Amis de linfodrome.com, heureux de vous retrouver pour notre revue de presse. Ce vendredi 22 février 2013, nous aurons encore du Laurent Gbagbo au menu et les négociations au sein du RHDP concernant les élections locales. Bonne lecture à tous !
Audience de Laurent Gbagbo
Le 3ème round de l’audience de confirmation de charges contre Laurent Gbagbo a eu lieu hier, à la Cour Pénale Internationale (CPI). Seule l’accusation avait droit à la parole. Et elle en a bien profité à en croire L’inter qui titre : « Marche sur la RTI, tueries d’Abobo, massacres de Yopougon : Bensouda ouvre le feu ». Dans son one man show, l’accusation a voulu prouver que « Gbagbo est l’unique de la politique de violence contre les civils… Gbagbo savait ce qui se passait. Non seulement Gbagbo était informé de tout, mais c’est lui le décideur ». L’accusation a cité les hiérarques de l’armée, Blé Goudé, l’ex-première Dame et bien d’autres personnes comme membres de « la machine anti-Ouattara ». Quant à Soir Info, il relève que « le bureau du procureur se déchaîne contre Gbagbo ». Gilles Dutertre de l’accusation a déclaré que « c’est Gbagbo qui donnait les instructions à l’armée…Gbagbo a dit qu’il ne faut pas perdre Abobo, qu’il faut tenir Abobo. En plus de la Garde Républicaine, Gbagbo contrôlait le CECOS. On verra que le CECOS était présent sur l’incident de la RTI », a-t-il poursuivi. Il a souligné que ni Simone Gbagbo ni Blé Goudé ne peut parler à la télévision ou tenir un meeting « sans informer Gbagbo ». Mais l’ex-chef d’État ivoirien ne sera pas le seul à répondre de ses actes, dit L’Intelligent d’Abidjan. Selon lui, « après Gbagbo, chacun répondra de ses crimes supposés, tôt ou tard ». Vu que l’accusation et la défense se rejettent mutuellement la responsabilité des trois mille morts de la crise, « il est indéniable que pour la manifestation de la vérité d’autres sachants ne puissent échapper à un passage devant la CPI », affirme t-il.
L’audience vue par les journaux proches des partis
Ceux du pouvoir : Parmi ces quotidiens, Le Patriote barre à la Une : « Le sang des sept femmes d’Abobo noie Gbagbo ». Mais invraisemblablement, aucun article relatif à ce titre ne figure pas dans le journal. Quant à L’Expression, il dit que « l’agenda de Simone a trahi Gbagbo ». En effet, le bureau du procureur a lu dans l’agenda de l’ex-première Dame « qu’il faut nettoyer nos forêts et nos champs ». Des propos qui sont pour l’accusation autant d’appels à éliminer les pro-Ouattara. Mais Mme Gbagbo, à en croire Nord-Sud Quotidien, ne suit pas l’audience de son époux. Des sources avancent que dans sa maison de détention, « elle ne suit pas l’audience. Ces derniers temps, elle passe la journée dans le salon du rez-de-chaussée où elle se repose sous les vergers situés dans la cour. Quand elle met la télévision en marche, c’est pour suivre des émissions religieuse, notamment sur la chaîne chrétienne MNTV»
Journaux proches de Gbagbo : Notre Voie note que les accusations de Bensouda sont « farfelues » et sentent « la déformation des faits », que « son récit est imaginaire ». Il affirme que quand le parquet dit que les sept femmes d’Abobo ont été tuées au milieu de 3000 autres femmes par un char, cela ne peut être possible. Qu’un tank qui tire à bout portant sur une telle marée humaine fasse seulement sept morts et que le corps de ces personnes soient trouvés en bon état, il y de quoi faire une autopsie pour déterminer si le tank est responsable de ces faits. Les preuves de l’accusation, selon Le Temps, ont été fabriquées par le Rassemblement des Républicains (RDR). Il se fonde sur une photo d’un homme dans des flammes qu’une responsable du RDR a présenté sur France 24 comme étant un des pro-Ouattara que les partisans de Gbagbo calcinaient. Une information qui a été démentie par l’auteur de ladite photo un Sud-Africain nommé WadjahYatte. En vérité, le supplicié était un mozambicain brulé par des Sud-Africains. Pour Le Temps donc, c’est de cette manière que les preuves de l’accusation ont été montées dans le labo du RDR.
Imbroglio au RHDP
Le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) ont du mal à s’entendre en ce moment en ce qui concerne les élections locales. En négociations pour arrêter des listes communes dans le cadre des régionales et municipales, les partis de la coalition au pouvoir ne sont pas parvenus à cette fin. Le Nouveau Réveil annonce en grande Une : « les négociations PDCI/RDR dans l’impasse : le RHDP finalement en rangs dispersés ». En tout cas ce que fait penser le secrétaire général adjoint du PDCI, Adiko Roland. Dans une interview, il souligné que « si on ne s’entend pas, on ira en rangs dispersés ». Or au RDR, Soir Info rapporte que ça chauffe. « Des centaines de militants RDR assiègent les locaux du parti », hier à la rue Lepic, a-t-il écrit, pour exprimer leur mécontentement. Venus de Divo, une ville de l’intérieur, ils contestent la tête de liste du RDR pour les municipales dans leur commune, « car Bamba Lacina ne connaît pas Divo. Il vient d’arriver des Etats-Unis. Il n’est membre d’aucune instance du parti », ont déploré ces militants. Devant ledit siège, le maire RDR d’Adjamé, Youssouf Sylla, a échappé à un lynchage, informe L’Expression. Il a été pris en partie par des loubards, hier.