Bonjour chers amis de linfodrome.com. Dans notre revue de presse de ce jeudi 28 février 2013, nous continuerons avec l’audience de Gbagbo. Aussi, nous parlerons aussi du problème malien. Bonne lecture !
Gbagbo à la CPI
L’audience de confirmation de charges contre Laurent Gbagbo était à son septième jour, hier. Selon Le Temps, au cours de sa présentation, Me Altit a démontré « les lacunes de l’accusation ». En effet, l’avocat de Gbagbo a indiqué qu’ « il n’y a rien pour discuter d’une éventuelle responsabilité du président Gbagbo. Le récit du procureur est parcellaire et lacunaire. Le procureur n’a visiblement pas eu le temps d’examiner, d’analyser et d’évaluer les éléments à charge. S’il avait réellement enquêté, il n’aurait pas transmis à la défense comme preuve à charge des images de violences s’étant déroulées au Kenya ». Me Altit a aussi soutenu que « ce n’est pas Gbagbo qui a refusé le verdict des urnes,…qui a refusé la décision du Conseil Constitutionnel,…refusé les tentatives de médiation ». Dans Notre Voie, Me Fauveau Ivanovic a déclaré que « toute discrimination est étrangère au président Gbagbo. Pour elle, le manque de rigueur du procureur pour démontrer que Gbagbo ait ciblé des victimes sur la base de leur appartenance ethnique, religieuse « aurait justifié que les charges contre lui soient rejetées ». Et s’il y a « des vérités que le RDR refuse d’entendre » à cette audience, ce sont les crimes commis par le camp Ouattara, le soutien de la France et de l’ONU à la rébellion que la Défense a mis à nu. Notre voie en veut pour preuves les injures sur les manchettes des journaux pro-Ouattara. Ce qui montre que « c’est plutôt le pouvoir Ouattara qui supporte mal l’audience », conclut-il. Comme pour accréditer cette affirmation, L’Expression titre : « les avocats de Gbagbo comme à la ‘‘Sorbonne’’ ». Selon lui, à écouter Me Altit et ses collègues, on se croirait « entre midi et deux à la fameuse et abjecte Sorbonne du Plateau en train de s’abreuver des inepties et contre-vérités » qui y étaient distillées. Tant, ils démontrent qu’ils n’ont « jamais fait un travail de terrain pour défendre leur client ». Quant à Le Patriote, il est indigné par le fait que la Défense ait affirmé que « la mort des femmes d’Abobo est une mise en scène ». Il titre donc : « ce terrible mensonge qui va maudire Gbagbo » parce qu’en réalité, aux dires des témoins, ces femmes ont été tuées à l’arme de guerre le 3 mars 2011.
Gbagbo lui parlera ce soir, au dernier jour de l’audience. A en croire L’inter, « Gbagbo joue son destin aujourd’hui ». Un exercice qu’il trouve à la fois avantageux et délicat parce qu’il faudra tourner cette fois la langue avant de parler et surtout éviter de dire des choses qui pourraient contredire la Défense. Mais, il imagine que Gbagbo se servira à fond de ce temps de parole pour sortir des griffes de la CPI. Soir Info imagine surtout « ce que Gbagbo réserve à Ouattara ». Selon lui, la ligne de défense de l’ex-président sera de situer les évènements post-électoraux, qui sont un prolongement de la rébellion de 2002. Dans ce sens, écrit-il, Gbagbo ne devrait pas ménager Soro Guillaume, les ex-rebelles, Alassane Ouattara et la France et l’ONU. Étant convaincu que « c’est un procès politique devant l’histoire » pour lequel il a dit : « nous irons jusqu’au bout ».
CEDEAO et le dossier malien
Les chefs d’État de la Communauté Économique pour le Développement de l’Afrique de L’Ouest (CEDEAO) se réunissent à Yamoussoukro, depuis hier, au 42ème sommet de l’organisation. Au menu, la question malienne et le renouvellement des instances. Au sujet du Mali, le président tchadien Idriss Déby Itno a déclaré que « l’heure n’est plus aux discours et tergiversations, car l’ennemi n’attend pas », a rapporté Fraternité matin. Il a surtout demandé aux soldats maliens d’être au front. Quant à Le Mandat, il relate que le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, est allé dans le même sens pour dire que « la paix et la stabilité sont indispensables pour tirer les dividendes de nos sacrifices et poursuivre l’œuvre de la construction communautaire. Il faut bâtir une politique commune de défense fondée sur la mutualisation de nos ressources et sur l’exacte appréciation de l’évolution et de la mutation des menaces auxquelles nos États sont confrontés ». Le Président Ouattara, apprend-on dans Nord-Sud Quotidien, a aussi défendu son bilan, en sa qualité de président sortant de la CEDEAO. Ce bilan est « positif » titre le quotidien. Car le n°1 ivoirien a reconnu « qu’en dépit de multiples soubresauts, nous avons beaucoup progressé sur les fronts militaires et diplomatiques ». A ce sommet étaient présents 15 chefs d’État dont trois qui ne sont pas de la Communaut, à savoir les présidents tchadien, burundais et mauritanien. Les chefs d’Etat ont souhaité la transformation de la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA) en force de l’ONU, la MONUMA.