Accusés par le pouvoir

Des pro-Gbagbo inculpés pour génocide

Publié le Modifié le
des-pro-gbagbo-inculpes-pour-genocide Dogbo Blé et Me Baï Patrice vont répondre de 13 chefs d'accusation devant la justice ivoirienne
Revue de presse

Soyez les bienvenus sur linfodrome.com pour votre revue de presse. Ce mercredi 4 juillet, quatre informations sont à savoir. Il s’agit de l’audition des pro-Gbagbo, de la demande des parents de Gbagbo au président Ouattara, de la relation de Ouattara avec l’occident et de la visite de Soro en France.

Audition des Pro-Gbagbo

Auditionnés dès le lundi dernier, deux pro-Gbagbo « ont été inculpés pour génocide » hier, selon les journaux proches du pouvoir. Ce sont le général Dogbo Blé Dénis et Me Baï Patrice. D’après L’Expression, 13 chefs d’accusation sont retenus contre eux dont les crimes de sang, atteinte à la sûreté de l’Etat, atteinte à la défense nationale, constitution de bandes armées, rébellion, etc. A la Une, Le Patriote affiche un tableau des crimes : « Charnier de Yopougon, escadron de la mort, assassinat de Guéi, massacre de 2004, enlèvement de Yves Lambelin, tueries post-électorales» auxquels aurait participé le général Dogbo Blé, responsable de la Garde républicaine. Avec pour titre « 10 ans de cruauté au service de Gbagbo, cet homme était de tous les crimes ».

Volonté des parents de Gbagbo

« Mis en cause dans l’opération Esaïe 60, des parents de Gbagbo démentent », apprend L’Intelligent d’Abidjan. Il s’agit de Koudou Jeannette, Bertin Kadet, Laurent Ottro, Docteur Brice Abié. Ces derniers veulent traduire le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko en justice pour « accusations calomnieuses et diffamatoires », les ayant mêlés à l’opération « Esaïe 60 », lors de son passage à la télévision suite à l’arrestation de Lida Kouassi. Dans la déclaration qu’elle a faite son avocat Me Joseph Koffigoh, la famille de l’ex-président ivoirien a dit au chef l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara : « Laissez-nous en paix ! ». En effet, écrit Le Courrier d’Abidjan, la famille a déclaré que « si le gouvernement de Côte d’Ivoire parvenu au pouvoir n’a rien d’autres à proposer aux Ivoiriens que la chasse à l’homme, qu’il laisse la paix aux parents de Laurent Gbagbo notamment à sa mère qui est suffisamment éprouvée par tant de méchancetés ». En outre dans Le Temps, l’avocat interpelle le président Ouattara en sa qualité de président en exercice de la CEDEAO « de respecter les droits des réfugiés et d’arrêter de les harceler en violation des instruments juridiques régionaux et internationaux ». Les journaux pro-Gbgabo appelés journaux « bleus » ont fait l’écho de cette déclaration.

Relation Ouattara avec l’extérieur

Qui des journaux proches de l’opposition et ceux proches du pouvoir aura raison au sujet des rapports entre le président ivoirien avec ses homologues de l’occident. Le Mandat annonce en exclusivité que Ouattara sera reçu vraisemblablement le 25 juillet à Paris par François Hollande pour une séance de travail, sauf changement de calendrier. Quant à l’ambassadeur américain en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, il a déclaré à propos des relations annoncées mauvaises entre Washington et Abidjan : « Je ne sais pas qui a créé cette histoire, mais c’est faux, ce n’est pas correct. Ça été un choc pour moi parce qu’il n’y a pas de divergences entre les deux chefs d’Etat ». C’était hier, après une rencontre avec le président ivoirien, a rapporté L’Intelligent d’Abidjan. L’Expression qui y était ajoute que le diplomate a indiqué : « Les relations entre la Côte d’Ivoire et les Etats-Unis sont fantastiques ». Cependant, ce dernier journal cité révèle que les autorités ghanéennes, Jerry Rawlings et Atta Mills, ne veulent pas exécuter les mandats d’arrêt et les commissions rogatoires lancés contre les pro-Gbagbo exilés ou réfugiés au Ghana.

Visite de Soro en France

L’inter tient « les secrets de la rencontre Soro-Bartolone ». Soro Guillaume aurait écrit sur son blog au sujet de son homologue : « Je suis heureux de retrouver un vieux camarade militant, qui fut président de l’UNEF (Union nationale des Etudiants de France) quand moi-même je dirigeais la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire). Nous nous sommes connus à l’époque glorieuse de nos deux mouvements estudiantins ». Au cours de leur entretien, le tenant du pouvoir législatif ivoirien a affirmé avoir fait à Claude Bartolone un point détaillé de la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire. Pour Aujourd’hui, « Soro à Paris, c’est l’histoire d’une visite humiliante », car si les médias ont été éloignés du lieu de la rencontre, c’est pour lui éviter les honneurs et parce qu’il s’est agi d’un recadrage des autorités ivoiriennes. Donc un message à Alassane Ouattara. Car, selon Cathérine Balineau de Ivoirebusiness, source de cet article, c’est ainsi que le président Ouattara pourrait être enfin reçu. Dans le même temps, Félicien Sékongo, un conseiller de Soro répond à la mère de Michel Gbagbo qu’il compare au père de Mohamed Mérah : « Tout comme lui, vous portez plainte contre ceux qui ont mis fin aux agissements sordides de votre fils. Encore que dans le cas ivoirien, votre fils est en vie », lit-on dans Le Patriote.

César DJEDJE MEL
Voir ses articles