Situation socio-politique et sécuritaire

L'audience de Gbagbo continue, la violence reprend

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Revue de presse

Chers lecteurs de la revue de presse de linfodrome.com, soyez les bienvenus. Ce samedi 2 mars 2013, nous aurons encore du Laurent Gbagbo. En outre, nous parlerons des affaires au sommet de l’Etat et de la situation sécuritaire. Bonne lecture à tous !

Affaire Gbagbo à la CPI

Même après la fin de l’audience, l’affaire Laurent Gbagbo fait couler de l’encre. A propos de la déclaration de l’ex-président ivoirien, Le Quotidien d’Abidjan révèle que Gbagbo n’a pas lu le discours que lui et ses avocats avaient préparé. Il lui a simplement été demandé de ne pas le lire car ce discours avait trait au bombardement de sa résidence et sa capture par les forces françaises, l’implication très active de la France, l’ONU et des Etats-Unis, et enfin les résultats de l’élection présidentielle. Ces questions, à en croire ses sources, qui ont été soulevées au cours du huis clos partiel du quatrième jour de l’audience, constituaient une menace pour ces puissances. Cependant L’Expression dit que dans ce que Gbagbo a déclaré, il s’est piégé lui-même et a avoué ses crimes. Quand il affirme que « c’est celui qui n’a pas gagné les élections qui a semé les troubles », il parle de lui-même parce que « celui qui n’a pas gagné les élections, c’est bel et bien Laurent Gbagbo », écrit-il. C’est pourquoi Le Patriote titre que « Gbagbo restera à La Haye ». Selon lui, le procès aura lieu parce qu’aucune juridiction au monde ne peut faire fi d’un drame qui a fait 3000 morts par la faute d’un seul homme. Il estime que l’histoire voudra comprendre pourquoi et comment un homme qui se croyait dépositaire d’un peuple a écrit, dans le sang de ce peuple, une tragédie sans précédent. Ce procès, du côté de la France, on n’en rêve pas, à en croire l’analyse d’un journal français que Notre Voie reprise. Selon cet hebdomadaire qui n’est autre que Le Point, « le procès de Gbagbo sera aussi celui de la France ». Ce journal de droite qui serait mieux renseigné sur les pratiques de Sarkozy a émis l’inquiétude que « si Laurent Gbagbo venait à être poursuivi, son procès dépassera largement ses seuls crimes. C’est l’implication (militaire) de la France dans un conflit (électoral ?) qui sera passée au peigne fin ».

Bruit au sommet de l’État

L’inter annonce à la Une que le « puissant conseiller blanc de Ouattara s’en va ». Oui Philippe Serey Eiffel a rendu sa démission et partira du palais présidentiel le 8 mars 2013. C’est une information de source ‘‘Les Afriques’’ et confirmée par la présidence. Ce monsieur dont on dit qu’« aucun dossier intéressant les finances ne peut arriver à Alassane Ouattara sans passer par lui » serait contraint à partir, soit à cause de ses détracteurs qui le voient comme un empêcheur de tourner en rond, soit qu’il victime de la guerre larvée entre l’ancien vice-président de l’Institut pour l’Afrique et lui. Le Premier ministre Duncan serait aussi sur le départ, d’après Le Mandat. Même le Président Ouattara n’a pas échappé aux récriminations. Le quotidien d’Abidjan rapporte que le journal sénégalais ‘‘Libération’’ a fait savoir que l’ex-président du Sénégal, Abdoulaye Wade a « engueulé Ouattara copieusement au téléphone ». Il reprochait à son ami de trop laisser faire Macky Sall qui a décidé de passer outre la décision de la cour de justice de la CEDEAO, dont Ouattara est le président en exercice, jugeant illégale la mesure d’interdiction de sortie du territoire sénégalais à l’endroit des dignitaires de l’ancien régime. Et quand le président ivoirien lui répond qu’il ne veut pas s’immiscer dans les affaires intérieures du Sénégal, Wade lui rappelle : « c’est tout ce que tu trouves à me dire ? Aurais-tu oublié tout ce que j’ai fait pour toi, les risques que j’ai pris ?...».

Situation sécuritaire

« C’était chaud, hier à Korhogo ! La préfecture assiégée », titre Soir Info. C’est que des ex-combattants démobilisés ont manifesté durant de longues heures devant la préfecture pour exprimer au locataire leur exaspération. Ils se plaignaient de n’avoir pas été pris en compte dans le recrutement prévu dans les corps de la Douane, Gardes pénitentiaires et Eaux et forêts. Hormis cela, les démobilisés ont dénoncé un détournement d’argent qui leur était destiné. Au cours de la rencontre d’explications, Kouakou Fofié, chef du 4ème bataillon d’infanterie militaire a révélé que certains de ces démobilisés « menacent d’attaquer certains sites et envisagent l’élimination physique de personnalités dont lui-même ». C’est pourquoi, a-t-il averti : « Chacun est libre de manifester. Mais, si cela doit mettre en cause la dureté de l’État, je suis militaire, d’autres sont des gendarmes, nous allons prendre nos responsabilités ». A Dabou, au sud du pays, il y a eu par contre des échanges de tirs, et même mort d’homme. Selon Nord-Sud Quotidien, le corridor a été attaqué par des hommes en armes, hier matin. L’attaqué a été déjouée par les soldats ivoiriens qui étaient informés du coup depuis la veille, apprend-on. Il n’y a eu aucun blessé ni aucune arrestation. Les assaillants ayant disparu dans la nature. Par contre, c’est le chef du village de Petit Badjen, localité située à quelques kilomètres de Dabou, qui a été tué, criblé de balles par des hommes encagoulés. On ignore si cela a un lien avec l’attaque manqué du corridor.

César DJEDJE MEL
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