Amis de linfodrome.com, bonjour et bienvenue à notre revue de presse de ce mardi 11 juin 2013. La situation des pro-Gbagbo, celle du gouvernement et l’affaire Gbagbo sont nos sujets dans notre numéro du jour. Bonne lecture !
Situation des pro-Gbagbo
La liste de pro-Gbagbo inculpés et détenus s’agrandit. Koua Justin a rejoint ses camarades en prison, hier. Arrêté le vendredi dernier, le secrétaire national de la jeunesse du Front Populaire Ivoirien (FPI) a été inculpé par le juge du 8e cabinet d’instruction, M. Coulibaly, au tribunal de première instance, fait savoir L’inter. Il est poursuivi pour « troubles à l’ordre public, offense au chef de l’État, atteinte à la sûreté de l’État et organisation de bandes armées ». Selon une source du parquet, il aurait été conduit à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan. Les pro-Gbagbo sont, en croire L’Expression, véritablement impliqués dans les tentatives de déstabilisation du régime Ouattara. Il parle de « ces preuves qui confondent le FPI et ses cadres ». Citant Lida Kouassi, Alphonse Douati, Laurent Akoun, et hier, Koua Justin, le journal dit qu’ils sont arrêtés dans le cadre d’une atteinte à la sûreté de l’État. Mais à chaque arrestation, le parti et ses militants ont crié au complot et à la dictature, avant de ravaler leur langue quand le pouvoir leur brandit les preuves. Pour ce qui est de Koua Justin, il a rappelé que lors de ces meetings, il a déclaré ce qui le condamne aujourd’hui : « Tant le Président Laurent Gbagbo sera en prison, tout sera bloqué dans ce pays. Tant qu’il est en prison, Ouattara ne pourra pas diriger tranquillement la Côte d’Ivoire », ou encore, « si nos parents ne sont pas libérés, nous allons créer une surprise désagréable à Monsieur Ouattara. Je le dis et je l’assume. On ne toléra pas longtemps le maintien de nos parents en prison, en exil… ». Pour Le Patriote, Le FPI et ses militants « veulent encore brûler le pays », au sujet de la nationalité et du foncier rural. Le journal accuse l’ex-parti au pouvoir de manipuler les Ivoiriens contre la décision prise par le gouvernement de résoudre le problème de la nationalité en accordant à certains non nationaux la nationalité ivoirienne, conformément aux accords de Linas-Marcoussis.
Situation du gouvernement
Les choses ne vont pas bien dans le gouvernement de Ouattara. Le chef de l’État serait « très fâché », titre Le Mandat. Cette colère est en rapport avec la sortie de Jean Louis Billon, le ministre du Commerce, des Pme et de l’Artisanat, à propos de la cession du second terminal à conteneurs au groupe français Bolloré. Le président Ouattara n’aurait pas apprécié les tenus par le ministre et en était même surpris. Il aurait vu en cette sortie médiatique, un « acte regrettable » qui va à l’encontre de la solidarité gouvernementale. Cette affaire, en plus de l’imbroglio autour de la menace djihadiste, est un véritable « couac » pour le gouvernement, pense Nord-Sud Quotidien. En effet, dans ces deux affaires, des collaborateurs du Président Ouattara se contredisent. Tandis que le chef de l’État et son premier ministre saluent Bolloré pour l’acquisition du terminal, le ministre du Commerce les désavoue. De l’autre, quand le ministre de l’Intérieur affirme qu’il plane sur la Côte d’Ivoire une menace djihadiste, le ministre de la Défense dit le contraire. Hormis cette situation, le pouvoir est « assommé » par un nouveau rapport qui dénonce une violation des droits de l’homme, nous apprend Notre Voie. Il s’agit de celui de l’expert indépendant de l’ONU, le sénégalais Doudou Diène. RFI qui a dévoilé le document fait savoir que Diène fait allusion à l’absence de procès pour les détenus de la crise postélectorale qui, en plus, n’ont pas accès à leurs avocats. Il fustige « la justice à deux vitesses ces dernières années » par le pouvoir qui se livre à l’arbitraire sous le prétexte de « générique d’atteinte à la sûreté de l’État ».
Affaire Laurent Gbagbo
La procureure de la CPI n’entend pas chercher de nouvelles preuves contre Laurent Gbagbo. Soir Info révèle la nouvelle stratégie de Fatou Bensouda pour coincer l’ex-président ivoirien. Elle comporte trois points. Un : contraindre des juges, autres que ceux de la Chambre préliminaire, à s’intéresser à son dossier d’accusation, à le relire et à l’analyser à nouveau, dans le secret espoir qu’il s admettent ses arguments. Deux : amener les juges de la Chambre d’appel à étudier et d’apprécier la pertinence de l’avis contraire de la juge Silvia de Gurmendi. Et trois : montrer qu’elle est sûre de son affaire, que son dossier comporte des éléments inattaquables. Faux, semble répondre Le Temps. Selon lui, si celle qui avait dit qu’elle possédait un dossier en « béton » pour couler Laurent Gbagbo veut finalement faire appel de la décision, c’est parce qu’en réalité, elle n’a rien contre lui et ne pense pas pouvoir en obtenir sur le terrain. Mais au cas où Bensouda arrivait à fournir de nouvelles preuves, Me Habiba Touré, l’un des avocats de Gbagbo, affirme que « si les nouvelles preuves présentées sont du niveau des précédentes, la Chambre Préliminaire devra en tirer les conséquences en rejetant les charges. D’ailleurs, je ne vois pas comment le Bureau du procureur pourrait faire en six mois, ce qu’il n’a pas été capable de présenter après deux années d’enquêtes avec une pleine et entière collaboration des autorités ivoiriennes trop heureuses de collaborer à l’élimination politique du président Laurent Gbagbo », lit-on dans le même quotidien. En colère contre la CPI, Doubé Binty a demandé à la CPI, dans une chronique de Le Nouveau Réveil : « pourquoi ne pas déclarer Gbagbo innocent ? Selon lui, si malgré toutes les victimes de la crise, la Cour prétend que les preuves ne sont pas suffisantes, pourquoi n’avoir pas libéré Gbagbo. Comment peut-elle trouver insuffisantes ces preuves produites par le procureur, alors qu’elle a condamné Jean Pierre Bemba qui n’était pas sur le théâtre des opérations menées par ces hommes ? De l’autre, il se demande comment les deux procureurs n’ont pas pu réunir suffisamment de preuves pour amener les juges à ouvrir un procès contre Laurent Gbagbo.