Crimes et justice impartiale en Côte d'Ivoire

Human Rigths Watch accuse, le pouvoir se défend

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Revue de presse

Amis de linfodrome.com, soyez les bienvenus à notre revue de presse. Deux principaux points au menu de ce numéro du vendredi 5 avril 2013. Il s’agit de la conférence de presse du Premier ministre Kablan Duncan et du rapport de Human Rigths Watch sur la Côte D'Ivoire et la CPI.

Duncan dit tout

Le Premier ministre ivoirien a donné une conférence de presse hier où il s’est étalé sur les sujets d’actualité en Côte d’Ivoire. « Dialogue avec le FPI, les élections locales, la relance économique, revendications des enseignants et médecins… Duncan clarifie tout », titre Fraternité Matin. Il a indiqué que « les aspirations profondes des populations ivoiriennes sont dûment prises en compte à travers les principaux chantiers du gouvernement. Ceux-ci sont articulés autour de trois axes essentiels que sont : la paix et la sécurité ; la réconciliation nationale et la cohésion sociale ; la relance économique et la reconstruction post-crise ». Dans les détails, Le Patriote rapporte qu’il a dit, au sujet d’une justice à double vitesse décriée par certains, que « la justice est indépendante. Laissez-la jouer son rôle. Qu’on ne demande pas au gouvernement d’imposer un rythme à la justice ». Au FPI, Duncan a dit les vérités, écrit L’Expression. Il l’a même « démonté pièce par pièce », précise-t-il. C’est que Kablan Duncan a répondu aux préoccupations du parti de Gbagbo, notamment sur la rencontre au sommet entre les deux principaux rivaux. « Une rencontre au sommet, quel était son but, qu’est ce que cela va donner comme résultat et où vont-ils se rencontrer ? S’il y avait une volonté, il y a là un problème qui se pose », a fait le Premier ministre. Des propos par lesquels « Duncan met le FPI dans une grosse colère », fait savoir L’Intelligent d’Abidjan. En effet, des cadres du FPI lui disent de ne pas jouer avec les mots. « Quand Laurent Gbagbo était à Korhogo, et même au golf, le Président pouvait bien aller le voir… C’est vrai qu’il est à La Haye mais il reçoit des visites, à défaut d’aller le voir lui-même alors qu’il est en Europe, le Président peut envoyer un émissaire dûment mandaté ». Pour Le Temps, Duncan a montré qu’il est panne de solution devant la carence du régime Ouattara, alors il « accuse ses prédécesseurs ». En fait, il relevé que « durant ces dix dernières années, le taux de croissance était de 0,6% ».

Rapport de Human Rigths Watch

L’ONG international Human Rigths Watch a publié son dernier rapport. Sur les violations des Droits de l’homme, les emprisonnements d’opposants etc, Le Temps titre : « Human Rigths Watch sans pitié pour Ouattara ». Baptisé ‘‘transformer les discours en réalité : l’heure de réclamer des comptes pour les crimes internationaux graves perpétrés en Côte d’Ivoire’’, le rapport demande au chef de l’État de mettre en action cette phrase qu’il a dite : « plus d’impunité en Côte d’Ivoire, tous les responsables de crimes seront poursuivis quelle que soit leur couleur, leur choix politique ou leur grade militaire ». Human Rigths Watch a exhorté en outre « la communauté internationale à peser de tout son poids sur les autorités ivoiriennes, pour qu’elles traduisent leurs parole en actes ». Sur ce sujet, Soir Info barre à la Une que l’ONG « accable encore le régime ». Car elle a appelé la CPI « à rapidement enquêter sur les crimes commis par des individus appartenant au camp du Président Alassane Ouattara pour rétablir ‘‘sa légitimité’’ ». Elle a relevé que sur « plus de 150 personnes qui ont été inculpées pour des crimes perpétrés lors des violences post-électorales, aucun des inculpés ne provient des forces pro-Ouattara ». Quant à Le Quotidien d’Abidjan, il écrit que « Human Rigths Watch sort ses griffes et frappe le régime ivoirien en plein cœur » vu que le rapport de 82 pages analyse les efforts inégaux déployés par la côte d’Ivoire pour réclamer des comptes aux responsables des crimes internationaux graves commis dans la foulée du scrutin présidentiel de novembre 2010.

Justice à la CPI

La Cour Pénale Internationale (CPI) n’a pas bonne réputation aux yeux de Human Rigths Watch, après l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo. Dans son dernier rapport cité plus haut, elle s’est « attaquée à la CPI », écrit L’inter. L’ONG a accusé la Cour de « légitimer une justice partiale » en Côte d’Ivoire. Elle a déploré « l’approche à sens unique adoptée par la CPI qui a légitimé la mise en oeuvre de la même approche par les autorités judiciaires ivoiriennes et porte atteinte à l’image en Côte d’Ivoire de la CPI ». À la Une de Notre Voie, on lit que selon Human Rights Watch, « le cas Gbagbo discrédite la CPI ». Se basant sur le fait que le procureur de la CPI a toujours indiqué que son enquête était impartiale et en cours, l’ONG écrit : « cependant, alors que le temps s’écoule sans aucune action ne soit menée à l’encontre du camp Ouattara, beaucoup d’Ivoiriens y compris des dirigeants de la société civile ivoirienne, ont de plus en plus le sentiment que la CPI se livre à un jeu politique en Côte d’Ivoire et procède avec circonspection lorsqu’il s’agit du gouvernement Ouattara ». Pire, dans cette affaire Gbagbo à la Cour Pénale Internationale, le directeur de l’ONG à l’ONU, Philippe Bolopion, affirme que sa structure « a plus d’éléments même que la CPI à charge contre Gbagbo ». Pour cause, « pendant la crise, nous avons produit des rapports plus volumineux et plus détaillés que n’importe qui d’autre sur les crimes commis par les forces de Laurent Gbagbo » , a-t-il dans une interview qu’il a accordée à L’Expression.

César DJEDJE MEL
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