Côte d’Ivoire-Nigéria, crise sociopolitique

Ouattara dans la mêlée, Goodluck en sauveur

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Revue de presse

Merci de nous retrouver amis de linfodrome.com pour notre revue de presse. Ce lundi 4 mars 2013, nous aurons comme sujets, les activités de Ouattara, la visite d’État du Président Goodluck et l’audience de Gbagbo à la CPI

Les activités de Ouattara

Le président Alassane Ouattara est au centre de l’actualité aujourd’hui. Principalement, ce matin même, il se rend à Gagnoa « chez Gbagbo », écrit Le Nouveau Réveil. Il y va pour inaugurer l’hôpital général de la commune. Cette décision du chef de l’État de se rendre dans la ville natale de son prédécesseur est jugée courageuse par le journal, parce qu’elle intervient au moment où a lieu le procès de Laurent Gbagbo. Certainement qu’il adressera à la population un message d’apaisement, pense t-il, tout en se demandant l’accueil que celle-ci réservera à son hôte. Par ailleurs, concernant l’attaque du camp de déplacés de Nahibly, L’inter affirme que « deux chefs de guerre sont dans le viseur de Ouattara ». Ils sont accusés d’être les responsables de cette attaque qui a fait plusieurs morts et des disparus. Mais ayant flairé leur arrestation, ces soldats ont fui, apprend-on. Ce qui « embête » le Président Ouattara d’autant que les organisations internationales de droits de l’homme et l’ONU réclament une enquête internationale, ajoute le quotidien. Le chef de l’État est aussi accusé de népotisme et de mauvaise gouvernance par Notre Voie. Le quotidien titre à la Une que « Ouattara donne de gros marchés à son beau frère ». Il s’agit du projet de réhabilitation du palais présidentiel qu’il a octroyé « exclusivement » à Philippe Nouvian, le frère de son épouse. Cette information est révélée par la Lettre du Continent du 6 février. Ce beau frère aurait reçu la réhabilitation de l’Assemblée nationale dans les mêmes conditions. Alors que le président de cette institution avait désigné un opérateur pour le travail, un ordre venu du palais présidentiel a demandé de passer le projet à Nouvian.

Visite d’État de Goodluck

Le Président nigérian Goodluck Jonathan était en visite d’État en Côte d’Ivoire depuis le vendredi dernier. Le samedi 2 février, il était devant l’Assemblée nationale. Face aux députés, Nord-Sud Quotidien rapporte qu’il a expliqué son soutien à Ouattara pendant la crise post-électorale. « Pour moi et mon pays le Nigeria, notre soutien pour votre lutte était basé sur des principes et l’aspiration commune pour la liberté, l’équité et la justice. Nous avons décidé de rester avec le peuple de Côte d’Ivoire pour que les résultats des urnes soient respectés. Notre ultime objectif était de travailler avec les personnes de même esprit à travers les pays et les peuples ». Il a aussi dit aux parlementaires qu’ils ne doivent pas trahir la confiance de leur peuple et que « personne ou un groupe d’individus ne puisse changer la Constitution sans le soutien du peuple ». A cette tribune, le Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Soro Guillaume, a fait des révélations sur Goodluck concernant le contentieux électoral ivoirien. Selon lui, lorsqu’il a rencontré le président nigérian pour lui expliquer la situation, sous la demande de Ouattara bloqué au Golf, celui-ci a dit : « Monsieur Soro, je sais qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire. Vous n’avez pas à prêcher à un inconnu… Le problème en Afrique est que certains chefs d’État se prennent pour des rois. Ils veulent être présidents de la République à vie… Je n’accepterai pas la forfaiture qui a cours chez vous. Pour moi Alassane Ouattara est le Président démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire. Cela est non négociable. Avec la CEDEAO, nous rétablirons la vérité des urnes ». Un témoignage qui a fait dire à Notre Voie que Goodluck s’est impliqué personnellement dans « le renversement » de Laurent Gbagbo. Lors de son séjour en terre ivoirienne, le président nigérian et son homologue Alassane Ouattara ont fait un « deal », rapporte L’Expression. En effet, les deux chefs d’État ont signé une convention de grande commission mixte de coopération entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Elle a pour mission le renforcement des relations entre les deux pays.

Audience de Gbagbo

Après l’audience, l’avocat de Gbagbo, Me Gbougnon « explique tout », nous dit Soir Info, à travers une interview que ce dernier lui a accordée. Faisant le bilan de l’audience, il dira : « Nous n’avons jamais eu peur. On a toujours été sereins nonobstant les maigres moyens qui auraient pu présager de ce qu’on serait foudroyé par l’Accusation ». Il croit qu’au bout de leur travail, si le droit rien que le droit est dit, « notre client reviendra en Côte d’Ivoire ». Dans le camp Ouattara, cette audience crée « la panique », fait savoir Le Nouveau Courrier. Des responsables du parti craignent d’être la risée de leurs amis à l’étranger qui auront vu que tous les dossiers contre Gbagbo sont montés de toute pièce par le régime du RDR. Ils ont peur que ces derniers, à l’issue de cette audience prennent leurs distances avec Ouattara. Or le porte-parole du parti de Ouattara, Joël N’guessan croît que Gbagbo ne peut pas s’en sortir. Sa libération « sera du domaine du miracle » a-t-il révélé à Le Patriote. Une situation qui comme le dit si bien Le Temps, met « la juge Silvia de Gurmendi au pied du mur ». Elle qui a maintes fois refusé la liberté conditionnelle à Gbagbo, arguant qu’il pourrait profiter pour « fuir » ou « revenir au pouvoir », serait tenu à le libérer après le « brouillon » produit par l’Accusation qui n’a pas pu démontrer la culpabilité de Gbagbo, et qui a permis à la juge de constater la fausseté des charges contre Gbagbo.

César DJEDJE MEL
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