Quatre sujets au menu de notre revue de presse de ce mercredi 13 mars 2013 : la colère de Ouattara, l’agression contre le DG de la police, le dossier ivoirien à la CPI et la création du CCDO. Bienvenue donc sur linfodrome.com et bonne lecture !
Le président Ouattara pas content avec des ministres
Hier mardi, le gouvernement ivoirien a eu son premier séminaire de l’année. Le chef de l’État a fixé à ses ministres les défis pour 2013. « Nous devons imprimer un nouvel élan quantitatif et qualitatif à la vie politique, sociale et économique de notre pays. Face aux nombreuses attentes de nos populations, nous devons relever les défis dont certains d’urgence », a dit le Président Ouattara. Ces défis sont l’assainissement du cadrage macro-économique, la gestion rigoureuse des ressources, la restauration effective de la paix, la création de l’harmonie avec la justice, le renforcement du dialogue sociopolitique, le retour des exilés, fait savoir Fraternité Matin. C’est à cette occasion que, selon plusieurs quotidiens, Ouattara s’est « fâché » avec des ministres qu’il a apostrophés à propos des coupures d’eau et d’électricité. Le chef de l’État a livré que « à plusieurs occasions, j’ai interpellé certains ministres. Le ministre de l’énergie, Adama Toungara, par rapport aux coupures d’électricité, le ministre chargé des infrastructures, Patrick Achi, pour les problèmes d’eau à Yopougon et ailleurs. Dès lors, il importe que chaque membre du gouvernement redouble d’effort et d’imagination, comme le fait le ministre d’État, ministre de l’Intérieur », lit-on dans Le Nouveau Réveil. Pour Notre Voie, « la Côte d’Ivoire sous Ouattara, ça ne va pas », écrit-il en titre à la Une. Sur deux pages, il a relevé des points obscurs de la gestion du chef de l’État (l’assassinat des libertés, la réconciliation au point mort, la remise en cause des acquis, la mainmise sur la CEI, la ruse avec la communauté internationale), au point où « son partisan zélé» Alpha Blondy a affirmé que ce « qui arrive à l’horizon est dangereux ».
Attaque contre le DG de la police
A en croire, Le Patriote, la vie du contrôleur général Yao Brou Alain, Directeur Général de la Police nationale n’est pas en danger. L’officier supérieur de la Police avait eu sa voiture mitraillée, dans la nuit du lundi par des individus, et a lui-même pris quelques balles, dans le cou notamment. Selon le quotidien, ces individus entendaient lui arracher son véhicule. Nord-Sud Quotidien révèle que pour cet attentat, quatre suspects sont recherchés par la Police. Ils feraient partie des 63 officiers et 11 commissaires radiés de ladite école en septembre 2012. Mais L’Expression qui livre « les dessous » de cette affaire parle d’un règlement de compte. Selon lui, les faits qui entourent cette attaque permettent d’écarter la thèse d’un braquage. Étant donné que ni le véhicule, ni les biens du D.G ont été emportés par les agresseurs qui, après leur forfait, se sont évaporés dans la nature. Lui aussi a orienté son regard vers les élèves policiers radiés l’année dernière.
La création du CCDO
Dans la journée d’avant-hier, lundi 11 mars 2013, le Président Alassane Ouattara inaugurait le Centre de Coordination des décisions opérationnelles (CCDO). Dans la soirée de ce lundi, le DG de la Police se faisait tirer dessus. Pour L’Intelligent d’Abidjan, cette attaque met déjà au défi le CCDO. Défis qui seront difficiles à relever, à en croire L’inter qui dit que cette unité connaît déjà des difficultés. Ce sont autres, les difficultés d’hébergement et de nourriture des éléments ; du manque d’armements pour une bonne partie des soldats et aussi un déficit de moyens de communication. Ce qui inquiète les soldats, vu qu’ils doivent rentrer en opération dès maintenant, sans que ces problèmes soient résolus. Quant à Le Nouveau Courrier, il signale qu’avec la création du CCDO, « Ouattara remet le couvert du rattrapage ethnique » car ses nominations, en tant que chef suprême des armées font majoritairement la promotion des ressortissants du nord. Il en veut pour preuve la désignation du commissaire Youssouf Kouyaté à la tête du CCDO et de l’ex-rebelle, Issiaka Watara dit Wattao, comme son second.
Poursuites à la CPI
Après l’abandon des charges contre le Kenyan Francis Muthaura par la Cour Pénale Internationale (CPI), Soir Info écrit qu’il y a « des espoirs pour Laurent Gbagbo ». Relativement aux raisons évoquées par le procureur Fatou Bensouda, à savoir qu’elle ne dispose pas « de preuves de poids » pour poursuivre Muthaura, les partisans de Gbagbo croient à l’abandon des charges contre leur mentor. Mais en attendant le verdict de l’audience de confirmation de charges, Me Altit, l’avocat de Gbagbo, a donné quatre possibilités qui s’offrent à la Cour. « La première est que les juges estiment que les éléments étayant les accusations du procureur ne sont pas convaincants. Deuxièmement, les juges peuvent confirmer seulement certaines charges et en infirmer d’autres. Ils peuvent également confirmer l’intégralité des charges. Enfin, les juges peuvent demander au procureur des précisions ou un complément d’enquête », a-t-il égrené. Dans ces propos de Me Altit que les journaux ont tiré d’une interview réalisée par Lepoint.fr, l’avocat croit que « le dossier Gbagbo est important car c’est l’avenir de la Côte d’Ivoire qui est en jeu », rapporte Le Temps. Et pour la lumière sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire, Le Quotidien d’Abidjan informe que nous allons « vers la création d’un tribunal spécial pour juger les ex-rebelles ». C’est le message qu’aurait transmis Hélène Legal, la Conseillère Afrique de Hollande, à Ouattara, récemment lors de son séjour à Abidjan. Cette décision aurait été prise par le Conseil de sécurité de l’ONU en accord avec la CPI. Mais le chef de l'État aurait répondu à Legal que cette décision contribuerait moins à consolider le processus de paix.