Violations de droits de l'homme, audience à la CPI

Espoir pour Gbagbo, Ouattara épinglé

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Revue de presse

Heureux de vous retrouver amis de linfodrome.com. Dans notre revue de presse de ce mercredi 27 février 2013, outre le dossier Gbagbo, nous parlerons du rapport de Amnesty International. Bonne lecture !

Audience de Gbagbo

Pour le 6ème round, l’audience de confirmation de charges contre Laurent Gbagbo s’est appesantie sur la « mort des femmes d’Abobo ». A en croire Soir Info, la Défense a indiqué que « la mort » de ces femmes est « une mise en scène », « une mascarade » pour laquelle un membre du commando invisible a révélé que les femmes ont perçu la somme de cent mille Fcfa pour mimer la scène. Les avocats de Gbagbo ont relevé des contradictions et du flou dans les vidéos et les récits des témoins de l’Accusation. « C’est bien imprécis pour un procès en pénal » et d’accuser qu’il « n’y a pas eu d’effort de réflexion de la part du procureur ». La Défense en déduit que « l’incident, autant qu’il a eu lieu, ne peut être attribué aux forces fidèles à Laurent Gbagbo ».

Cependant, la vidéo de Me Altit, dans laquelle on voit des femmes données pour mort se relever, a fait sursauter le bureau du procureur, dit le quotidien. Il a dénoncé une exploitation « malhonnête de fausses images car, selon lui, la vidéo présentée par la Défense est « fausse » et n’a rien à avoir avec les faits qui se sont produits à Abobo. Le Temps ajoute que « le témoin clé de Bensouda a enfoncé Ouattara ». En effet, il rapporte que le témoin P44 a soutenu qu’à Abobo, tous ceux qui n’étaient pas RDR ont été uniquement pris pour cibles, et que ce sont les FDS qui ont été attaquées. Le témoin P9 a souligné qu’à Abobo, des personnes en civil avaient des RPG7, des kalachnikovs et tuaient en masse. La Défense a présenté la vidéo du massacre dans le quartier d’Anonkoua-kouté, perpétré par des rebelles pour étayer ses dires. Quant à Le Nouveau Courrier, il titre que « toutes les ‘‘preuves’’ contre Gbagbo ont volé en éclat » car la Défense les a toutes détruites.

Mais Nord-Sud Quotidien a trouvé « incroyable » la déclaration des avocats de Gbagbo concernant la « mort » des femmes d’Abobo, Parce que Me Ivanovic a rapporté qu’un membre du commando invisible a expliqué le tournage de la vidéo. « Pendant que certaines femmes faisaient mine de marcher, d’autres étaient couchées. Puis, on a versé du sang de mouton sur elles. Et c’est cela que nos informaticiens ont filmé pour venir faire du montage », aurait-il avoué. Ces confrontations, elles prendront fini demain, avec l’audition de Laurent Gbagbo en personne. L’Expression titre alors que Laurent Gbagbo sera en « meeting », le premier depuis son arrestation. Et nul doute qu’il ne va pas se défendre, mais enverra « des flèches à la France, l’ONU, aux Forces Républicaines de Côte d’Ivoire et aux tenants du pouvoir d’Abidjan ».

Rapport de Amnesty International

« Côte d’Ivoire : la loi des vainqueurs » tel est l’intitulé du dernier rapport de Amnesty International sur la Côte d’Ivoire. Selon L’inter, l’ONG accuse les autorités ivoiriennes de violations de droits de l’homme. Il a relevé dans le document que « près de deux ans après la fin de la crise post-électorale qui a fait près de 3000 morts, la Côte d’Ivoire demeure le théâtre de violations graves de droits de l’homme à l’encontre de partisans avérés ou supposés de l’ancien président Laurent Gbagbo ». L’organisation a nommément cité Koné Zakaria. « Placée sous la direction d’un des commandants, Koné Zakaria, la Police militaire a très vite outrepassé ses pouvoirs en s’octroyant le droit de détenir et d’interroger des militaires, mais aussi des civils, alors même que le texte portant création de cet organe n’accorde pas à celui-ci un pouvoir de détention », dit le rapport, à en croire Notre Voie.

Amnesty a aussi rappelé le massacre des réfugiés du camp de Nahibl, à Duékoué. « Les informations recueillies par Amnesty International montrent que cette attaque a été lancée par des dozos soutenus par des jeunes gens issus d’un quartier à majorité dioula de Duékoué appelé Kokoma, ainsi que par les éléments des FRCI », apprend-on dans le rapport.

Pour L’Expression, l’ONG mène le même combat que le FPI. Car ses chercheurs refusent de voir les évolutions en cours depuis l’arrivée de Ouattara au pouvoir. Quant à Le Patriote, il croit que par son rapport, Amnesty veut influencer l’audience de confirmation de charges contre Laurent Gbagbo. Il souligne la coïncidence de la publication dudit rapport avec l’audience en cours à la CPI. Car « le document n’a d’autre but que d’exhorter les juges de prendre en compte les arguments de la Défense dans l’optique du rejet des charges retenues contre l’ex-président », dit-il. Du côté du gouvernement, on « a pris acte du rapport ». Le ministre de la justice et des droits de l’homme, Coulibaly Mamadou Gnénéma, a indiqué « que nous serons plus à l’aise pour répondre après les vérifications que nous allons faire, lit-on dans Fraternité Matin.

César DJEDJE MEL
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