Audience à la CPI, CEDEAO

Gbagbo, le suspense continue, Ouattara en vainqueur

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Revue de presse

Bienvenue sur linfodrome.com, votre portail d’information préféré pour suivre la revue de presse. Dans notre numéro de ce vendredi 1er mars 2013, nous parlerons de l’audience de Gbagbo à la CPI et de la réélection de Ouattara à la présidence de la CEDEAO. Bonne lecture à tous !

Audience de Gbagbo à la CPI

Le rideau est tombé, hier jeudi, sur l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo avec la déclaration de l’ex-président ivoirien. Trois tendances dans la presse écrite pour en parler.

D’abord les journaux neutres.

A la Une, L’inter écrit que « Gbagbo relance le débat de la présidentielle de 2010 » quand il affirme que « c’est le perdant qui a semé les troubles ». En effet, Laurent Gbagbo, qui s’est dit choquer que la procureure de la CPI ait indiqué que « nous ne sommes pas là pour savoir qui a les élections ou qui ne les a pas gagnées ». Car selon lui, on ne peut pas débattre de la crise post-électorale et ne pas savoir comment les élections se sont passées ! C’est pourquoi demandera t-il : « Qui a gagné les élections. Parce que c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé des troubles. Je crois que c’est cela la logique. Donc la question est là. Qui a gagné les élections ? ». Après la part de vérité de Gbagbo, Soir Info rapporte qu’il y a eu « une manifestation de joie dans son village natal. Car hier, tous les villageois sont restés dans ce bourg pour suivre l’audience, surtout le passage Gbagbo. Et quand ce dernier a achevé son propos, c’était des cris de joie accompagnés d’un tonnerre d’applaudissements dans tout le village. « Stop ou encore ? », titre L’Intelligent d’Abidjan. Il se demande quel sera le verdict de la chambre dans 60 jours. Le stop interviendrait si les juges ne confirment pas les charges. Ce qui équivaut à une libération de Gbagbo, sous réserve d’un appel de l’accusation et du procureur. Par contre, si les charges sont confirmées, c’est la continuité en prison pour Gbagbo suivi éventuellement d’un procès, même si ses avocats peuvent faire appel.

Les journaux proches de Gbagbo

Tout comme L’inter, Notre Voie écrit : « Gbagbo interroge la CPI : qui a gagné les élections ? ». Je vous épargnerai une répétition de ce qui a été dit plus haut. Seulement, le journal ajoute que Gbagbo le démocrate se dévoile au monde, en ce qu’il a dit : « je demande aux Ivoiriens et aux Africains qui me soutiennent et qui organisent ici des manifestations ou qui sont dans leur pays, que le salut de nos États passent par le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent. C’est parce que j’ai respecté la Constitution que je suis ici ! ». Le Nouveau Courrier en rajoute en titrant: « Gbagbo, martyr de la démocratie et de l’Afrique ». Selon lui, à la surprise générale de tous ceux qui pensaient que l’ex-président ivoirien descendrait dans l’arène pour se défendre pied à pied, il a parlé en politique, en historien, et en un militant de la cause africaine. Il relève qu’avec un ton professoral, Gbagbo a plaidé pour la démocratie en Afrique alors qu’il aurait pu défendre sa peau. C’est au vu de cela que se dégage cette analyse de Le Temps intitulée: « Gbagbo va changer le monde ». Selon lui, les explications du fondateur du FPI sur sa lutte pour la démocratie et ce qu’il a fait pour que Ouattara et Bédié soient candidat à l’élection présidentielle enseignent que le plus habile peut rater sa cible, le plus sage peut faire des bêtises… mais celui qui a foi en Dieu a toujours la victoire. Donc « Laurent Gbagbo reviendra parmi son peuple pour le conduire vers la terre promise ».

Les journaux proches de Ouattara

A en croire Nord-Sud Quotidien, Gbagbo a « fui » ses crimes. Il n’a pas osé revenir sur les chefs d’accusation que lui colle le bureau de la procureure Fatou Bensouda. Il relate que le mis en cause n’a fait aucun commentaire de cela, si ce n’est d’exprimer des regrets nés du refus volontaire ou involontaire de l’Accusation de lui permettre d’apporter « des explications » ou « des éclaircissements » sur certains sujets. Surtout, le quotidien croit qu’il a voulu amoindrir son rôle dans la crise en affirmant avoir « signé un décret, comme cela se fait depuis 1961 en Côte d’Ivoire pour que les FDS submergées soient soutenus par l’armée ». Quant à Le Patriote, il titre : « hier à la clôture de l’audience, le Woody s’écroule ». Selon lui, Laurent Gbagbo, le redoutable contradicteur dont on pensait qu’il allait rabattre le caquet à tous ceux qui l’accusent de crimes, était méconnaissable. Il est apparu résigné, pas sûr de lui, incapable de s’élever contre l’avalanche d’horreur que l’accusation lui a prêtées. Au point de décevoir ses partisans, souligne L’Expression. En effet, ce quotidien soutient que la sortie de Gbagbo n’a pas été appréciée de ses proches, vu que lors de son intervention, il a accusé les FDS, renié Kadet Bertin qui dit-on est son neveu, supplié la juge et n’a eu aucun remord pour les victimes. Qu’à cela ne tienne, selon cette presse, le procès de Gbagbo aura lieu parce qu’il y a des zones d’ombres à éclaircir et Gbagbo n’a pas réussi à faire peser la balance de son côté lors de sa plaidoirie.

Ouattara toujours président de la CEDEAO

Lors du sommet ordinaire de la CEDEAO qui s’est achevé hier à Yamoussoukro, les chefs d’État ont plébiscité le président ivoirien Alassane Ouattara à la tête de l’organisation, pour un nouveau mandat de deux ans. Président sortant, il a été reconduit pour présider aux destinées de la CEDEAO, annonce gaiement Le Patriote. Ce deuxième mandat, le Président Ouattara veut le placer sous le signe de la croissance et du renforcement des institutions avec en priorité le règlement de la crise malienne, nous relate Fraternité Matin. Satisfait de l’aboutissement des objectifs de son premier mandat, il convient de « se tourner à nouveau vers les objectifs économiques et politiques. Comme son nom l’indique, la CEDEAO est d’abord une communauté économique », a dit le président ivoirien. Et d’ajouter que « la CEDEAO s’impliquera beaucoup plus rapidement et directement, en matière de processus électoral, dans les États. Bien sûr l’intégration est une priorité et nous allons nous atteler à faire en sorte que tous les grands dossiers en matière économique, que ce soient le Tarif Extérieur Commun, l’Accord de Partenariat Économique et les autres qui sont contenus dans la feuille de route du président de la Commission puissent avoir notre attention de manière soutenue, pendant ce deuxième mandat ».

César DJEDJE MEL
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