Le transfèrement de Simone Gbagbo, la gestion du pouvoir et la recherche de financement du président Ouattara en France sont les sujets de notre revue de presse de ce jeudi 6 décembre 2012. Fidèles amis de linfodrome.com, bonne lecture
Demande de transfèrement de Simone Gbagbo
La Cour Pénale Ivoirienne (CPI) ne lâche du lest dans le dossier Simone Gbagbo. Les journaux informent qu’une délégation de la haute cour de justice conduite par le chef de la section coopération, Hamadi Ba, était hier à Abidjan. Elle a discuté avec le ministre ivoirien Gnénéma Coulibaly de la justice et des droits de l’homme. Dans Soir Info, ce dernier a indiqué que la mission visait à renouer avec le contact avec les autorités ivoiriennes après le changement de gouvernement, et que concernant le dossier Simone Gbagbo, « très bientôt la position officielle de la Côte d’Ivoire sera connue ». Selon L’Expression, cette visite inattendue des émissaires de Bensouda a des dessous. Un spécialiste du dossier a affirmé que « M. Hamadi Ba qui s’occupe des dossiers de transfèrement des présumés suspects n’est pas venu se promener à Abidjan. Il est là pour mettre la pression sur les autorités ivoiriennes afin qu’elles exécutent le mandat d’arrêt contre Simone Gbagbo ». Pendant ce temps, à Paris, « Ouattara et Bensouda bouclent tout », titre L’inter à la Une. Ses sources informent que les deux personnalités pourraient avoir une rencontre « très secrète » loin des journalistes, dans un lieu encore anonyme, pour plancher sur la question. Mais pour Le Temps, si Ouattara recule devant la CPI, c’est parce qu’il prend très au sérieux les menaces de Soro Guillaume et de ses chefs de guerre. Car ils voient derrière l’exécution du mandat d’arrêt contre Simone Gbagbo, une volonté de la CPI de réclamer ceux du camp du pouvoir soupçonnés de crimes graves. Surtout que le chef de l’État avait affirmé que dans son camp « si certaines personnes ont commis des crimes, ces personnes iront devant le juge ».
Critiques sur la gouvernance de Ouattara
« Violations des droits de l’homme, insécurité… les Etats-Unis allument Ouattara », livre en manchette Le Nouveau Courrier. D’après un article qu’il a pris à Slateafrique, l’ambassadeur américain en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, a affirmé qu’il y a des terrains où Ouattara devrait mettre les bouchées doubles. Ce sont la justice, la sécurité, la réconciliation etc. « La justice c’est la pierre angulaire de la démocratie et du respect des droits de l’homme. Ouattara nous a dit qu’il ferait une application équitable de la justice. Comme bailleurs de fonds, nous lui avons apporté une assistance technique… Si un com-zone réclamé par le TPI n’est pas livré, ça poserait un problème à la communauté internationale », a-t-il décalré. Un ex-député ivoirien, Dosso Valy, est allé dans le même sens pour dire que « nous assistons à une conception sélective de la loi. Un président de la République ne dit pas : j’applique telle loi parce qu’elle m’arrange et comme telle autre ne m’arrange pas, je la mets de côté ». Selon lui, avec Ouattara, c’est le mépris puisque son pouvoir ne réagit pas aux frondes sociales alors que « Gbagbo nous respectait ». Même Venance Konan, le directeur général de Fraternité matin reconnaît que « sous Ouattara, tout n’est pas rose ». C’est ce qu’il a dit dans une interview qu’il a accordé à Le Nouveau Réveil, tout en précisant que « ce n’est pas lui (Ouattara) seul qui travaille. Un homme seul a sa dose d’erreur aussi. C’est toute une équipe ».
Recherche de financement en France
Pour le financement du PND, « Ouattara récolte plus de 4000 milliards de Fcfa », titre L’Expression. Une bonne moisson pour la Côte d’Ivoire, selon lui. Étant donné que le gouvernement ivoirien recherchait 2O17 milliards de Fcfa. Devant cette récolte, le premier ministre Duncan a dit : « je me réjouis de constater que la vision du Président de la République, de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020, est comprise, partagée et soutenue par tous… ». Devant ce succès, Le Patriote barre à la Une que « Ouattara ne dort pas comme Gbagbo ». Dans un article en guise de réponse à ceux qui disent que Ouattara voyage trop, il affirme que c’est parce qu’ils ne savent pas comment se gère un pays moderne. Et comme on sait, dit-il, où les méthodes Gbagbo qui refusait de sortir de son pays, et qui se réveillait au delà de midi, ont conduit la Côte d’Ivoire, Ouattara ne peut pas se payer le luxe de dormir, lui qui a hérité d’un pays en ruine et qui a une grande vision pour lui. Là bas en France, le chef de l’Etat ivoirien a rencontré les ambassadeurs africains à qui il fait savoir que le taux de croissance de l’Afrique est de 5%, mais qu’elle peut faire mieux. Quant à la Côte d’Ivoire, elle est sur la bonne pente avec un taux de croissance « cette année de 8,6%, c’est à dire parmi les 10 pays au taux de croissance les plus élevés dans le monde », rapporte Fraternité Matin. Ouattara est même convaincu que les pro-Gbagbo reconnaissent son travail. Car dans son interview à Europe 1 que L’Intelligent d’Abidjan a relayée, il affirme que « les partisans de l’ancien président comprennent que ce pays est en marche, il faut prendre le train pendant que ça ne roule pas très vite ».