Menaces sur la réconciliation nationale

Le pouvoir et la CDVR s'accusent

Publié le Modifié le
le-pouvoir-et-la-cdvr-saccusent
Revue de presse

Amis lecteurs de la revue de presse de linfodrome.com, heureux de vous retrouver pour une nouvelle semaine. Notre numéro de ce lundi 25 juin 2012 se consacrera à la réconciliation nationale, la situation à l’ouest et au PPTE. Bonne lecture !

Menaces sur la réconciliation nationale

« Plus d’un an après la crise post-électorale : la réconciliation droit dans le mur », titre en manchette L’Inter. Il avance que plusieurs actes plombent le processus notamment le manque de moyens financiers et humains pour la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), les intérêts politiques qui opposent les partis politiques, le problème judiciaire lié à la difficile union entre la volonté de justice et celle de réconcilier les ivoiriens. Dans son éditorial, Le Quotidien d’Abidjan écrit : « la réconciliation à la baïonnette » et explique que le pouvoir veut amener de force le Front Populaire Ivoirien (FPI) à s’inscrire dans la réconciliation, à en croire les propos qu’aurait tenus la ministre de la salubrité, Anne Désirée Ouloto : « Nous allons obliger le FPI à aller à la paix ». Pour lui, la traque de pro-Gbagbo obéit à cette volonté. Quant à Le Nouveau Courrier, il affiche : « Levée de boucliers contre Banny, la preuve que Ouattara ne veut pas la paix » et tient pour arguments les attaques des journaux proches du pouvoir qui, le week-end dernier, ont écrit, pour Le Patriote : « Banny, l’aveu de l’échec ? L étonnant choix de l’impunité » et « Bizarre ! Bizarre ! Bizarre ! Banny défend les putscistes du FPI » pour L’Expression. Il en déduit que pour le régime de Ouattara, si la CDVR veut continuer à exister, elle devra se contenter d’être une caisse de résonnance. Pour résoudre cette panne de la réconciliation, Edjampan Thiémélé, un baron du PDCI, a déclaré : « Je souhaite ardemment que le FPI vienne prendre sa place sur l’échiquier politique ivoirien pour aider à conforter la démocratie dans notre pays, d’autant plus que c’est un parti politique majeur ». Il a ajouté que « Gbagbo et un pion essentiel dans ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Et donc pour la réconciliation, il faut l’entendre, le voir et le ramener pour qu’il donne un coup de pouce à la réconciliation », fait savoir Notre Voie

La situation à l’ouest

Après sa promesse de livrer des réfugiés Ivoiriens qu’il soupçonne d’être impliqués dans la crise post-électorale, le Libéria a extradé depuis samedi dernier 41 Ivoiriens en Côte d’Ivoire. Pour le Jour Plus, ce sont des éléments dangereux que le pays de la présidente Sirleaf a livrés à la Côte d’Ivoire. Le Patriote a publié la liste de ces 41 personnes, tous quasiment originaires du grand ouest. Nord-Sud Quotidien explique que c’est par la route que les extradés sont arrivés. Leurs parents et complices ayant menacé d’empêcher le voyage. Il ajoute cependant qu’il reste encore 70 personnes à extrader, des mercenaires libériens qui ont pris part aux attaques de Zriglo et arrêtés en janvier 2012. Mais deux semaines après l’attaque de Taï qui a fait des morts dont sept casques bleus, Le temps dit savoir les causes et les auteurs de cette tuerie. D’après un témoignage d’un fils de la Région, « ce sont des FRCI qui ont tué les soldats de l’ONUCI ». Selon ce témoin, tout est parti de la répartition du gain dans le commerce de leur cacao volé auquel s’adonnent les FRCI en complicité avec les casques bleus. Par contre, dans Le Nouveau Réveil, un chef de village de l’ouest, M. Blé Mathieu Pierre affirme : « Nous connaissons les gens qui viennent nous attaquer. Ce sont des Oubis comme nous, mais qui ne sont pas nos enfants. Ils disent nous attaquer parce que nous avons voté pour le président Ouattara…Ces attaques sont politiques ». Pour ramener le calme à l’ouest, le général Bakayoko Soumaïla a déclaré : « Nous irons traquer les ennemis, s’il le faut, au delà de la frontière », informe Soir Info. Sur ce, Aujourd’hui avertit que cette traque ne sera pas facile. Il indique que c’est à « une véritable armée invisible que Ouattara fait face».

PPTE

Ce lundi, les administrateurs du Fonds monétaire international (FMI) se réunissent à Washington pour étudier le dossier ivoirien sur le programme des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). A ce sujet, le ministre de l’économie ivoirienne, Charles Diby Koffi est confiant : « La Côte d’Ivoire va aboutir au point d’achèvement dans quelques heures », lit-on dans La Nouvelle. Et Soir Info d’écrire : « PPTE, demain le bout du tunnel ». Selon ce journal sauf, cataclysme, la Côte d’Ivoire sera déclarée PPTE, demain mardi 26 juin. Quant à L’Intelligent d’Abidjan, il dit ceci : « PPTE, Bédié et Gbagbo en ont rêvé, Ouattara l’a réalisé. On va enfin voir clair dans le travail de Diby ». Ce dernier avait déjà averti que les 500 milliards dont va bénéficier le pays « n’est pas une valise d’argent mais un programme économique ».

César DJEDJE MEL
Voir ses articles