Situation socio-économique

Les morts et la hausse du prix du gaz chauffent le pouvoir

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Revue de presse

Nous revoilà amis de linfodrome.com pour la revue de presse de ce vendredi 4 janvier 2013. Au menu, deux principaux sujets : la bousculade meurtrière et l’augmentation du prix du carburant. A cela, nous ajouterons les propos de Mel Eg Théodore à l’endroit de Laurent Gbagbo.

Bousculade meurtrière au Plateau

La mort des dizaines d’Ivoiriens lors des feux d’artifices du 31décembre 2012 fait couler encore de l’encre. Selon Nord-Sud Quotidien, le rapport de police est disponible. Il a été remis au procureur de la République, Simplice Koffi. A en croire le commissaire Ello de la police criminelle, qui a donné l’information, c’est à partir d’aujourd’hui qu’un médecin légiste va éplucher les informations de ce rapport. C’est sûr qu’après les résultats finaux, des têtes vont tomber, fait savoir L’Expression. Il relève qu’un conseil des ministres extraordinaire se tient aujourd’hui et que Ouattara va prendre de grandes décisions. En tous cas, il l’espère afin que pareil drame ne se reproduise plus. Car les Ivoiriens meurtris attendent que les responsabilités soient situées, écrit-il. Déjà le FPI, dans une déclaration dont tous les journaux ont fait l’écho, a demandé la démission du ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko. Cette tragédie, est-ce « la poisse ou des sacrifices humains », demande Notre Voie. Dans un décompte des personnes mortes dans des accidents depuis la chute de Laurent Gbagbo, le quotidien fait un bilan de 210 tués. Il en déduit que « comme en Afrique, la mort n’est jamais simple », le rythme des drames et le nombre excessif de morts amènent des gens à dire que la Côte d’Ivoire est poisseuse, quand d’autres pensent à des sacrifices humains auxquels s’adonnent certains individus. Mais le zèle du gouvernement autour de ce malheur évoque un sentiment chez Le Nouveau Courrier. Il écrit à la Une : « Du drame de Nahibly au drame du Plateau, quand Ouattara catégorise les Ivoiriens ! ». Selon lui, s’il est bon de voir que le gouvernement est à l’œuvre et exige une enquête dans trois jours pour comprendre ce qui s’est passé, cela n’est pas le cas quand des individus ont attaqué le camp des réfugiés de Nahibly et ont massacré des personnes. Il n’y a jamais eu de deuil national, les enquêtes n’ont pas encore donné de résultats, près de six mois après. Pire, le procureur de la République de Man a fait arrêter les fouilles des puits contenant des charniers.

Hausse du prix du carburant et du gaz

Concernant l’augmentation du carburant, Le Temps relève que le RDR est pris à son propre piège. Lui qui a dénoncé en 2008, sous Gbagbo, la hausse des prix des hydrocarbures. Pire, cette décision frise le mépris voire le cynisme, vu qu’elle arrive pendant que les Ivoiriens pleurent leurs morts, et qu’ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts, avec le lot de chômeurs et de désoeuvrés qui croît. Une mesure qui n’est pas sans conséquences car Soir Info parle de « ce qu’il faut craindre ». En effet, le président de la Coordination nationale des gares routières de Côte d’Ivoire, Touré Adama, a indiqué que c’est de la provocation. Car si le gasoil n’a pas été touché, les prix des plats dans les restaurants ont grimpé. Quant à Farikou Soumahoro de la Fédération nationale des commerçants de Côte d’Ivoire, il a mis en garde le gouvernement. Il rappelé que lors de leur grève sous Gbagbo, « le RDR avait produit un document qui démontrait par A+B, que si Ouattara venait au pouvoir, le carburant coûterait moins cher ». Si cela n’est pas le cas, c’est parce que « Ouattara a cédé sous la pression du FMI » mettant aux oubliettes ses promesses électorales, dit L’inter. C’est l’institution financière qui, en 2012, avait demandé au gouvernement de cesser de subventionner le prix du carburant. Dans cette affaire, ce sont les commerçants, qui « se frottent les mains », eux qui appliquent automatiquement, pour certains, les nouveaux prix, même sur les anciens stocks.

Les confidences de Mel Eg Théodore sur Gbagbo

Répondant à Le Nouveau Réveil, qui titrait à la Une le jeudi 27 décembre 2012, que Mel Eg Théodore a dit : « pourquoi il faut oublier Gbagbo », ce dernier a écrit, dans un droit de réponse, que « ces propos que vous me prêtez, qui sont sans lien avec le contenu de l’interview que je vous ai accordée, sont d’une extrême gravité…Quoi qu’il ait pu advenir du combat que j’ai mené à ses côtés, je ne vais jamais renier mon amitié pour Gbagbo et tous ceux avec qui j’ai partagé, à un moment donné, cet idéal politique. Je n’oublierai jamais Gbagbo ». Dans une interview qu’il a accordée à Le Temps, il est revenu sur la question et a déclaré : « Je n’ai jamais dit cela. C’est une escroquerie intellectuelle monumentale ». Car selon lui, Gbagbo demeure un homme politique de premier plan, qu’on l’aime ou pas. Quel intérêt aurais-je à demander qu’il soit oublié ? On n’oublie pas un homme de sa trempe ». Le président de l’UDCY a aussi voulu que le Président Ouattara et le FPI ait un dialogue direct. Pour cela, il a souhaité la libération d’Affi N’guessan (président statutaire de ce parti) et les siens. A ce niveau, L’inter avance « ce qui se prépare pour Affi, Michel Gbagbo, Bro Grébé... » C’est que l’un des conseils juridiques de ces détenus, Me Gouaméné, a dit que « nous allons introduire de nouvelles demandes de mise en liberté provisoire la semaine prochaine auprès des juges d’instruction chargés des différents dossiers. Et nous espérons cette fois avoir gain de cause pour toutes les requêtes que nous allons déposer ».

César DJEDJE MEL
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