Audience à la CPI, conflit foncier

Les Guinéens se mêlent au mal ivoirien

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Revue de presse

Heureux de vous retrouver chers amis de linfodrome.com pour notre revue de presse, ce jeudi 21 février 2013. Au menu, nous poursuivrons avec l’audience de Gbagbo à La Haye et parlerons du conflit ivoiro-guinéen. Bonne lecture !

Audience de Gbagbo

Le deuxième round de l’audience de confirmation de charges contre Laurent Gbagbo a eu lieu hier, à La Haye. Soir Info et L’inter titrent à la Une que « c’était chaud, chaud, hier » entre Altit et Bensouda. Soir info a mis en relief, d’une part, la mise en cause de la stratégie de l’accusation par les avocats de Gbagbo. « C’est une partie risquée que joue le procureur en adhérant à un récit élaboré par d’autres…en se focalisant sur les quatre incidents les plus médiatiques, ceux qui ont des conséquences politiques internationales car ce faisant, il oublie les crimes innombrables qu’ont subies les populations ivoiriennes », a affirmé Me Altit. Et de l’autre, le journal a rapporté les crimes qu’auraient commis « les tueurs de Gbagbo » que Gilles Dutertre de l’accusation a présenté en vidéo. Ces personnes sont essentiellement « des ressortissants burkinabé, maliens et de la CEDEAO en général. Ces personnes enlevées ont eu leurs « corps retrouvés plus tard soient brûlés, soient criblés de balles », a-t-il dit. Du côté de L’inter, l’on relève qu’Altit a dit que « trop occupé à vouloir prouver la responsabilité du président Gbagbo, le procureur n’a visiblement pas eu le temps d’examiner, d’analyser, d’évaluer les éléments à charge. Il n’a même pas regardé les vidéos tournées à l’époque. L’aurait-il fait, il aurait vu les combattants pro-Ouattara lourdement armés se diriger vers la RTI, il aurait vu de combats entre miliciens et forces de l’ordre… ». Ces propos n’ont pas influencé le procureur, dit le quotidien, vu que ce dernier a voulu prouver, des « images insoutenables » à l’appui, que Laurent Gbagbo a planifié la guerre pour se maintenir au pouvoir. Pour L’Intelligent d’Abidjan, l’audience d’hier a réveillé de vieux démons : le concept de l’ivoirité, le problème de la nationalité, le clivage nord-sud, la xénophobie, l’exclusion des ressortissants du nord. Ces expressions ont été abondamment citées par le procureur pour faire comprendre d’où vient le malheur des victimes . Car l’accusation a indiqué que « les évènements de début 2011 trouvent leur origine dans le concept de ‘‘ivoirité’’et dans son application. Ils doivent vus à la lumière de la récente histoire ivoirienne.

Le procès vu par les quotidiens proches des partis

Les pro-Gbagbo : Le Nouveau Courrier magnifie « La grandeur de la Défense » car Me Altit a indiqué que « depuis le déclenchement de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, le procureur n’a cessé de proclamer qu’il poursuivrait tous les auteurs de crimes quel que soit leur camp. Mais ici ne se trouve que Laurent Gbagbo. Pourquoi ? Est-ce parce que les auteurs sont inconnus ? ». Le quotidien s’est réjoui que la défense ait accusé Ocampo mais aussi les forces étrangères. Altit a évoqué « une offensive terrestre préparée en sous main par les forces françaises et de l’ONUCI » dans la guerre contre Gbagbo. Avec tout cela, Le Temps écrit que « Me Altit a démolit les charges de Bensouda ». Cette dernière a quitté l’audience, informe Le Quotidien d’Abidjan, parce que selon lui, elle n’arrive pas à supporter les prestations pointues de la défense.

Les pro-Ouattara : Les journaux proches du pouvoir voient à contrario que le procureur a cloué la défense au pilori. A en croire Le Patriote qui affiche à la Une : « ‘‘L’article 125’’ met Gbagbo K.O ». Il s’agit de la vidéo montrant des personnes que des miliciens pro-Gbagbo faisaient passer par le feu que l’accusation a fait voir à la Cour. Des images qui jeté l’émoi dans le prétoire, avance t-il. Quant à L’Expression, il présente « les preuves qui assomment Gbagbo ». Ce sont des témoignages d’individus, des indices trouvés dans la maison des Gbagbo et des propos tenus par ses proches dès le déclenchement de la crise, que l’accusation a présentés aux juges de la CPI. Le gouvernement, quant à lui, a dit qu’il est « serein parce que chacun sait ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Nous souhaitons que la vérité éclate et que ceux qui ont fauté soient condamnés », a dit son porte-parole Koné Bruno, lit-on dans plusieurs journaux.

Conflit-ivoiro-guinéen

Des soldats guinéens occupent depuis le week-end dernier un village ivoirien, Kpéaba, dans l’ouest du pays. Les raisons de leur présence sont données par Nord-Sud Quotidien. Selon le lieutenant Mohamed Gueu qui commande cette unité, « ici c’est la Guinée. Vous mêmes vous voyez le drapeau guinéen. Avant, il y avait un poste de l’armée guinéenne dans ce village avant d’être par la suite abandonné ». Le quotidien dit que l’État ivoirien a exigé leur retrait. Pour cela, les forces spéciales de l’armée ivoirienne sont mobilisées, nous apprend Soir Info. Elles ont été déployées dans le périmètre de la zone occupée, sous ordre du Président Ouattara, afin de parer à toute éventualité. Cependant, le porte-parole du gouvernement a expliqué au sortir du conseil des ministres d’hier que « les deux parties mettent tout en œuvre pour régler le litige en favorisant le dialogue », relève Fraternité Matin.

César DJEDJE MEL
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