Règlement de la crise ivoirienne

Les pro-Gbagbo bottés en touche

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Revue de presse

Trois sujets au menu de notre revue de presse, ce vendredi 8 février 2013. Il s’agira de la situation des pro-Gbagbo au Ghana, de celle des extradés du Ghana et de l’amnistie générale souhaitée par le camp Gbagbo. Bonne lecture sur linfodrome.com!

Situation des pro-Gbagbo au Ghana

L’Expression informe qu’après les extraditions de Blé Goudé, Abéhi et Jean Yves Dibopieu, c’est « la débandade au Ghana ». En effet, les extraditions de ces proches de Gbagbo divisent leurs camarades exilés. Pour manifester leur mécontentement aux autorités ghanéennes, certains proposent de ne pas répondre à leur invitation pour discussions, quand d’autres pensent qu’ils doivent faire des marches. Cependant, ils craignent de se mettre à dos les autorités du pays hôte. Cette peur, Alain Toussaint, ex-conseiller de Gbagbo l’a révélée. « Aujourd’hui, c’est la peur qui règne. Beaucoup de nos amis sont injoignables par téléphone. Ils se terrent ». Fort des propos de Toussaint, Le Patriote titre : « traqués par les autorités ivoiriennes, ces pro-Gbagbo se cachent », parlant de Assoa Adou, Damana Pickas et Konaté Navigué. Car Alain Toussaint a affirmé : « Mardi, j’étais en ligne avec l’un d’entre eux. La communication était tellement mauvaise que j’ai eu l’impression qu’il se trouvait dans un bunker ». Les extraditions, L’inter dit qu’elles livrent leurs secrets. Selon lui, si les exilés pro-Gbagbo sont traqués, c’est parce que, d’une part, le régime Ouattara dit que « tous ceux qui vont s’en prendre à la Côte d’Ivoire, qui vont s’en prendre à la sûreté de l’État, vont être poursuivis et traqués. Nous avons des pays amis qui nous aideront dans la traque de ces personnes ». Et de l’autre, parce que le Président John Dramani voulant imprimer sa marque à l’administration ghanéenne, par des changements au niveau de l’appareil sécuritaire, a demandé que soient évacués les dossiers pendants et susceptibles de gêner son mandat.

Situation des extradés du Ghana

« Blé Goudé séquestré chez Hamed Bakayoko ? », c’est la question à la Une de Le nouveau Courrier. A en croire ce quotidien, c’est dans la résidence du ministre de l’Intérieur que Charles Blé Goudé serait détenu, depuis son extradition en Côte d’Ivoire. Les raisons de cette supposition, c’est que la Lettre du Continent a dévoilé que le 17 janvier 2013, le ministre a changé tout son personnel de maison. Or c’est à cette même date que Blé Goudé a été arrêté. Coïncidence pour coïncidence, il croit que ce réaménagement n’est pas fortuit. Puisque le ministre lui même avait déclaré que « Blé Goudé est en résidence surveillée. Ce n’est pas évident de d’assurer sa sécurité dans une maison d’arrêt ordinaire ». Quant au Cdt Abehi, il a nié les accusations portées contre lui au sujet de la tuerie des femmes d’Abobo. « Je ne me reconnais pas dans la tuerie des femmes d’Abobo… Je n’ai pas donné d’ordre pour tirer sur les femmes. Il faudrait demander aux généraux Mangou et Kassaraté ce qui s’est passé ce jour-là », lit-on dans Nord-Sud Quotidien. Sur son cas, LG Infos révèle que le camp Agban où exerçait le commandant réserve une surprise au pouvoir. Selon lui, des gendarmes ont éventé des arrestations en vue de gendarmes ayant travaillé avec le Cdt Abéhi. Ces derniers se sont plaints de ce que chaque fois qu’il y a un problème, on les indexe comme complices locaux d’Abéhi. Mais « cette fois-ci, nous n’allons pas nous laisser faire ! », a menacé un officier.

Amnistie générale

L’amnistie générale demandée par le FPI, pour tout ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, n’est pas saluée par tous, notamment le président de Lider, Mamadou Koulibaly, l’ex-chef du parlement ivoirien. Il a dit : « Je ne suis pas pour une amnistie ». Les raisons sont que, selon lui, s’il n’y avait eu des amnisties en 2001 et 2003, le ministres Boga Doudou, le colonel Dagrou Loula et les 60 gendarmes de Bouaké n’aillaient pas être tués. « S’il n’y avait pas eu d’amnistie en 2003 et 2007, nos parent qui ont été tués en 2010 n’allaient pas être tués », a-t-il dit dans Soir Info. L’Intelligent d’Abidjan rejoint le professeur Koulibaly. Il a publié les deux lois d’amnistie prises par Laurent Gbagbo en 2003 et 2007, tout en précisant que ces mesures n’ont pas empêché les 3000 morts de la crise post-électorale. Cependant, il s’interroge si le FPI veut aussi aider à effacer les crimes des pro-Ouattara. Le RDR du Président Ouattara est aussi opposé à la libération des prisonniers pro-Gbagbo. Le porte-parole du parti, Joël N’guessan, affirme que « au RDR, on considère que ceux qui demandent la libération de ces assassins sont inhumains et inconscients », rapporte Le Patriote, qui lui même dans une analyse, explique que si le FPI veut l’amnistie, ce n’est par souci de la réconciliation, mais plutôt pour empêcher la révélation des crimes commis sous son règne.

César DJEDJE MEL
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