Poursuites judiciaires et menace djihadiste

A trois jours du verdict sur Gbagbo, des vérités dévoilées

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a-trois-jours-du-verdict-sur-gbagbo-des-verites-devoilees Pour Laurent Gbagbo qui s'attend un verdict favorable de la part des juges de la CPI, les dernières nouvelles du pays ne lui sont toutes profitables, avec la menace des djihadites sur la Côte d'Ivoire. Ph D.R
Revue de presse

Verdict de l’audience de Gbagbo, les vérités de Mamadou Koulibaly, les problèmes dans le processus de réconciliation nationale et la menace djihadiste sont nos sujets de la revue de presse, aujourd’hui mercredi 29 mai 2013. Merci de votre fidélité à linfodrome.com et bonne lecture !

Verdict de l’audience de Gbagbo

« A quelques heures du verdict de l’audience de confirmation des charges, le FPI tremble et se ridiculise », titre Le Patriote. En effet, au cours d’une réunion où l’ordre du jour unique portait sur le dossier Gbagbo, la direction intérimaire du Front Populaire Ivoirien (FPI), a dans l’attente du verdict, rappelé à la CPI que Laurent Gbagbo « a bel et bien gagné l’élection présidentielle de 2010 », vu que le Conseil Constitutionnel dont les décisions sont insusceptibles de recours l’a proclamé vainqueur. C’est pourquoi, les responsables de l’ex-parti au pouvoir ont demandé solennellement à la CPI de tirer toutes les conséquences de ce constat « en infirmant les charges retenues par la procureure contre Laurent Gbagbo et en arrêtant la procédure ». Ainsi, on lit à la Une de Notre Voie : « le FPI interpelle la CPI et l’ONU : arrêtez les poursuites contre Gbagbo ». Aussi, dans le communiqué qui a sanctionné cette réunion, le parti a relevé que « la détention de Laurent Gbagbo est arbitraire et sans fondement juridique ». A en croire Le Temps, le parti n’a pas fait qu’interpeller l’ONU, il s’est même révolté contre l’organisation. Le FPI « déplore fortement que la Communauté internationale ait préféré le décompte (…) des victimes au recomptage des bulletins des votes, comme préconisé simplement par Laurent Gbagbo lui même. Cela aurait réglé le problème et établi définitivement la vérité électorale en Côte d’Ivoire ». En outre, convaincu que ce procès est politique, le parti déchu a invité l’Union africaine « à s’impliquer fortement en demandant à l’ONU de prendre courageusement la décision équitable de la relaxe pure et simple du président Laurent Gbagbo ».

Les vérités de Mamadou Koulibaly

L’inter nous livre « les vérités de Mamadou Koulibaly jamais dites sur Gbagbo ». Depuis le Cameroun, le président de Liberté et Démocratie pour la République (LIDER) a confié à Mutations que « c’est dommage ! Il y a des choses que les gens ne savent pas. Le FPI a gouverné, mais n’a pas gouverné seul. Pendant dix ans, Gbagbo était assis sur le fauteuil et Ouattara gouvernait… Nous savions depuis longtemps que c’était Ouattara qui avait réellement le pouvoir. Le RDR est au pouvoir depuis dix ans. Ses ministres ne répondaient que de lui». L’ex-président du parlement ivoirien a accusé son ex-mentor d’avoir « laissé faire tout et n’importe quoi, parce qu’il pensait que c’était le meilleur moyen de montrer sa bonne foi ». Soir Info a relevé à la Une que selon Mamadou Koulibaly « Gbagbo n’a pas gagné les élections ». Tout en affirmant qu’il n’est pas le juge des élections pour dire si Gbagbo a gagné ou non, il a avancé que « si je m’en tiens qu’au résultat, je dirais non. Gbagbo a lui-même, une nouvelle fois, mis la Constitution de côté pour faire appel à un panel de chefs d’État africains afin de trancher la question de la victoire électorale. Il a indiqué que la décision de ce panel s’imposerait à tous et que si le panel déclarait qu’il avait perdu, il quitterait le pouvoir. Et le panel a conclu qu’il a perdu les élections ». Le journal a également mis en relief les accusations de Koulibaly contre le Président Ouattara au sujet du coup d’État et la rébellion. « En 2002, Alassane Ouattara qui n’était pas d’accord avec les résultats de l’élection présidentielle et les résultats des législatives et municipales, a créé la rébellion », a déclaré le chef de LIDER. Soro Guillaume, le successeur de Koulibaly au parlement, a aussi volé dans les ailes du parti de Laurent Gbagbo. Il a dévoilé « les coups bas du FPI », titre L’Expression. « Nous ne comprenons pas qu’un parti politique qui est aussi soucieux que nous, de bâtir la démocratie dans notre pays, de bâtir l’État de droit, conditionne sa participation à une élection dans son pays, à la suspension d’une procédure de justice », a-t-il dit.

Processus de réconciliation

C’est en septembre de cette année que le mandat de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) prendra fin. Le président de ladite Commission, Charles Konan Banny, a rassuré, hier, que « la mission que les Ivoiriens nous ont confiée, sera accomplie dans le délai qui nous ait imparti. Nous allons la réussir et les ce sera aux ivoiriens de juger si la mission est terminée ou pas », rapporte Nord-Sud Quotidien. Il a profité pour répondre à ses détracteurs, ajoute L’inter. En effet, M. Banny a affirmé que « on ne peut pas vouloir rassembler et exclure. C’est antinomique (…). Donc les provocations, les crocs-en-jambe, les insinuations n’auront pas de prises par définition sur la Commission… Malgré les intempéries, les embûches, les crocs-en-jambe, les lenteurs et les lourdeurs, les calages et décalages, la Commission en est à la phase qualitative prévue pour être exécutée sur tout le mois de juin, dans la foulée des formations ». Banny va t-il démissionner pour cela, comme disent les rumeurs ? demande Le Nouveau Réveil. Il croit que oui, car le président a indiqué que « ce qui est important, c’est d’accomplir une mission qu’on vous assigne. Elle sera accomplie et autant que possible ».

Menaces djihadiste contre la Côte d’Ivoire

Les autorités ivoiriennes sont conscientes du danger. Dans Nord-Sud Quotidien, on lit que le ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko a déclaré : « nous n’avons plus le temps de tergiverser. Nous sommes obligés, en tant qu’États, de nous intégrer dans une coopération dynamique pour faire face à la menace ». C’était devant ses pairs des pays de la sous-région. Mieux, L’inter fait savoir qu’il a reconnu que « nous ne sommes pas à l’abri des attaques terroristes ». Car « ce qui se passe chez le voisin se passe chez nous ou se passera forcément chez nous » si des mesures vigoureuses ne sont pas prises, a-t-il dit. Dans le même élan, Soro Guillaume a dit aux députés européens que « la problématique sécuritaire régionale exige une coopération entre nos États pour endiguer ce fléau », renseigne Nord-Sud Quotidien

César DJEDJE MEL
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