pas fondé puisqu’il n’y a pas, à ce stade de la procédure, de « motif raisonnable » de croire qu’il aurait commis un crime relevant de la compétence de la Cour ». Demandant sa relaxe, il a argué que sa détention nourrit le Trouble de stress post-traumatique (Tspt) que Gbagbo a connu à cause des « traitements inhumains » endurés en Côte d’Ivoire. Troubles qui doivent être traités hors du cadre carcéral, selon lui, car « plus tardivement, un véritable traitement, global et efficace, est mis en place, plus les conséquences qu’a le Tspt sur la santé du président Gbagbo risquent d’être irréversibles ». Pour sa part, L’inter indique que « les pro-Gbagbo préparent contre Fatou Bensouda » quelque chose. C’est qu’au cours de leur mobilisation à Lyon, le samedi dernier, les sympathisants de l’ex-président ivoirien ont demandé à « toute personne qui milite pour l’éclatement de la vérité dans cette affaire et qui se retrouverait par hasard ou expressément devant des actes d’investigations du procureur (Bensouda), à informer l’opinion. » Parce que Gbagbo est « la nouvelle étoile de la résistance africaine face à l’injustice des Occidentaux », relève Notre Voie. Il partage un article de Mediapart qui a écrit que « enlevé de son pays dans l’indifférence de ses pairs africains- quand ils n’ont pas contribué à sa chute aux côtés de la France- Laurent Gbagbo est devenu, après deux ans de détention dans le goulag de l’Europe occidentale, l’étoile de la résistance africaine, l’étendard de ralliement des défenseurs des institutions africaines et l’indépendance des choix économiques des nations. Au moment où Mandela, la dernière icône de la lutte contre l’injustice et au racisme s’apprête à nous quitter, l’Afrique entière se réjouit de voir la relève bien assurée ».

César DJEDJE MEL
Voir ses articles