Elections locales, Laurent Gbagbo, CPI et gouvernance par ordonnance de Ouattara, sont les sujets dans notre revue de presse de ce samedi 13 avril 2013. Amis lecteurs, bienvenue sur linfodrome.com et bonne lecture !
Elections locales
Entre attaques et contre-attaques, les partis se mesurent. Répondant à un article de Le Nouveau Réveil, proche du PDCI qui titrait : « Agressions des militants, destruction d’affiches, intimidations. Le RDR a-t-il peur du PDCI-RDA ? », Le Patriote barre à la Une : « Quand on est 1er, on n’a pas peur ». Selon lui, le RDR est le parti majoritaire en Côte d’Ivoire, eu égard à ses victoires aux élections municipales de 2001, la présidentielle de 2010 et des législatives de 2012. Il affirme que c’est le PDCI qui a perdu toutes ces batailles devant le RDR « qui a peur et qui crie au loup afin de se donner bonne conscience en cas d’une nouvelle déconvenue ». Pourtant dans les faits, les deux partis se craignent, à en croire l’affrontement entre leurs représentants à Yopougon. L’Expression dit qu’ils se livrent une bataille pour l’occupation de l’espace Ficgayo, à Yopougon, en vue des meetings, au point où le préfet d’Abidjan a dû intervenir pour couper la poire en deux. Mais déjà, le PDCI tire sur la sonnette d’alarme quant au tripatouillage des résultats. Son délégué départemental dans la région du centre ouest, Maurice Kacou Guikahué, a déclaré dans Le Mandat que « celui qui va s’amuser avec les résultats des élections à Gagnoa, peut-être c’est une seconde guerre qu’il va déclencher ».
Ce qui est certain, c’est que des « grands vont tomber » dans cette compétition, relève Nord Sud Quotidien. Il affirme que des grosses pointures de la scène politique pourraient trébucher dans les localités où leurs adversaires sont de poids égal au leur. Il cite le cas de Koumassi, Yopougon, Bouaké, du Cavally où ministres, anciens ministres, députés, maires sortants et autres s’affronteront. Dans cette bataille électorale, le Chef d’État major général des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire ne veut point voir ses éléments soutenir des candidats. « Je ne veux voir ni gendarmes, ni militaires, ni policiers derrière des candidats. Je vais punir sévèrement celui que je verrai derrière un candidat », a déclaré Soumaïla Bakayoko, dans Fraternité Matin. Certainement qu’il va commencer par les commandants Issiaka Ouattara dit Wattao et Koné Zakaria. Ces deux officiers supérieurs de l’armée sont dénoncés par Le Nouvel Réveil de battre campagne officiellement pour le RDR, alors que le code électoral l’interdit au corps préfectoral, militaire et paramilitaire. Le premier soutiendrait le candidat RDR de Bouna et le second, celui de Vavoua qu’il appelle même « son grand frère ».
Gbagbo et la commémoration du 11 avril 2011
Le Temps rend compte de comment Gbagbo a vécu le 11 avril 2013. Il informe que de nombreux démocrates d’Afrique, d’Europe, et partisans de Laurent Gbagbo ont manifesté devant La Haye, le jeudi 11 pour lui exprimer leur soutien. La radio nationale russe aussi a salué le combat de Gbagbo, écrit-il. De fait, la rédaction en ligne de cette radio a écrit que « en Côte d’Ivoire, à l’image des grandes personnalités africaines et mondiales, comme Patrice Lumumba, Nelson Mandela… Laurent Gbagbo a décidé d’en finir avec un système mafieux et criminel et a lancé ouvertement un défi aux néocolonialistes ». A Douala, les Camerounais ont aussi manifesté, nous dit Notre Voie. Ils ont réclamé la libération de Gbagbo. Car pour eux, le mal ivoirien peut se produire chez eux. « Nous voulons interpeller la communauté internationale pour qu’elle arrête ce qu’elle a fait en Côte d’Ivoire », a dit un manifestant. Quant à Le quotidien d’Abidjan, il titre : « Présidentielles 2010, Médiapart persiste et signe : ‘‘ c’est Gbagbo qui a gagné les élections ». L’existence d’une vidéo qui contient les vérités sur cette affaire a été dévoilée, le 21 mars dernier par Will Summer de Médiapart. Mais, la Cour pénale internationale (CPI) qui juge Gbagbo est dans un « gros scandale », révèle Soir Info et L’Intelligent d’Abidjan. Il s’agit d’accusations d’abus sexuel que quatre personnes ont dénoncées en avoir été victimes de la part d’un ancien membre du personnel en R.D.C. La Cour qui a elle même donné l’information dit avoir ouvert une enquête pour élucider ces « allégations ».
Gouvernance par ordonnances
Depuis le lundi, les députés ivoiriens ont permis au Président Ouattara de gérer le pays par ordonnances. Mais, il y en quatre qui ont voté contre la loi. Parmi eux, Kloawa Aimé Sy. Comme raison, il explique dans L’Intelligent d’Abidjan que « dans l’exposé, on nous a parlé de programme économique et social. On ne nous a pas dit quels sont les différents domaines dans lesquels le Président voulait agir. Etant donc dans un flou artistique, nous ne pouvons cautionner quelque chose que demain nous allons pouvoir ratifier ». Avec ce pouvoir qu’il vient d’acquérir, Soir Info écrit que Ouattara s’expose à un risque. En effet, plus de donner le sentiment, comme certains l’en accusent, de mener « une gouvernance autocratique », il donne « le fâcheux sentiment que l’on est dans un État où les institutions comme l’Assemblée nationales ne fonctionnent pas bien ». Quant aux députés qui ont légué leur pouvoir à l’exécutif, le président de Liberté et démocratie pour la République (LIDER), Mamadou Coulibaly, l’ex-président de l’Assemblée nationale, a demandé que leurs salaires soient suspendus. « Pas de travail, pas d’argent. Puisque les députés ivoiriens eux-mêmes ont décidé de ne pas exercer leur fonction au profit de l’hyper-président Ouattara, LIDER propose que leur salaire soit suspendu pour toute la durée du gouvernement par ordonnance », rapporte L’inter.