Revue de presse : Trêve sociale et autres

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Revue de presse

Cette semaine devait, selon le vœu du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, acter la « trêve sociale ».

 A Korhogo, où le chef du gouvernement a organisé, le week-end dernier, une grande manifestation en soutien à Alassane Ouattara, il a annoncé la couleur : « Nous allons avoir des rencontres pour arriver à un vrai dialogue social. Je puis vous assurer que la trêve sociale sera exécutée ». En réaction à cette sortie du Premier ministre, la principale plateforme des syndicats de fonctionnaires lançait : « Oui à la trêve, mais pas à n'importe quel prix ». Les syndicalistes devaient tenir une assemblée générale ce vendredi 8 mars, pour apprécier la situation. Mais la réunion ne s'est pas tenue.

Un groupe, accusant leur chef Gnagna Zadi d'avoir « pris sur lui » d'annuler l'Assemblée générale, s'est inscrit dans une logique dissidente. Selon son meneur, Pacôme Attabi, ses camarades et lui devraient prendre leurs responsabilités. Ils estiment que l'équipe de Gnagna Zadi est sur un chemin d'abandon de la lutte. Cette situation de confusion devra être réglée, seule garantie du succès d'une éventuelle trêve sociale. A l'ombre de ces querelles de syndicalistes, se déroulaient plusieurs procès. Deux procès en assises à Abidjan : celui de l'ex-Première dame, Simone Gbagbo, suspectée de crimes contre l'humanité, et le procès de l’ex-commandant de la Garde républicaine, le général Bruno Dogbo Blé.

Ces procès pourraient durer de nombreuses semaines. Celui de l'ex-Première dame n'avance, pour ainsi dire, pas, en raison de préalables posés par les avocats commis d'office. Le procès de Bruno Dogbo Blé, baptisé procès des « disparus du Novotel », connaît une évolution. Cette semaine, un prévenu, Yoro Tapéko, a affirmé avoir tué les disparus du Novotel, avant de se confondre en excuses et demander « pardon » pour ses « dérapages ». A La Haye, où se tient le procès conjoint Laurent Gbagbo- Charles Blé Goudé, un nouveau témoin a commencé sa déposition. Il s'agit du général Tiapé Kassaraté Edouard, commandant supérieur de la Gendarmerie à l'époque de la crise post-électorale. Jusqu'à hier, il était interrogé par le bureau du procureur. Entre trous de mémoire et rappels bien ciblés, le témoin donne le sentiment de marcher sur des œufs.

Il a, toutefois, admis avoir eu un malentendu avec le général Philippe Mangou pendant la crise postélectorale. Il a aussi déclaré que des réunions étaient organisées « dans (son) dos », sous-entendu à son insu. Le juge-président lui a signifié qu'il devait dire la vérité et l'a appelé à faire appel à sa mémoire pour se souvenir autant que possible des événements sur lesquels il était interrogé. Autre fait marquant de la semaine : les palabres au Rassemblement des républicains à l'approche du troisième Congrès ordinaire. On a ainsi assisté à un échange de bons procédés entre les pro-Soro et des membres de la direction du Rdr. On note que les ambitions présidentialistes de Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale, se font de plus en plus jour. Un de ses lieutenants l'a clairement appelé à se porter candidat à la succession d'Alassane Ouattara en 2020. Les anti-Soro ne sont pas bien loin. La bataille s'annonce rude.

 

Kisselminan COULIBALY

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Kisselminan Coulibaly
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