Côte d'Ivoire-Ghana, CPI

Le pouvoir Ouattara change de fusil d'épaule

Publié le Modifié le
le-pouvoir-ouattara-change-de-fusil-depaule Le gouvernement ivoirien ne baisse pas les bras devant ses dossiers à la CPI et au Ghana, concernant surtout Koné Katinan.
Revue de presse

Nous revoilà pour la revue de presse. Ce jeudi 27 septembre 2012, notre numéro se consacrera à l’affaire Ghana-Côte d’Ivoire, aux actions du gouvernement ivoirien et au huis clos de la CPI. Bonne lecture à tous !

Ghana-Côte d’Ivoire

« Attaque du poste frontalier de Noé, voici les preuves qui confondent le Ghana », titre en grande Une L’Expression. Il cite le chef de village de Noé, Nanan Assi Atchan II, qui a déclaré sur BBC que les assaillants ont bénéficié de la complicité des jeunes de son village. Certains d’entre eux ont échappé aux FRCI pour se réfugier au Ghana après l’attaque. Mais avant, ils avaient prévenu leurs familles qui ont quitté le village pour Accra. Fraternité matin nous fait savoir que le gouvernement ivoirien est allé plus loin pour dire que les assaillants sont venus du village ghanéen de Nougoua, situé à 7 kilomètres de Noé. C’est le ministre de l’Intérieur qui l’a déclaré lors du Conseil des ministres, hier. Au sujet de l’affaire Koné Katinan, L’Intelligent d’Abidjan écrit que le « gouvernement d’Abidjan est en colère parce que le Ghana a menti ». En effet dans le communiqué final du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement précise : « Nous lisons beaucoup de choses dans la presse qui sont totalement fausses. La Côte d’Ivoire a transmis tous ses documents en anglais dans le cadre de cette affaire ». A contrario, Le Temps révèle que le pouvoir Ouattara négocie en cachette avec le Ghana depuis la mise en liberté provisoire de Katinan. Car le porte-parole du pouvoir a demandé au Ghana, tout en respectant sa décision, de réduire la mobilité de Katinan et de contrôler sa nocivité à la Côte d’Ivoire. Pour le journal, c’est un appel qui cache des discussions souterraines en vue d’arrondir les angles. Soir Info, qui a joint Katinan, informe que le porte-parole de Laurent Gbagbo a promis une déclaration dans les prochains jours.

Activités du gouvernement, révision de la Constitution

Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara a nommé, hier, des préfets parmi lesquels figureraient des ex-chefs rebelles, à en croire les révélations de Jeune Afrique, affirme Soir Info. Ce sont Koné Messamba, Tuo Fozié et Ousmane Coulibaly alias Ben Laden. Le Quotidien d’Abidjan voit en cela une insulte à l’administration ivoirienne et une récompense à la brutalité et la violence. Aussi, il dénonce cette nomination qui intervient au moment où la CPI réclame ces chefs de guerre. La révision de la Constitution ivoirienne était au menu du Conseil, informent les journaux. Il s’agit d’un projet de loi visant à la ratification par la Côte d’Ivoire du Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale (CPI). « Cette révision est nécessaire en raison de la non-conformité de certaines dispositions du Statut de Rome de la CPI avec la Constitution ivoirienne », a justifié le gouvernement.

Laurent Gbagbo à la CPI, son épouse toujours à Odienné

A travers la volonté de réviser la Constitution, Aujourd’hui écrit que Ouattara déclare la CPI incompétente à juger Gbagbo. Cette décision, pour le quotidien, a un lien avec le huis clos de la CPI qui a lieu deux jours avant. Le pouvoir ivoirien donne raison aux avocats de Gbagbo qui disaient que la Cour n’avait pas la compétence pour juger Gbagbo, vu que la Côte d’Ivoire n’avait pas ratifié le traité de Rome. La loi n’étant pas rétroactive, elle ne s’applique pas aux délits qui avaient été commis avant sa création, explique t-il. Concernant le huis clos, le journal avance que les avocats de Gbagbo ont demandé la relaxe pure et simple de leur client. Une requête face à laquelle le tribunal ne se serait pas montré réfractaire. Elle pense même à une liberté conditionnelle pour Gbagbo en Zambie, ou l’Angola ou l’Ouganda. Mais en croire L’Alternative, l’ex-chef de l’Etat ivoirien a dit : « Ce sera à Mama (son village) ou rien et qu’on me dise enfin qui a gagné les élections ». Le Patriote dit au contraire que « ça sent mauvais pour Gbagbo » car les juges de la CPI lui ont refusé la liberté et attendent de se prononcer sur sa capacité à tenir le procès. Quant à son épouse Simone Ehivet, le quotidien affirme qu’elle est toujours à Odienné, qu’elle n’a pas été transférée à Ouagadougou. C’est l’expert de l’ONU, Doudou Diène qui l’a révélé. « Je suis allé à Odienné. J’ai rencontré Simone Gbagbo. Elle m’a accueilli avec enthousiasme ».

César DJEDJE MEL
Voir ses articles