Après nous être séparés sur une triste information à savoir la tuerie de sept Casques bleus, nous revenons avec le même sujet dans notre premier numéro de la revue de presse de cette semaine. Qui a tué ces soldats ? Y a-t-il un rapport avec Lida Kouassi ? Questions que tentent de répondre les journaux ce matin de lundi 11 juin 2012. Le procès de Gbagbo n’est pas oublié pour autant. Bonne lecture.
Qui a tué les soldats de l’ONUCI et FRCI
Les supputations vont bon train ce matin sur la vraie identité des auteurs de la tuerie à l’ouest. D’abord Fraternité Matin pour le décompte : « L’ouest face aux assaillants : 6 attaques en un an, 64 morts », écrit-il à la Une. Et à L’Intelligent d’Abidjan de s’interroger : « Qui est derrière ce nouveau commando invisible ? ». Tout en rappelant le dernier rapport de Human Rights Watch (HWR) qui pointe du doigt les miliciens et mercenaires pro Gbagbo, il rapporte aussi que des pro-Gbagbo ont indexé les mercenaires burkinabé installés dans l’ouest de la Côte d’Ivoire sous les ordres de Amandé Ourémi et qui avaient dernièrement menacé de mettre la pression sur le pouvoir Ouattara, se sentant floués par ce régime qui n’a pas tenu ses promesses financières. Sur la même question, L’Inter dit qu’au delà des deux pistes évoquées plus haut, il faut tourner le regard ailleurs. Lui également a rappelé les propos de l’ancien premier ministre guinéen, Lansana Kouyaté : « il y a une armée de mercenaires qui combat de pays en pays, et tant qu’on aura pas neutralisé cette armée, il faut s’attendre à l’instabilité chronique de la sous-région ».
Quant aux journaux proches de l’opposition, ils dénoncent une cabale. « Mort de 7 Casques bleus : le complot du pouvoir et de ses réseaux », rétorque Aujourd’hui. Selon lui, c’est un scénario monté de toute pièce par le pouvoir de connivence avec HRW et France 24 pour accabler Gbagbo et ses partisans. Pour lui, l’identité des soldats tués en dit long; « Pourquoi le contingent nigérien ? ». Il répond que c’est pour faire payer à Mahamadou Yssouffou, le président nigérien qui, par son rapport étroit avec Hollande, fait ombrage au pouvoir Ouattara. De l’autre côté, c’est pour accabler Lida Kouassi. Le but final, dit ce quotidien, est d’empêcher la libération de Gbagbo. Une attitude dénoncée par Koné Katinan dans le Nouveau Courrier. Il trouve que c’est « une machination contre Gbagbo ». Il en veut à France 24 qui a affirmé que les attaques ont été menées par des pro-Gbagbo. Et se dit être fort surpris de constater que des attaques surviennent dans une telle zone censée sécurisée et que ces attaques soient imputables à des pré tendus miliciens pro-Gbagbo.
Face à cette situation, Soir Info informe qu’en guise de solutions, les permissions et congés des gendarmes, policiers et militaires ivoiriens sont suspendus. Aussi, le chef de l’Etat ivoirien va prendre langue avec son homologue du Liberia pour actionner « immédiatement » des actions concertées entre les missions de l’ONU dans ces deux pays. Par ailleurs, le Liberia a fermé ses frontières, lit-on dans toute la presse.
Lida Kouassi
Les journaux proches du pouvoir font un lien de l’attaque de l’ouest avec les révélations sur l’arrestation de Lida Kouassi. « Tentative de déstabilisation avortée depuis le Togo, Lida visait Ouattara », « Lida préparait un comité de révolution », « Lida devait être proclamé président de la République insulaire de San-Pédro », disent successivement Le Patriote, Le Jour Plus et Le Nouveau Réveil. Selon eux, c’est ce qui ressort des enquêtes menées après son arrestation. Ils expliquent que l’ex-ministre de la sécurité de Gbagbo voulait faire de la zone sud-ouest une sorte de Casamance dont il allait être le président, avec le soutien de L’Angola, le Cameroun et des Libanais. Son discours serait déjà rédigé et prêt. Ce n’est pas vrai dit le Quotidien d’Abidjan qui avance que selon des informateurs, les enquêteurs n’ont rien trouvé de compromettant dans l’ordinateur de Lida Kouassi. Des observateurs avisés auraient dit également que si des preuves existaient, le pouvoir n’aurait pas tardé à les brandir. Pour avoir des aveux de déstabilisation, le journal dit que Lida Kouassi a fait l’objet de tortures.
Procès de Gbagbo
« Audience du 18 juin, Gbagbo menace de ne pas se présenter », informe L’Intelligent d’Abidjan. Il apprend que ses avocats ont demandé environ 175 millions FCFA pour la préparation de la défense et 48 heures de plaidoirie. Dans le cas contraire, Gbagbo ne se présentera pas à l’audience. Le Patriote ajoute que les avocats l’ex-président ivoirien écroué à la Haye ont encore demandé 6 mois de report.