Amis lecteurs bonjour et bienvenue à la revue de presse de Linfodrome.ci, ce mardi 21 juin 2016. La situation au campus de Cocody, les procès et la nouvelle Constitution sont nos sujets. Bonne lecture à tous !
Chaleur et effroi au Campus
L'Université F.H.B d'Abidjan-Cocody a connu une chaude ambiance, le lundi, à en croire la presse ivoirienne. Soir Info barre à la Une. «C'était gâté, hier, au Campus de Cocody : des ministres pourchassés par les étudiants». Tout est parti d'une marche pacifique pour rendre hommage à Allaba Roland Bonaventure, qui a dégénéré. Des groupes d'étudiants se sont affrontés et les personnalités présentes ont échappé à un lynchage. «Amichia Albert François, Bakayoko-Ly Ramata, Touré Mamadou et Mariatou Koné, respectivement ministres..... peuvent remercier leurs gardes de corps et de bonnes volontés qui ont permis d'éviter leur lynchage. Toutefois, elles ont subi une humiliation avec des injures, des poussettes et des hurlements». Au finish, le journal affirme que les cours ont été paralysés, un autre policier arrêté.
Le Patriote lui titre à la Une «Drame manqué au campus de Cocody, hier : la ministre Ly Ramata échappe à la mort». Il écrit : «on a frôlé le pire, hier, à l'Université Félix Houphouët Boigny. La Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci) a manqué de lyncher la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Pr Bakayoko-Ly Ramata. C'est grâce à la promptitude de sa garde rapprochée que la ministre a eu la vie sauve».
Pour sa part, Notre voie écrit à la Une. «Mort tragique de l'étudiant Allaba : 3 ministres échappent à un lynchage». Le quotidien informe que les trois ministres n'étaient vraiment pas les bienvenus au Campus de Cocody. « (…) A peine ont-ils déposé une gerbe de fleurs à l'endroit où le cargo de police avait mortellement percuté l'étudiant que de nombreux individus affirmant être des étudiants envahissent le lieu. Subitement. Conspués, sous des quolibets, les trois membres du gouvernement, exposés au lynchage, n'ont d'autres solutions que de tourner leurs talons »
Simone Gbagbo honorée
Jugée depuis quelques semaines devant la Cour d’Assises, l’ex-Première dame Simone Gbagbo fêtait hier ses 67 ans de vie. En dépit de sa présence au tribunal, cet évènement a été salué. «Palais de Justice au Plateau, hier: l’anniversaire de Simone Gbagbo été en pleine audience», titre à sa Une Le Temps. «La reprise de l’audience du procès de Simone Gbagbo a été marquée ce lundi 20 juin 2016 par un évènement très spécial. La Cour d’Appel servant de salle à la Cour d’Assises s’est transformée ce jour, en un lieu festif», indique le quotidien qui ajoute que «la direction du FPI» s’est mobilisée pour chanter en coeur «Joyeux anniversaire maman Simone».
Au-delà de la fête, les débats à la Cour se sont poursuivis sans complaisance. «Simone Gbagbo face au Procureur, hier: ‘’stop aux accusations, je veux des preuves», souligne le Lg Infos quotidien à sa Une. A en croire le quotidien, Simone Gbagbo a désarmé l’accusation qui était à cours de questions. « C’est trop facile de venir ici et de lancer des accusations gratuites. S’il a des preuves, qu’il les apporte», a lancé l’épouse de Laurent Gbagbo au procureur.
Cette colère de l’ex-Première dame, L’Expression l’a assimilé à un refus de répondre aux questions. «Acculée à la barre, hier: Simone Gbagbo refuse de répondre aux questions», peut-on lire en manchette du quotidien. Selon le quotidien, «l’épouse de l’ex-président Laurent Gbagbo ne s’est pas montrée prolixe, hier, à la barre. C’est que l’accusée ne voulait pas se faire avoir par des questions jugées par sa défense comme étant des ‘’commentaires’’ et ‘’affirmations’’».
Outre l’affaire Simone Gbagbo, le procès de Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI) intéresse également la presse ivoirienne. Dans sa parution du jour, Le Quotidien d’Abidjan croit en savoir davantage sur les prochains témoins attendus devant la Cour. « Exclusif: voici la liste des 8 témoins que cache la CPI ». Selon le journal, il s’agit notamment des généraux Mangou, Kassaraté, Lorougnon ainsi que de Jacques Anoma et N’Zi Paul David, ex-membres de la direction financière du Palais présidentiel.
Nouvelle Constitution
Sur la même lancée, certaines personnalités de la vie politique ivoirienne continue d’émettre des sons discordants, même au sein du PDCI, parti membre du RHDP, coalition qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir. La presse dans son ensemble s’intéresse à ces violents mouvements de menton. Le confrère Le Mandat, quotidien proche du PDCI écrit : «Nouvelle constitution: le député Brou René se révolte». Sous la plume de K.K, le confrère rapporte les propos que le député PDCI de Toumodi sous-préfecture a tenus, affirmant qu'il n’est pas question d’élaborer une nouvelle constitution. «Quand on change de République, cela veut dire qu’il y a une crise ou un blocage institutionnel (…). Est-ce le cas en ce moment en Côte d’Ivoire?», s’est interrogé le député.
Le quotidien L’Inter rapporte aussi un son discordant au sujet du projet. Celui de Martial Ahipeau : «Nouvelle constitution/Ahipeaud tout feu, tout flamme: nous allons nous opposer au projet de Ouattara», écrit-il à la Une. «Ce projet doit être rejeté, et massivement, par le peuple de Côte d’Ivoire (…) Il est inopportun’’.
Un autre son aux antipodes de ceux venant du député Brou René et de Martial Ahipeaud est celui du maire de Bouaké, Nicolas Djibo, conseiller spécial auprès du secrétaire général du RDR. Le Patriote titre donc «Nicolas Djibo (Maire de Bouaké) : Réviser la constitution est une bonne chose». Dans une interview, il assure que «En tout cas, à Bouaké, ici nous ferons tout pour que la population fasse un bloc derrière le projet qui sera soumis à referendum».