Heureux de vous retrouver pour ce numéro de la revue de presse de linfodrome.com. Fidèles lecteurs, ce mardi 12 mars 2013, nous parlerons d’insécurité et de sécurité, des relations difficiles inter-ivoiriennes et des difficultés de la CPI.
Relations difficiles inter-ivoiriennes
L’inter revient sur la guéguerre Soro-Hamed Bakayoko pour en révéler les secrets. Si les deux hommes ne s’entendent pas vraiment, c’est parce que le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko (Hambak) reproche à Soro Guillaume « sa propension à vouloir s’intégrer dans tous les dossiers qui ne le concernent pas », malgré qu’il ne soit plus au gouvernement. Une attitude « infantilisante » que n’apprécie pas Hambak. Ce qui a aggravé la situation, c’est le fait que lors des attaques répétées contre les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), Soro ait voulu montrer qu’il était incontournable, quand il s’est vu confier la gestion de la crise par le chef de l’État. Dans cette guéguerre, Soro lui en veut à Hambak pour le fait que, lors des incidents des feux d’artifices du 1er janvier 2013, les enquêteurs aient indexé un chantier comme l’une des causes du drame. Un chantier qui appartiendrait à Soro. De quoi lui faire croire que son rival a orienté les enquêtes contre lui. Cette ambiance délétère règne aussi au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Au delà du manque de consensus autour des têtes de liste pour les élections locales, Le Nouveau Réveil affirme que l’état d’esprit qui règne n’est pas sain. « On prépare les futures élections comme si on préparait la guerre », écrit-il. Au point de se demander : « va-t-on donner raison à ceux qui ont prédit que la mort du RHDP après Gbagbo » ? Ce malaise est encore plus vif au regard de la naturalisation des apatrides. Notre Voie indique que Ouattara se sert de Bédié pour brader la nationalité. Ce qui ne plaît pas aux militants du PDCI qui disent que c’est « une initiative à visée électoraliste dans la perspective de 2015 ». Ils grognent surtout contre le fait que le gouvernement s’appuie sur un décret de Bédié de 1996, apparemment inapproprié, pour naturaliser des milliers de personnes. Ils dénoncent « une politique malveillante de repeuplement de la côte d’Ivoire sur des bases floues ».
Insécurité et sécurisation du pays
Le directeur général de l’école de police est entre la vie et la mort, renseigne Nord-Sud Quotidien. Le général Yao Brou a été victime d’une fusillade, à Cocody, au moment où il regagnait sa maison, après le travail. Son véhicule a essuyé plusieurs tirs dont il a été atteint, notamment au cou. Il s’agirait d’une embuscade tendue par des élèves renvoyés de l’école de police, en septembre dernier. A Bouaké, à en croire Soir Info, des ex-combattants démobilisés se sont révoltés. Ils ont marché sur plusieurs kilomètres avant de réclamer au chef de l’État, la somme de 40 millions chacun. Ils se plaignent de la politique de l’Autorité pour le désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion (ADDR). S’ils ne sont pas entendus, ils ont averti qu’ils ont « un plan B » qu’ils n’hésiteraient pas à mettre à exécution. C’est dans cette grisaille que, hier, le chef de l’État a sorti « le grand jeu », en révolutionnant la sécurité, informe Le Patriote. Il a procédé à l’inauguration du Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles (CDDO) et à la remise d’une cinquantaine de véhicules de troupes de type ACMAT à cette unité. Ce centre est doté d’une vingtaine d’écrans permettant de surveiller plusieurs grandes artères de la ville d’Abidjan. « Maintenant, grâce à ce centre, nous pourrons faire une surveillance rapprochée de tous les déplacements ici dans le district », a dit le président Ouattara. Et d’ajouter : « je veux préciser qu’il s’agit bien sûr d’une opération d’urgence, ponctuelle. Ce n’est pas la mise en place d’un CECOS-bis… ». Fraternité Matin renseigne que le CDDO est composé de 750 soldats provenant de la police, la gendarmerie et des FRCI. Ils ont pour mission de traquer le grand banditisme et le racket.
La CPI dans les difficultés
La Cour Pénale Internationale (CPI) est au bord de l’implosion, après le scandale des fausses preuves contre Gbagbo, titre Le Quotidien d’Abidjan. La procureure Fatou Bensouda serait vers la sortie. Il lui a été collé un adjoint qui aura pour mission de la seconder sur le terrain des enquêtes. Il s’agit du Canadien James Stewart. La greffière en chef de la CPI, Silvana Arbia, va elle aussi quitter ses fonctions dans quelques semaines. Tout ceci résulte des vidéos prises au Kenya et présenter par l’accusation comme provenant de la Côte d’Ivoire, lors de l’audience de confirmation de charges contre Laurent Gbagbo. La cour connaît un véritable malaise, dit Le Nouveau Courrier. Car Fatou Bensouda a dû abandonner des poursuites contre le Kenyan Francis Muthaura, co-accusé du Président kenyan Uhuru Kenyatta, parce qu’elle ne dispose pas de preuves contre lui pour pouvoir espérer sa condamnation. Cette décision de la procureure Bensouda, L’Intelligent d’Abidjan l’appelle « un coup de théâtre ». S’il salue le courage et l’honnêteté de Bensouda, il relève que cette décision peut être vue comme la preuve de ce que le procureur a pu souvent travailler à la légère et ne s’entoure pas toujours de toute les garanties.