Crise post-électorale, audience à la CPI

Soutien tous azimuts pour Gbagbo

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Revue de presse

Amis de linfodrome.com, très heureux de vous retrouver pour notre revue de presse. Ce mardi 26 février 2013, l’actualité c’est toujours l’audience de Laurent Gbagbo et les confessions du Président Obiang de la Guinée équatoriale. Bonne lecture !

L’audience de Gbagbo

L’audience de Gbagbo à La Haye était à son cinquième jour hier. A en croire les journaux, la défense a "smaché" l’accusation. « Me Altit démonte les charges de Bensouda », titre L’inter. En effet, Me Naouri du conseil de l’ex-président ivoirien a indiqué que « Gbagbo n’était pas déterminé à rester au pouvoir. Il était déterminé à respecter le verdict des élections. Pourquoi aurait-il ordonné aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) de s’attaquer aux civils alors que le Conseil Constitutionnel venait de le proclamer élu ? » Me Ivanovic a, quant lui, attaqué les preuves du procureur qu’il a qualifiées de « brouillon ». Des propos qui ont provoqué un « clash entre les avocats de Gbagbo et le procureur » titre Soir Info. Selon Me Ivanovic, il est à se demander « si le document transmis le 17 janvier 2013 est réellement un document contenant les charges ou un brouillon, un mémorandum interne sur lequel le procureur devrait encore travailler pour déterminer quel mode de responsabilité » retenir. En réponse, Me Mc Donald a relevé que « il est certain que le document d’accusation n’est pas un brouillon. Le qualifier de tel, je crois qu’il y a des arguments juridiques plus forts qu’on peut utiliser. Mais si on veut descendre dans une bataille de ruelle, je suis désolé. Je pense qu’on perd le temps de la Chambre ». Mais la défense ne s’est pas arrêtée là. L’Intelligent d’Abidjan rapporte qu’elle a demandé que si le président Gbagbo est co-auteur indirect, qui sont les auteurs directs ? »

L’audience vue par les presses opposées

Les journaux d’opposition sont dans la joie. « Me Altit et son équipe ridiculisent le procureur » titre Notre Voie, « la Défense de Gbagbo assomme Bensouda » Le Temps et « les avocats de Gbagbo corrigent l’accusation » Le Nouveau Courrier. Morceaux choisis : les avocats de Gbagbo ont trouvé « flou, imprécis et brumeux » le document du procureur. Ils ont aussi montré que la proposition de Laurent Gbagbo pour le recomptage des voix a été violemment rejetée par Ouattara et ses alliés, qu’ « aucune preuve concrète et solide ne montre que des FDS n’ont attaqué les manifestants savoir été attaquées à l’arme de guerre ».

La presse proche du pouvoir, notamment Le Patriote et L’Expression parlent de « vaine manipulation des avocats de Gbagbo » et même que « les avocats de Gbagbo se ridiculisent ». Le premier cité affirme que la Défense veut refaire l’histoire en insinuant mensongèrement que « les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) humiliaient les populations civiles, que l’Opération des Nations Unies soutenaient la rébellion et que les civils étaient emprisonnés ». Et quand l’avocate de Gbagbo avance que « ce sont les rebelles pro-Ouattara et pro-Soro, habillés en treillis des FDS PRO-Gbagbo, qui ont tué pour imputer leurs crimes aux militaires fidèles à Laurent Gbagbo. Encore si ces prétendus meurtres ou viols avaient existés », L’Expression crie au ridicule. Par ailleurs, le président da la Commission de Réconciliation, Charles Konan Banny a dit que ce qui se passe à La Haye est une honte. « Je suis triste de voir mon pays, la côte d’Ivoire, ridiculisé devant le monde entier… J’ai honte de ce qui arrive à la Côte d’Ivoire, on n’aurait pas dû en arriver là ». Quant à Laurent Dona Fologo, président du RPP, il a dit : « Gbagbo a été suffisamment humilié. Ça suffit comme ça. Qu’on nous le ramène maintenant pour qu’ensemble on puisse ensemble reconstruire la Côte d’Ivoire, parce que sa place est ici. Bédié et Ouattara devraient être reconnaissants envers Gbagbo qui a fait d’eux des candidats à l’élection présidentielle, avec les accords de Prétoria », rapportent L’Inter et Le Nouveau Courrier.

Témoignages du Président Obiang N’guema

« Interview exclusif : pour la 1ère fois, le Président Obiang N’guema témoigne : ‘‘ la France et l’ONU ont attaqué et traqué Gbagbo jusqu’à sa résidence’’ », lit-on à la Une de Le Quotidien d’Abidjan. En effet, dans une interview au magazine Africawatch, le président équato-guinéen, ex-président de l’Union Africaine, a affirmé que, concernant la Côte d’Ivoire et la Libye, « les deux conflits ont échappé à notre contrôle à cause de l’ingérence extérieure dans les deux pays ». Selon lui, il avait convaincu Gbagbo de démissionner après une négociation avec ses adversaires, « mais l’ingérence extérieure n’a pas donné le temps à Gbagbo de démissionner ou de s’engager dans des négociations avec l’autre partie ». Le Président Obiang a accusé « l’ONU et tous les organismes internationaux d’avoir aggravé le conflit ». Et d’ajouter : « Je me suis demandé pourquoi les Nations Unies, une institution de paix fondée pour favoriser la paix dans le monde, a pris partie dans un conflit interne et créé l’escalade à l’aide des troupes qui sont intervenues. Pourquoi n’a-t-elle (l’ONU) dit : ‘‘ Eh bien, nous savons que la France s’est impliquée jusqu’au cou dans ce conflit, elle a utilisé ses troupes et s’est battue pour un camp dans le conflit avant les élections, et beaucoup de personnes sont mortes. En tant que tel, la France n’est plus un arbitre impartial en Côte d’Ivoire’’ ». Au sujet de la capture de Gbagbo, il dira : « Contrairement à la Tunisie et l’Egypte, ce n’était pas le peuple de Côte d’Ivoire qui a enlevé Gbagbo du pouvoir. Ce sont les Français et les troupes de l’ONU qui l’ont fait. Ce n’est même pas l’armée ivoirienne qui l’a enlevé ». Cette interview a été reprise par Notre voie également.

César DJEDJE MEL
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