Côte d'Ivoire

L'insécurité met un bémol à la diplomatie

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l-insecurite-met-un-bemol-a-la-diplomatie Les actions diplomatiques de Ouattara n'apaisent pas les Ivoiriens. Ph d'archives
Revue de presse

Amis de linfodrome.com, soyez les bienvenus à notre rubrique ‘’la revue de presse’’. Aujourd’hui mercredi 20 mars 2013, nous aurons comme sujets d’actualité : l’arrivée du Roi Mohamed VI en Côte d’Ivoire et l’insécurité galopante avec les attaques à l’ouest et contre des personnes ciblées.

Visite de Mohamed VI en Côte d’Ivoire

« Le Roi est là ! ». Ce titre grandement écrit en rouge vif à la Une de Le Patriote indique que le souverain du Maroc est bel et bien en Côte d’Ivoire. Mais surtout, exprime la joie du journal proche du pouvoir qui a pris le soin de décrire l’accueil qui été fait à Mohamed VI par les populations ivoiriennes, depuis l’aéroport jusqu’au palais présidentiel, au Plateau. Au cours de la séance de travail entre les deux chefs d’État, plusieurs accords de partenariat dans divers domaines ont été signés. La signature de ces accords, écrit Fraternité Matin, sonne le nouvel envol de la coopération ivoiro-marocaine, car le Président Ouattara et le Roi Mohamed VI entendent redynamiser les relations déjà exemplaires entre la Côte d’Ivoire et le Maroc. En effet, l’hôte de Ouattara a déclaré que « il nous appartient de préserver et d’entretenir les liens indissolubles afin de magnifier la fraternité ivoiro-marocaine… ». Mais à son arrivée à l’aéroport Félix Houphouët d’Abidjan, L’intelligent d’Abidjan rapporte que Mohamed VI a « humilié l’ambassadeur Georges Ouégnin ». Il relate que le Roi qui donnait de chaudes poignées de main aux officiels ivoiriens a tendu la main à Ouégnin qui a voulu la baiser. Mais surprise, le Roi a retiré sa main, tout en susurrant quelques paroles au diplomate ivoirien, certainement pour lui dire que ce n’était pas nécessaire ».

Attaques à l’ouest

A l’ouest de la Côte d’Ivoire, c’est une tragédie que vit la population autochtone Wê, selon Le Temps. Il donne « la vérité » sur cette tragédie. A l’en croire, c’est « plus de 30.000 morts depuis 2002 » qui ont été enregistrés. Il tient l’information de Zahon O. Armand, président de l’Association pour le développement des Wê (ADEWÊ), basée en France. Ce dernier a révélé que depuis la signature des accords de paix entre Gbagbo et les rebelles, et malgré l’arrivée de Ouattara au pouvoir, rien n’a changé à l’ouest. Au contraire la situation s’est empirée. Pour que justice soit rendue à son peuple, il a annoncé qu’une plainte a été déposée le 29 décembre 2012 contre X, à la CPI. « Dans cette plainte, nous dénoncions le génocide du peuple Wê depuis 2002 et nous demandions que la lumière soit faite sur ce qu’il est convenu désormais d’appeler ‘‘le pogrom du peuple Wê’’ ». Notre Voie en rajoute en affichant à la Une : « Génocide, pillage des ressources, expropriation des autochtones, ils ont détruit l’ouest ». Par ils, le quotidien indexe le pouvoir Ouattara qui « aura bâti son pouvoir sur le sang des Wê » depuis la naissance de la rébellion, en 2002. En effet, il relate qu’à cette date, lorsque que les « rebelles de Ouattara » sont arrivés dans cette partie du pays, ils se sont attaqués aux populations dans les villages et campements, ils ont massacré tous ceux qu’ils ont trouvés sur leur passage. Ce massacre continue aujourd’hui encore, à l’image de l’attaque du camp de réfugiés de Nahibly qui a fait plusieurs morts, en avril 2012. Révoltés par cette situation, des jeunes réunis au sein du Mouvement Ivoirien des Wê pour le Retour à l’Ouest (MIWRO) ont attaqué le village de Zilebly, la semaine dernière. Ils voulaient ainsi demander le départ de ceux qui ont accaparé leurs terres. L’inter annonce que « le commando mystérieux de l’ouest veut frapper à nouveau ». Effectivement, dans une déclaration signée du chef de ce commando, le ‘‘général’’ Guei Flavien, et adressée au pouvoir, il est dit : « Nous nous apprêtons à revenir, mais plus violemment et encore plus efficacement et dans un rayon plus large… Seules vos réactions justes, urgentes et sincèrement apaisantes envers nos parents de tout l’ouest pourront nous calmer… Ne vous méprenez surtout pas sur nos capacités et sur notre détermination à remplir notre mission ».

Attaques ciblées contre des autorités

Après l’assassinat manqué des directeurs généraux de l’école de Police et de l’ENS, il y a quelques jours, c’est l’épouse du Dg de la Sicta qui a été visée par les malfaiteurs, dans la nuit du lundi dernier. Malheureusement, elle a été tuée d’un tir à bout portant par des gangsters qui lui ont arraché son véhicule devant son salon de coiffure, à Angré, rapportent Nord-Sud Quotidien et bien d’autres journaux. Cette recrudescence de l’insécurité fait dire à Le Nouveau Courrier que « les escadrons de la mort refont surface ». Il note que le mode opératoire des agresseurs ressemble à celui du « commando invisible » dirigé par feu IB. Une situation, ajoutée au problème de l’ouest qui, à en croire Soir Info, met le Président de la République dans l’embarras. « Ouattara pris entre plusieurs feux », barre t-il à la Une. Principalement, il en dénombre trois : d’abord, les rapports des organisations internationales qui accusent son pouvoir de tortures contre des populations et personnes ciblées. Puis les attaques à l’ouest qui montrent que la sécurisation ne doit pas se faire qu’Abidjan où sont concentrées les unités de lutte contre l’insécurité et le racket : CCDO, Police Militaire, GSPR et autres. Enfin, les critiques contre son régime à l’image de celle de Jean Luc Mélenchon qui a affirmé que « la Côte d’Ivoire souffre de trop de méfaits et d’injustice » et a même appelé « à reconsidérer l’aide au développement de ce pays… »

César DJEDJE MEL
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