Heureux de vous retrouver fidèles lecteurs de linfodrome.com pour notre revue de presse. Au menu de notre numéro de ce lundi 13 mai 2013, nous aurons les relations entre Ouattara et Banny, l’affaire Simone Gbagbo et la réaction de Ouattara face aux menaces. Bonne lecture à tous !
Relations fragiles entre Ouattara et Banny
« Réconciliation nationale, Ouattara ne veut plus de Banny », titre Le Quotidien d’Abidjan à la Une. Cela vient du fait que le chef de l’État a lancé, le vendredi dernier, le Programme National de Cohésion Sociale (PNCS) qui aura pour but de panser et d’œuvrer à la cohésion sociale. Une sorte de mort prématurée de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation dirigée par Banny, dont la mission s’achève en août 2013, selon certains analystes. C’est pourquoi le journal écrit que « Ouattara poignarde Banny dans le dos ». Le Mandat fait un peu plus fort en affirmant que « Ouattara chasse Banny ». Vu que la mission attribuée au PNCS, qui est de dédommager les victimes des crises de la décennie passée, est une des missions que la Commission de Banny s’est assignée. Pour diriger ce programme, le journal informe que Mgr Siméon Ahouana a été approché par les autorités ivoiriennes. Mais ce dernier a décliné cette offre parce que occupé à la CDVR où il est vice-président. C’est donc clair, avant la présidentielle 2015, « la guerre Ouattara-Banny aura lieu », titre Le Nouveau Courrier. S’en tenant aux dires et faits de ces deux personnalités, surtout la création du PNCS, le journal affirme que les signes d’une bataille féroce entre le PDCI et le RDR se réunissent. Étant donné que des velléités persistantes de candidature en 2015, en tant que représentant du PDCI, sont prêtées à Banny. D’autre part, le journal relève que la réconciliation n’a jamais été un enjeu pour Ouattara. Sinon, pourquoi n’a-t-il pas doté la CDVR de moyens conséquents, pour venir aujourd’hui créer une commission bis qu’il dote d’un budget de sept milliards, interroge t-il.
L’affaire Simone Gbagbo et autres pro-Gbagbo
Le départ brusque de Simone Gbagbo de la Polyclinique Internationale Sainte Anne Marie (PISAM), fait couler encore de l’encre. Les raisons avancées par le ministre Gnénéma Coulibaly à ce sujet étonnent Le Temps et lui faire dire que « le ministre de la Justice enfonce Ouattara ». En effet, il avait dit que Mme Gbagbo est bien portante et que c’est elle-même qui a demandé son retour à Odienné. Si elle se porte bien, comment peut-elle demander à retourner dans ‘‘sa résidence surveillée’’, anesthésiée et en blouse d'hôpital? Et pourquoi l’a-t-on fait de façon manu-militari ? interroge le quotidien. A moins que des individus mal intentionnés aient voulu attenter à sa vie. Le scénario de « l’enlèvement de Simone », selon Le Temps, est la preuve qu’aux yeux du régime, les pro-Gbagbo n’ont rien d’humain. Mais Me Habiba Touré, l’avocate de l’ex-première Dame, n’est pas d’accord avec le ministre de la Justice quand il affirme que c’est sa cliente qui a demandé à partir de l’hôpital. « Ce n’est pas vrai. Mme Gbagbo n’a rien demandé. Les informations crédibles que nous avons reçues sur place à la polyclinique la PISAM sont formelles. Mme Gbagbo a été l’objet d’un traitement inhumain et dégradant lors de ce transfèrement forcé ». A côté de cela, pour la première fois, depuis deux ans qu’il est en prison, Aboudramane Sangaré parle. Il « rompt le silence », a titré L’inter. Le n°2 du Front Populaire Ivoirien (FPI) et compagnon de lutte de Laurent Gbagbo, a fait savoir que si Gbagbo s’est accroché, c’est parce que « on ne peut pas avoir raison et renoncer ». Quant à la libération de l’ex-chef d’État, il a indiqué que « c’est la politique qui l’a conduit là où il est. C’est donc la politique qui va le ramener de là-bas ».
Ouattara face aux attaques
Les menaces contre Ouattara fusent de partout. A la Une de Soir Info et certains journaux de l’opposition, on lit les déclarations de Koua Justin, leader de a jeunesse du FPI. « Nous réservons une mauvaise surprise à Ouattara ». Il s’élevait ainsi, au cours d’une conférence de presse le samedi dernier, contre la détention en prison des centaines de pro-Gbagbo. « On ne toléra pas pendant longtemps le maintien de nos parents en prison, en exil. Si nos parents ne sont pas libérés, nous ne pensons pas que nous serons responsables de nos actes », a-t-il menacé. L’autre souci vient d’un autre leader de jeunesse, celui du PDCI, le député Kouadio Konan Bertin. Comme un avertissement à son parti et au RDR de Ouattara, il a fait savoir hier qu’en 2015, le PDCI aura bel et bien un candidat. « Vous imaginez une élection présidentielle en Côte d’Ivoire sans que le PDCI-RDA n’ait pas un candidat ? Ce serait la catastrophe. Celui qui pense ça, se trompe lui-même… », a-t-il dit, rapportent Soir Info et Le Nouveau Réveil. Mais ces déclarations sont loin de Ouattara qui, depuis dimanche matin, est en visite officielle de trois jours au Qatar. Il y a été reçu en prince, à en croire Le Patriote qui titre : « visite d’État du Président de la République au Qatar, comme un prince au pays des princes ». Sur le sujet, Fraternité Matin s’est intéressé aux retombées de la visite. C’est que le chef de l’État ivoirien a fait savoir, par rapport à son ambition de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020, qu’il a besoin de l’appui du Qatar. Ce que l’Émir du Qatar, Cheikh Amad Ben Khalifa Al-Thani, a approuvé en promettant d’apporter tout son soutien « pour nous permettre de financer le programme d’investissement », a indiqué Alassane Ouattara.