Si l’inquiétude est toujours présente à la Une de vos quotidiens de ce jour, des voix politiques s’élèvent d’un côté comme de l’autre pour confirmer la gravité des tensions dans le pays, et aussi parfois pour se disculper d’en être les auteurs.
Mais l’arrestation de l’ancien argentier de Laurent Gbagbo fait toujours couler beaucoup d’encre…
Extradition en suspension
Les journaux reviennent en effet aujourd’hui encore sur l’arrestation au Ghana de Koné Katinan. Tout le monde s’accorde à dire, aussi bien du côté des journaux proches du pouvoir que ceux de l’opposition, que rien n’est joué. En effet, L’Expression essaye d’expliquer « Pourquoi ça coince » en expliquant que « le nouveau président ghanéen est sous pression. Il est obligé de trouver des arguments solides pour dégager sa responsabilité dans cette affaire. D’un côté, il subit la pression d’Alassane Ouattara et des puissances internationales qui tiennent à faire payer à Katinan son rôle dans le braquage de la BCEAO et des banques commerciales ivoiriennes pendant la crise post-électorale. De l’autre, le Président Dramani fait face à la pression de son opinion qui a ouvertement pris fait et cause pour les pro-Gbagbo ». Les journaux d’opposition (Aujourd’hui, Notre Voie, Le Temps, Le Nouveau Courrier), eux, se sont tous contentés d’une opinion qu’ils ont repris in-extenso dans leurs colonnes signée par un Docteur en Droit, tentant de démontrer l’impossibilité de l’extradition de l’ancien ministre de Gbagbo. Mais comme le dit Fraternité Matin, « Tous les regards sont tournés vers les autorités ghanéennes (…), la stabilité de la Côte d’Ivoire et de la sous-région en dépend. »
Banny s’inquiète
Les violences et tensions actuelles ont fait réagir le Président de la Commission Dialogue Vérité et réconciliation Charles Konan Banny, qui, dans un entretien accordé à l’Agence France Presse, et relayé par (entre autres) le quotidien Soir Info : « La Nation ivoirienne est en danger (…) Le pays risque une déstructuration sous l’effet de la haine, des violences et de l’intolérance (…) Il n’est pas trop tard. Nous trébuchons, nous n’avons pas encore chuté. » Il a aussi invité les ivoiriens à jouer la carte du dialogue qui est d’abord, selon lui, l’affaire du Président de la République, le « vrai patron ».
Blé Goudé se disculpe
Depuis son exil, Blé Goudé n’en reste pas pour le moins silencieux. Certains quotidiens reprennent la réponse qu’il a adressée au pouvoir en place. Il ne se reconnaît pas dans les accusations portées contre lui et tendant à le présenter comme le commanditaire d’une rébellion qui devrait naître dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Et comme le cite en co-Une Le Nouveau Courrier, « il appelle à prendre de la hauteur », une prise de parole interprétée comme une rétractation par L’expression, car il invite maintenant à « faire la paix ».
L’Inter s’inquiète quant à lui de camps d’entraînements découverts à l’Est de la Côte d’Ivoire, plus précisément dans le camp de Sandégué, dans la région du Gontougo. Dans ces lieux, Yacouba Doumbia dudit quotidien révèle que des personnes se faisant passer pour des dozos enrôlaient pour 6000 F.CFA des jeunes qu'ils entraînaient au maniement des armes à feu et leur administraient des potions mystiques, avec la promesse qu'ils seront invulnérables aux balles.
Pendant ce temps là s’ouvre ce matin à Yamoussoukro les États Généraux de la Presse, qui donne, comme le dit dans sa Une Fraternité Matin, « Les raisons d’espérer un nouveau printemps »…