Justice et recherche de paix

La CPI dans le dilemme, Hollande en héros

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Revue de presse

Bonjour chers amis de linfodrome.com, soyez les bienvenus à la revue de presse de ce jeudi 6 juin 2013. L’affaire Gbagbo et la colère des victimes, ainsi que le sacre de François Hollande sont les sujets dans notre numéro du jour. Bonne lecture à tous!

Affaire Gbagbo

Trois jours après la décision des juges de la CPI, l’affaire Gbagbo continue d’occuper les journaux. Notre Voie s’est intéressé au boom médiatique provoqué par cette affaire. Il affirme que, avec la retransmission des audiences publiques, « Gbagbo fait tout changer à la CPI ». Surtout après l’audience de confirmation des charges du 19 au 28 février dernier, où le serveur internet n’a pu faire face aux sollicitations. Une information venant de La Haye le dit : « la CPI fonctionne maintenant avec un nouveau fournisseur d’accès internet pour ses diffusions par le web à partir de la salle d’audience, après toutes les plaintes qu’il y a eu quand beaucoup de gens ont essayé de se connecter en même temps à partir de La Haye ou de loin lors des importantes audiences du Kenya et de Gbagbo ». L’ex-président ivoirien, à en croire Le Quotidien d’Abidjan, a commenté la décision des juges de la CPI. « Je suis satisfait », a-t-il dit. Ses sentiments ont été rapportés par son avocat Me Altit, qui a affirmé que « le président Gbagbo a été particulièrement satisfait, parce que c’est une grande victoire, une première grande victoire significative dans ce long chemin qui mène vers la vérité historique ». Par la suite, l’avocat a indiqué, devant la demande de nouvelles preuves au procureur, que « il est évident dans ces conditions que la mise en liberté du président Gbagbo est une conséquence logique de cette décision ». La mère de l’ex-chef d’État ivoirien a aussi parlé, « aux ivoiriens », depuis le Ghana où elle est en exil, fait savoir L’inter. C’était depuis décembre 2012 dans une vidéo réalisée par Eventnews. Selon le journal, dame Gado Marguerite a dit que « ce que je demande au Seigneur est tellement beaucoup que je ne sais pas par quoi commencer ». Ignorant que son fils est détenu par la CPI, elle dira : « je suis une mère, et je considère que je suis la mère de tous les enfants de Côte d’Ivoire. Je n’ai jamais trié les enfants et je ne vais jamais trier les enfants. Que tous les enfants de Côte d’ivoire que je connais, et ceux que je ne connais pas soient bénis, et que l’année leur soit agréable ».

Exhumation de corps des victimes de la crise

« Trois jours après la décision de la CPI, les victimes de Gbagbo sortent de terre », titre Nord-Sud Quotidien. Il informe que cinquante-deux corps ont été exhumés à Yopougon, dans le cadre de l’opération d’exhumation et de remise des corps aux parents de victimes, lancée en avril 2013. « Qui, mieux que les victimes de son régime, peut apporter la preuve que Laurent Gbagbo mérite d’être jugé et condamné », écrit-il. Les victimes et parents des victimes ont laissé éclaté leur colère face à la décision de la CPI. Le Patriote rapporte que, à l’invitation du député Soro Alphonse, ces victimes se sont retrouvées à la mairie d’Adjamé et ont dit : « de quelles preuves la Cour Pénale Internationale a-t-elle encore besoin. De quelles preuves parlent la CPI quand les corps sont encore dans les fosses communes. Nous sommes les preuves vivantes de la barbarie de Laurent Gbagbo ». Certains ont demandé à la CPI de ne pas créer plus de problème à la Côte d’Ivoire. « Si la CPI veut brûler la Côte d’Ivoire, qu’elle libère Laurent Gbagbo. Car nous ne pouvons pas accepter, au moment où on nous demande de pardonner au nom de la réconciliation, que celui qui a fait tuer nos parents soit en liberté. Tout ce que nous voulons, c’est que justice soit faite. Sinon, nous allons réagir ». Quant à L’Expression, il a publié une note d’indignation de la Coalition Contre les Conflits et pour la Protection des Droits des Victimes. « C’est avec consternation et beaucoup d’amertume que nous avons appris la nouvelle du report de la décision de confirmation des charges contre l’ex-chef d’État ivoirien… Nous interpellons la CPI sur les dangers d’un tel ajournement qui, à nos yeux, ne se justifie pas », a écrit Sylla Aboubakari, le président de cette structure.

Prix Félix Houphouët Boigny

Le Président François Hollande est le lauréat du prix Félix Houphouët Boigny pour la paix de cette année. Il a reçu sa récompense hier. Fraternité Matin qui parle de cette évènement, rapporte que le Président Ouattara a félicité son homologue français en déclarant que « le jury international a primé le courage d’un homme d’État qui préside aux destinées d’une grande nation ». Par la suite, le chef de l’État ivoirien a affirmé que François Hollande « a donné vie aux idéaux de la Charte des Nations Unies qui engagent les États à défendre la paix et la sécurité des nations ». Cette phrase a été mise en relief comme titre à la Une du journal. Le quotidien Le Nouveau Réveil a partagé la réaction de François Hollande. Le Président a indiqué que « c’est avec une immense fierté que je reçois aujourd’hui le prix prestigieux portant le nom d’Houphouët Boigny…Il peut paraître paradoxal de recevoir une récompense pour la recherche de la paix après avoir porté la responsabilité d’une guerre, mais… cette intervention est une dette que mon pays avait à acquitter à l’égard de l’Afrique ». Dans Soir Info, on lira que « c’est pour la justice que la France est intervenue au Mali. Toute inertie aurait été fatale… C’était une bataille pour la dignité humaine ». Cette distinction, selon Mireille Fanon Mendes-France, présidente de la Fondation Frantz Fanon, Hollande ne la mérite. Pour elle, « c’est quelque chose d’assez cynique » que de récompenser le Président français qui, tout seul est allé s’ingérer dans la souveraineté territoriale du Mali.

César DJEDJE MEL
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