Manifestation des FRCI à Bouaké, rencontre Ouattara-Hollande à Paris et l’anniversaire de la chute de Gbagbo sont les sujets que nous aborderons dans ce numéro de la revue de presse. Bienvenue sur linfodrome.com et bonne lecture !
Manifestation des FRCI
« C’était chaud à Bouaké, hier : les ex-combattants déchaînés », lit-on à la Une de Soir Info. Il relate que dans la journée d’hier jeudi, les ex-combattants démobilisés des ex-Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) ont fait monter la tension d’un cran. Ils ont paralysé la ville en bloquant le corridor sud, entrée principale de Bouaké, en provenance d’Abidjan. Ils étaient menés par un certain Koné Youssouf qui a expliqué son action en ces termes. « Cela fait 13 ans que nous sommes dans cette lutte. Nous avons donc fait 13 ans d’esclavage, sans salaire. Et aujourd’hui, nous sommes laissés pour compte. De tout ce qu’ils nous envoient comme projet, rien de concret... Aujourd’hui, ce sont les vrais démobilisés qui mendient. Vous trouvez cela normal ? De grâce dans ce pays, qu’on nous respecte ». Le journal dit que les démobilisés ont invité le chef de l’État à se pencher sur ce dossier, car « on est assis sur une poudrière ». L’information est confirmée par L’Intelligent d’Abidjan. Il affirme que les manifestants réclament leur réintégration dans le tissu socioéconomique. Quant aux voyageurs, ils ont dû attendre au corridor, sous le regard impuissant des Forces de Défense. Lui aussi ajoute que les démobilisés ont dit : « nous allons poursuivre notre mouvement jusqu’à ce que le président nous attende ». Le Temps titre alors: « Oubliés par le régime Ouattara, des ex-rebelles se révoltent et bloquent tout Bouaké ». Ce mouvement de colère des ex-combattants, écrit le journal, prouve qu’ils n’ont plus confiance au régime qui met en place, l’Autorité pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réintégration (ADDR), depuis maintenant deux ans.
Rencontre Ouattara-Hollande
Le Président ivoirien, Alassane Ouattara en séjour privé en France a été reçu, hier, par son homologue français, François Hollande. A l’ordre du jour, Fraternité Matin dit qu’il s’est agi de la situation au Mali et la coopération bilatérale entre la Côte d’Ivoire et la France. Concernant le Mali, les deux chefs d’État, selon le communiqué final de la rencontre, sont convenus de tout faire pour que le calendrier des élections soit tenu. Ces élections sont prévues au 31 juillet 2013. Relativement aux relations franco-ivoiriennes, les deux Présidents ont fait « un point d’étape sur la mise en œuvre du contrat de désendettement (C2D) signé en décembre 2012 entre les deux pays ». Hollande a, en outre, encouragé son hôte à poursuivre les réformes engagées dans le domaine de la sécurité, de la réconciliation e du dialogue politique, ajoute le quotidien. A cette audience, Notre Voie écrit que « Ouattara trompe Hollande, le FPI rétablit la vérité ». La tromperie de Ouattara vient, selon le journal, du fait que lui et son pouvoir ont servi le mensonge au monde entier sur ce qu’ils sont et sur la marche de la côte d’Ivoire. Car il s’est présenté aux ivoiriens comme un messie qui allait changer leur vie, se vantant d’avoir le monde de la finance internationale dans la poche et se disait capable de mobiliser en un claquement des doigts l’argent dont a besoin la Côte d’Ivoire pour son développement… qu’il sera le Président de tous les Ivoiriens. Mais deux ans, les Ivoiriens constatent avec beaucoup de regrets que la réalité contraste avec les belles professions de foi. Là-bas à Paris, Ouattara s’est expliqué sur la gouvernance par ordonnance qu’il a demandée et obtenue du parlement. « L’Assemblée est faite pour aider le gouvernement, le contrôler et nous aider à aller de l’avant. Nous voulons aller plus vite. L’Assemblée ne se réunit qu’en deux sessions par an. Nous avons des dossiers urgents à examiner et des décisions à prendre », a-t-il fait savoir. Au secrétaire d’État américain à la Défense qui a jugé « totalement incapables » les forces de la CEDEAO au Mali, Ouattara a répondu « qu’il y a peut-être des situations atténuantes qui ont été oubliées. Nous nous emploierons à faire en sorte que les choses s’améliorent », rapporte L’Intelligent d’Abidjan.
Commémoration des deux ans de la chute de Gbagbo
L’inter livre « les confidences de Soro à Gbagbo avant sa chute ». C’est que dans ses propos rapportés par connectionivoirienne.net, hier, Soro Guillaume a dit : « Le 30 novembre 2010, j’ai eu un entretien avec l’ancien président à sa résidence… Nous nous sommes rencontrés en tête-à-tête et j’ai dit au président : M. le Président, les nouvelles ne sont pas bonnes pour vous, M. Ouattara vient en tête. Je souhaite que vous acceptiez. Qu’on laisse proclamer ces résultats. Monsieur le Président, on n’est pas un grand homme simplement parce qu’on est président. Monsieur le Président, je vous en supplie, laissez les élections se faire parce que si vous refusez, je n’ose même pas imaginer la crise que notre pays va connaître ». Des personnalités ont réagi à cette commémoration. Pour le Président Ouattara « la page est tournée », le Premier ministre Duncan « Gbagbo peut revenir en Côte d’Ivoire, s’il est libéré » et Miaka Oureto « que l’occident reconnaisse qu’il s’est trompé », lit-on dans Soir info. Mais pour l’écrivain Bernard Dadié, président du Congrès National de Résistance pour la Démocratie (CNRD), « la captivité de Laurent Gbagbo ne signifie pas la fin de Gbagbo », à en croire Le nouveau Courrier. Il a donc encouragé les démocrates à un réengagement moral pour continuer la lutte. Or Le Patriote écrit que, « contrairement à Gandhi, Luther King, Lumumba, Mandela ; Gbagbo n’est pas un héros », pour contrer ceux qui veulent élever l’ex-chef d’État comme une icône du néocolonialisme, au rang de ces derniers. Et pour cause « Gbagbo a fait massacrer son peuple ». Ce que n’ont pas fait ces personnes ceux à qui on veut l’assimiler, proteste le quotidien.