Les sifflets contre le ministre Cissé Bacongo, la présidentielle de 2015 et la création du PNCS sont les sujets de notre revue de presse de ce mardi 14 mai 2013. Bienvenue sur linfodrome.com et bonne lecture !
Les sifflets contre le ministre Bacongo
L’université Houphouët Boigny de Cocody a connu une ambiance particulière hier lundi, à l’occasion de l’ouverture du colloque d’hommage à Henriette Dagri Diabaté. C’est que des étudiants ont violemment manifesté contre leur ministre de tutelle. Et tous les journaux en parlent. A la Une de Soir Info, on lit : « Cissé Bacongo séquestré et lapidé par les étudiants ». Les raisons de ces protestations étaient lisibles sur les pancartes que les manifestants brandissaient. « 110 milliards dans peinture !!? Mais, tu as foutaises Bacongo ! ». En fait, les étudiants ont décrié le manque d’infrastructures et de matériel de travail, à en croire, Dosso Moussa. « Il y a ni micro, ni amphithéâtre, encore moins de chaises. Plus grave, il n’y a pas de salles de travaux dirigés. Trop c’est trop », s’est-il plaint. Le ministre a dû être exfiltré par la police. Dans la foulée, le commissaire Allaly qui lui servait de bouclier humain a reçu une pierre qui lui a ouvert la tempe. Les étudiants n’ont pas fait que hué leur ministre, ils l’ont même pourchassé et tenté de le lyncher, quand celui venait pour les raisonner, fait savoir Notre Voie. Il a dû trouver refuge dans un bâtiment à proximité, d’où les policiers l’ont extrait, après plusieurs tentatives. Pour le journal, la vérité a rattrapé le mensonge. Les propos hostiles tel que « Bacongo voleur, qu’est-ce que tu as fait avec les 100 milliards de FCfa, nous n’avons rien à l’université pour étudier ? Il n’y a pas de solution ici. Où est la solution ? », montrent bien le ras-le-bol des étudiants qui se rendent compte que leur situation s’est dégradée. Si les étudiants ont procédé de la sorte, c’est parce que « nous avons utilisé tous les droits de recours pour nous faire entendre. Cela a été vain. C’est pourquoi nous avons organisé ce sit-in », a dit N.Z.K. dans Nord-Sud Quotidien. Mais la présidente de l’Université n’est pas de cet avis. Pour le professeur Bakayoko-Ly Ramata, les revendications des étudiants semblent d’ordre politique. Elle a menacé que tout n’est pas permis, c’est pourquoi « les étudiants qui ont pris part à ces évènements ne sont pas dignes de faire partie de la communauté estudiantine de le l’Université F.H.B. Ils seront sanctionnés conformément aux règles en vigueur », lit-on dans Le Nouveau Réveil.
Bataille pour la présidentielle 2015
A deux ans de l’élection présidentielle, les potentiels candidats sont à pied d’œuvre. L’inter parle « des grandes manœuvres de Ouattara pour 2015 ». Il fait savoir que Ouattara qui veut une victoire sans bavure, positionne ses pions. Ce sont les élus locaux qui seront en réalité ses directeurs de campagne. Sa stratégie, c’est d’abord s’approprier le nord puis l’ouest. S’il a pu gagner le nord, à l’ouest, ses lieutenants ont été battus et il ne peut compter sur le ministre Mabri, président de l’UDPCI, qui ne veut pas que son parti meurt dans son propre bastion. De son côté, le président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) est aussi en action. A la Une de Le Mandat, il est écrit : « Banny dépêche un émissaire chez Chirac ». Le message dont il était porteur est une demande de soutien des autorités françaises à sa candidature, en 2015. Il a demandé à Chirac d’intervenir auprès de François Hollande pour parrainer sa candidature. Dans ce cadre, le chef de l’État français rencontrera Bédié, le président du PDCI, afin de prendre le pool de la politique au sein de son parti. Mais en croire la Une de Le Quotidien d’Abidjan, Bédié veut imposer la candidature unique de Ouattara au PDCI. En fait, c’est le géographe et journaliste Ben Zahoui Dégbou qui le dit dans une contribution au journal. Il tire l’attention des militants du PDCI et surtout des Ivoiriens sur le fait que, au congrès prochain du PDCI, Bédié veut faire de Ouatatra le candidat des houphouëtistes. Ce qu’il ne faut pas le laisser faire, demande t-il.
Conflit de compétence entre CDVR et PNCS ?
Dans le cadre de la réconciliation nationale, le président Ouattara a lancé le week-end dernier le Programme National pour la Cohésion Sociale (PNCS) qui a pour mission de coordonner toutes les activités menées sur le terrain en matière de cohésion sociale. Une tâche pourtant dévolue à la CDVR de Charles Konan Banny. Mais la coordinatrice du PNCS, Marietou Koné, a dit dans Le Nouveau Réveil que « nous ne voulons pas prendre la place de la CDVR ». Car, selon elle, sa structure a pour particularité de renforcer la cohésion entre ceux que la CDVR aura réconciliés. Alors « Banny a-t-il été court-circuité » ? demande Nord-Sud Quotidien. Vu que, à en croire Mariétou Koné, le PNCS a été couché sur papier depuis février 2012 et certifié en conseil des ministres. Alors pourquoi est-ce en ce moment où l’on parle d’une candidature de Banny en 2015, que le chef de l’État décide de mettre en selle le PNCS. Alassane Ouattara ne jouerait-il pas contre Banny ? Non, selon L’inter. Le journal avance que Ouattara prépare l’après-Banny. Etant donné que la mission de la CDVR prend fin en septembre 2013. Pour ce qui est du PNCS, sa mission d’étend sur quatre ans et aura comme budget de fonctionnement sept milliards de F.Cfa.