Amis lecteurs, bonjour et soyez les bienvenus sur linfodrome.com pour la revue de presse. Ce jeudi 30 mai 2013, nous avons comme sujets les révélations sur l’extradition des pro-Gbagbo depuis le Ghana, les réactions à la sortie de Mamadou Koulibaly et le verdict de l’audience de Gbagbo à la CPI. Bonne lecture !
Explication sur l’extradition des pro-Gbagbo exilés au Ghana
« Déstabilisation : Pourquoi Blé Goudé, Abéhi, Dibopieu… ont été extradés », écrit en manchette L’inter. Une question à laquelle le Président du Ghana John Dramani donne des réponses. Sur RFI, il a indiqué que « le président Ouattara nous a soumis une liste de personnes recherchées, et nous avons extradé ceux pour qui nous avions reçu des preuves de leur implication. Pour Charles Blé Goudé, il y avait un mandat d’arrêt, et pour les deux autres (Abéhi et Dibopieu : Ndlr), une vidéo les montrait en train de faire un discours sur un coup d’État. C’était des preuves suffisantes, et nous les avons extradés ». Il a averti que d’autres extraditions vont suivre, à en croire Nord-Sud Quotidien à la Une duquel on lit : « John Dramani : ‘‘Nous allons encore extrader ». En effet, le président ghanéen a indiqué que « jusque-là nous n’en avons pas d’autres, mais si des preuves nous sont fournies à l’encontre d’autres personnes, alors oui, nous les renverrons en Côte d’Ivoire ». Il a surtout précisé que « le Ghana a une longue tradition de démocratie, et nous ne nous contenterons pas d’attraper quelqu’un et le renvoyer vers une destination dangereuse sans preuve concrète à son encontre ». Les dires du Président John Dramani sont des « contrevérités flagrantes », selon Le Nouveau Courrier. Cette contrevérité se situe au niveau des raisons qu’il a données quant au cas Blé Goudé. Selon le journal, le leader du COJEP n’est pas la seule personnalité ivoirienne exilée au Ghana contre qui un mandat d’arrêt a été lancé. Alors pourquoi donc lui, quant on sait que la procédure judiciaire au Ghana contre l’ex-ministre Koné Katinan est à son dixième mois ? De l’autre côté, le journal pense que la vidéo dont parle Dramani n’existe pas. Sinon, les autorités ivoiriennes, en particulier le ministre Hamed Bakayoko, l’auraient présentée à la télévision. D’ailleurs, l’implication de Dibopieu et Abéhi dans un coup d’État n’a jamais été évoquée, relève t-il.
Réactions à la sortie de Mamadou Koulibaly
Après l’interview qu’il a accordée à un média camerounais, les analyses et réactions fusent de partout. « En révélant qu’il est le commanditaire de l’Opération ‘’Dignité’’, Koulibaly Mamadou avoue ses crimes… », écrit d’un rouge vif Le Patriote à la Une. Il note que, à force de se déchaîner contre le président Ouattara, l’ex-président du parlement ivoirien a fini par se trahir quant il affirme que c’est lui qui a préparé l’opération ‘’Dignité’’. Par conséquent, il est le responsable du massacre de citoyens ivoiriens et de la destruction de biens d’autrui. Donc les parents des victimes peuvent porter plainte contre lui. Dans ses propos, Mamadou Koulibaly, ex-n°2 du FPI, a indiqué que « Gbagbo a vendu la Côte d’Ivoire à la France », souligne L’Expression. En fait, il a dit que « Gbagbo Laurent a été le meilleur défenseur de la France dans la crise ivoirienne. Il a tout donné aux Français. Il a renouvelé les concessions d’eau et d’électricité à son ami Martin Bouygues, de gré à gré. Pareil pour la téléphonie qu’il a redonnée, hors toute procédure légale, à France Télecom. Il a offert le terminal à conteneurs à Bolloré, sans appel d’offres (…). Gbagbo a offert la Côte d’Ivoire à la France ». Ces propos ont fait réagir le parti de Laurent Gbagbo dans Soir Info. Le secrétaire général du FPI, Richard Kodjo, a rétorqué que « le point de vue de Mamadou Koulibaly m’intéresse peu. Il n’est plus au FPI. Et vous connaissez le point de vue du FPI. C’est que Laurent Gbagbo a gagné les élections présidentielles de 2010 ». Pour Notre Voie, Koulibaly Mamadou est « l‘ingratitude achevée ». Car, la décence morale aurait voulu qu’il soit reconnaissant pour ce que Gbagbo a fait pour lui. Parce que pendant dix ans, il a été le dauphin constitutionnel du fait de Gbagbo, qui l’a imposé. Alors s’il le trouvait si ignoble, si mauvais gouvernant, pourquoi n’a t-il pas claqué la porte de l’Assemblée nationale et du FPI. De son côté, Damana Pickass, exilé au Ghana, dit « merci à Mamadou Koulibaly de jouer sa partition dans la conspiration internationale contre la Côte d’Ivoire et Laurent Gbagbo ». Il est marqué par le moment choisi par leur ancien compagnon pour faire ses déclarations, celui où tous attendent le verdict de l’audience de Gbagbo à La Haye. « Cela procède d’un schéma bien ficelé. Incriminé le président Laurent Gbagbo tout en rappelant à leurs partenaires internationaux qu’il demeure toujours une alternative à monsieur Ouattara ».
Verdict de l’audience de Gbagbo
Attendu pour hier, le verdict de l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo n’est pas tombé. « Seule l’institution judiciaire peut donner les raisons. Mais, selon les dispositions du statut de Rome, la CPI a une date butoir allant jusqu’à 15 jours pour livrer son verdict. Si jusqu’à cette date, elle ne le fait pas, elle est en droit de déclarer un non lieu dans l’affaire », a expliqué un spécialiste du droit international à la préoccupation de Le Quotidien d’Abidjan qui a voulu savoir pourquoi. Cependant, cette cour a répondu aux dirigeants africains qui, lors du dernier sommet de l’Union Africaine, l’ont accusée d’avoir « un processus qui a dégénéré en une sorte de chasse raciale » contre les Africains. « La Cour pénale internationale reconnait et respecte le rôle important de l'Union africaine en tant que principale organisation régionale du continent. En tant qu’institution judiciaire internationale impartiale, la CPI, y compris son Bureau du Procureur indépendant, s'efforce de maintenir de bonnes relations de travail avec toutes les institutions internationales et régionales, y compris l'Union africaine. La relation entre la CPI et l'Afrique est d'autant plus importante étant donné que 34 pays africains sont États parties au Statut de Rome de la CPI. En outre, la majorité des enquêtes actuelles de la Cour ont été ouvertes suite à des renvois ou des demandes des États africains en question », a dit la CPI.