Des révélations de l’attaque et la dévastation du camp de déplacés de Nahibly. C’est à savoir dans votre revue de presse de ce lundi 23 juillet 2012. Nous parlerons également du procès Laurent Gbagbo, de la situation de son épouse Simone et de la visite de Ouattara en France.
Evénements de Duékoué
Le ministère de la Défense, dans un communiqué repris par Le Nouveau Réveil, explique les dernières tueries à Duékoué. Selon lui, des individus armés de kalachnikovs ont tué cinq personnes dans le quartier malinké avant de se réfugier dans le camp de Nahibly. Malgré la présence des forces onusiennes, de gendarmerie et de police, les populations revanchardes n’ont pu être maîtrisées. Le bilan 6 morts et 13 blessés parmi les déplacés du camp qui lui-même a été entièrement détruit. Le ministère a ajouté que des armes de guerre, des pistolets, des grenades et des munitions de tous genres ont été trouvés sur le site dévasté. Aujourd’hui ne partage pas la version du ministère et écrit que le gouvernement minimise le drame et parle de six morts. Il rappelle que pour six morts à Vavoua le 11 décembre dernier, le chef de l’Etat avait prôné la « tolérance zéro », et pris certaines mesures. Alors que là, le pouvoir tente de réduire le nombre de victimes et donne blanc-seing aux tueurs qu’il veut faire croire qu’ils étaient en légitime défense. Quant à Notre Voie, il soutient la thèse d’un génocide Wê qui est en train de se perpétrer à l’ouest. Selon lui, plus de 200 civils ont été massacrés. « Des déplacés pris dans le camp, ont été convoyés, dans des camions de type Kia. Ils ne sont plus revenus, mais des rescapés soutiennent qu’ils ont été exécutés par les dozos et les FRCI » a soutenu un témoin humanitaire. Un militaire a révélé, ajoute-il : « Plus de 60 jeunes déplacés Wê ont été pris dans le camp de réfugiés, vendredi aux environs de 12, embarqués devant tout le monde dans trois cargos. Pendant ce temps, les dozos, d’autres FRCI et de nombreux jeunes malinké armés de machettes commettaient des atrocités dans le camp ».
ONUCI et gouvernement s’accusent
Tel est le titre de Soir Info, La Nouvelle et L’Inter. En effet, le gouvernement ivoirien dans sa déclaration a indexé les Casques bleus de l’ONUCI comme responsables de la sécurité du camp de déplacés de Nahibly depuis sa création. Le N°2 de l’ONUCI, Arnauld Akodjénou, rétorque que « la responsabilité primaire pour la sécurité du camp en incombait aux autorités ivoiriennes… Elles étaient chargées de la sécurité générale du camp ». Mais pour Le Nouveau Courrier : « FRCI, Ouattara, ONUCI, CPI, pays occidentaux : tous sont responsables des tueries de Duékoué ». Etant donné que tout ce monde a assisté en mars 2011, sans rien faire, le massacre de 800 personnes à Duékoué. Pour lui, donc « alors que la Côte d’Ivoire est censée être sous la surveillance de la justice inter nationale, des hommes civils et militaires, sont allés en plein jour détruire un camp de réfugiés et brûler vifs ceux qu’ils ont pu attraper. Cela signifie qu’ils ont intégré mentalement une sorte d’axiome : La CPI, c’est pour Gbagbo et ses semblables ! La vie des pro-Ouattara a une valeur relative »
Procès de Gbagbo
Le porte-parole de la CPI s’est ouvert à Le Quotidien d’Abidjan à qui il a déclaré que « la libération de Gbagbo dépend de lui », car pour l’instant il est présumé innocent et au cas où les charges contre lui sont rejetées, les juges décideront de là où il pourra jouir de sa liberté. Ce dernier a aussi accordé un entretien à Le Patriote où il affirme que si les charges sont confirmées, « il faut compter plusieurs mois pour qu’un procès commence ». Cependant, Albert Bougi, professeur en droit public, dit dans Le Nouveau Courrier que « les preuves de la CPI contre Gbagbo ne sont pas fiables ». Quant à L’ex-première Dame Simone Gbagbo en prison à Odienné, « elle se porte bien. Elle va très bien même », a affirmé la ministre de la justice, Matto Loma Cissé, qui lui a rendu visite, lit-on dans Nord-Sud Quotidien et L’Intelligent d’Abidjan. L’Expression ajoute que Mme Gbagbo s’est énervée contre le procureur de la République qu’elle accuse d’empêcher ses avocats de la visiter.
Ouattara à Paris
Depuis la France, Le Patriote écrit que le président Ouattara a déclaré que les auteurs des tueries de Duékoué seront punis. Cela est peu, soutient Aujourd’hui qui titre : « Ouattara poursuit ses voyages malgré les massacres à Duékoué. Gbagbo, lui, aurait été aux côtés des victimes ». Par rapport à ce tête-à-tête Hollande-Ouattara, Notre Voie note qu’un document explosif est échu au président français. Il s’agit d’une lettre de protestation écrite par le responsable de Côte d’Ivoire Coalition aux Etats-Unis. Alors que le Nouveau Réveil indique cette rencontre est « pour écrire une nouvelle page de la fascinante aventure franco-ivoirienne ».