Poursuites judiciaires et menace djihadiste

La CPI met la pression sur Ouattara, les proches de Gbagbo en difficulté

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la-cpi-met-la-pression-sur-ouattara-les-proches-de-gbagbo-en-difficulte Le président ivoirien Alassane Ouattara est interpellé par la décision de la CPI. Ph. D.R
Revue de presse

Fidèles lecteurs, linfodrome.com vous salue. Bienvenue à notre revue de presse de ce mercredi 5 juin 2013. Elle tournera autour de l’affaire Gbagbo, principalement, et des proches. Bonne lecture à tous !

Les conséquences de la décision des juges

Pour Me Altit, l’avocat principal de Laurent Gbagbo, la décision prise par les juges est un triomphe. Sur RFI, il a exprimé ses sentiments en indiquant, d’après ce que Le Temps a écrit à la Une, que « c’est une victoire de la vérité historique ». En effet, le conseil de Gbagbo a affirmé que « les juges ont considéré que le procureur s’appuyait sur des documents qui n’étaient pas vérifiables ou qui se contredisaient mutuellement. En d’autres termes, les juges ont considéré que le narratif du procureur ne reposait sur rien. C’est une victoire de la justice, du droit et de la vérité historique ». Après la décision des juges, la pression est désormais dans le camp des accusateurs, selon Soir Info. Il titre : « D’énormes pressions sur Ouattara et Bensouda ». Selon le journal, le procureur Bensouda est dans la même situation que Sisyphe de la mythologie grecque qui s’est attiré le courroux des « dieux ». Cette pression est à la fois endogène et exogène. D’une part, elle risque de se voir brandir le drapeau rouge d’un non-lieu par les juges de la CPI. Et de l’autre, subit déjà la forte pression des dirigeants africains qui ont récemment ouvertement critiqué son action. Dans ce contexte, comment démontrer que les forces pro-Gbagbo avait un plan pour attaquer la population civile considérée comme « pro-Ouattara », tel qu’allégué par le procureur, est la complexité de la reprise de l’enquête. Puisqu’il faut aller au delà des lieux communs. Mais en croire Notre Voie, « la fabrication de nouvelles preuves contre Gbagbo est une mission impossible ». Car les juges ont donné cinq mois au procureur pour montrer, dans les moindres détails, comment étaient organisées les forces pro-Gbagbo, comment les crimes ont été commis, qui les commettaient, qui sont les victimes, etc. Bien plus, elle devra éclairer sur les activités des groupes armés qui étaient opposés aux forces pro-Gbagbo. C’est là que réside la difficulté. Car, chercher à rendre effectivement compte des activités meurtrières des rebelles pro-Ouattara, c’est détruire l’ensemble de son argumentation qui indiquait que Gbagbo a voulu tué systématiquement les partisans de Ouattara pour se maintenir au pouvoir, relève le journal.

Gbagbo peut-il être libéré ?

Dans les colonnes de Le Nouveau Réveil, on apprend qu’on a frôlé un « tremblement de terre à La Haye ». C’est que les juges ont failli libérer Gbagbo, car il y a eu des tractations durant les 48 heures qui ont précédé l’audience. D’après une source, deux collègues de la juge principale de Chambre préliminaire n’ont pas compris pourquoi il faut autoriser un procès contre Laurent Gbagbo, co-auteur indirect des crimes allégués, alors que les auteurs directs ou indirects des faits sont ailleurs. Une façon de dire au pouvoir d’Abidjan que, s’il ne coopère pas en livrant les autres personnes contre qui des mandats sont lancés, la CPI lui renverra son « colis » gênant. Mais L’Expression fait savoir que Gbagbo ne peut pas être libéré. Les raisons, c’est que Gbagbo est l’instigateur du drame qui a endeuillé la nation ivoirienne en 2010 et 2011. Selon lui, il aurait fallu qu’il accepte les résultats des urnes pour que le pays s’éloigne du pire qu’il a connu. Aussi, parce que les crimes étaient vraisemblablement prémédités car ils étaient ciblés. Généralement contre une catégorie de personnes. Donc sa responsabilité est engagée. Le titre à la Une de Le Patriote vient renforcer cette conviction car, il rapporte les propos du porte-parole de la CPI, Fadi El Abdallah. Celui-ci affirme que « il n’a jamais été question de libérer Gbagbo ». Tout en indiquant que les avocats de Gbagbo peuvent demander la liberté provisoire de leur client aux juges de la CPI, qui délibèrent sur la question de maintien en détention tous les 120 jours, Fadi précise que la décision du lundi ne vise pas sa libération. « Ce que je dis très clairement, c’est que la question de la mise en liberté de M. Gbagbo peut être soulevée par la Défense ». Et la prochaine étude de la question se fera en juillet. Alors L’inter demande : « Gbagbo libéré en juillet ? ». C’est Gilbert Bitti, un conseiller juridique de la Cour qui le fait dire. Dans une vidéo que L’inter a visionnée, celui-ci clarifie que l’audience de confirmation des charges et l’audience de mise en liberté provisoire sont « deux processus séparés, en ce sens que la décision prise le lundi par les juges n’est pas une décision sur la détention. D’abord M. Gbagbo conserve le droit de demander, à tout moment, sa mise en liberté provisoire. Même, s’il ne demande pas cette mise en liberté, la Chambre préliminaire I devra dans un délai de 120 jours, après sa décision prise en mars de le maintenir en détention, c’est-à-dire en juillet 2013, la Chambre devra reconsidérer si elle le maintient en détention ou pas ».

Situation des proches de Laurent Gbabgo

Dans l’interview que lui a accordée Fadi Abdallah, Le Patriote ressort que le porte-parole de la CPI est revenu sur le dossier Simone Gbagbo. « Nous demandons aux autorités ivoiriennes de remettre Simone Gbagbo à la Cour Pénale Internationale. Nous attendons une réaction officielle de la part des autorités de ivoiriennes… ». Pour ce qui est de l’affaire Koné Katinan au Ghana, Le Nouveau Réveil informe que l’ex-ministre de Gbagbo sera devant le juge le 11 juin 2013. Les autorités ivoiriennes avaient lancé contre lui un mandat d’arrêt international et depuis le 24 août 2012, il a été arrêté au Ghana où une procédure judiciaire est ouverte contre lui. Par ailleurs, les journaux proches de l’opposition affirment que le régime Ouattara veut « arrêter » Koua Justin, le leader de la jeunesse du parti de Laurent Gbagbo. C’est qu’une escouade d’agents de la DST, des Renseignements Généraux et de la Police de Daloa, conduite par le préfet de Police, Koné Zié, a pris possession de la direction régionale des Impôts où est en fonction le militant FPI. Pendant plusieurs heures il ont fait le siège du bâtiment, en vain. C’était hier mardi. Elle n’a pu prendre le recherché parce qu’il n’était pas à son poste. Avant, c’est à Aboisso où il animait un meeting le samedi dernier qu’il a failli être « enlevé », relate Le Nouveau Courrier.

César DJEDJE MEL
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