Actualité en Côte d'Ivoire

Les morts divisent, ADO hausse le ton

Publié le Modifié le
les-morts-divisent-ado-hausse-le-ton
Revue de presse

La présidentielle de 2015 et la situation des victimes de la crise post-électorale, sujets de notre revue de presse de ce lundi 27 juillet 2015. Bienvenue sur linfodrome.ci et bonne lecture à tous !

Ouattara face à ses opposants

La présidentielle bat son plein. Ouattara et ses opposants ne manquent pas d'occasion pour se lancer des piques. En visite dans le Worodougou, le chef de l'État a jeté un pavé dans la marre des opposants. Fin de la visite d'État à Séguéla, Ouattara se fâche... « c'est terminé, il n'y aura plus de transition », titre Nord Sud Quotidien. Et Fraternité Matin de préciser : « Le président Ouattara : ''Il n'y aura pas plus de transition en Côte d'Ivoire'' ». A ce titre, le quotidien ajoute : « la date du 25 octobre n'est pas modifiable ». Ce dernier titre est le même donné par Le Patriote.

Répondant à la polémique sur la Commission électorale indépendante, le chef de l'État a dit depuis Séguéla, au terme de sa visite d'État dans le district du Woroba : « En tout cas, je veux vous rassurer que je n'irai pas dans la voie de mon prédécesseur pour rallonger mon mandat. Je tiens à respecter la constitution, donc les élections auront lieu le 25 octobre 2015. Et cela n'est pas modifiable ». Parlant de la transition réclamée par certains opposants, Ouattara rétorque : une transition pour aller où ? Nous avons les transitions qu'il fallait. Cela a causé beaucoup de retard à la côte d'Ivoire parce que les problèmes ne se réglaient pas. On a passé tout notre temps à se chamailler ; il faut que la Côte d'Ivoire sorte de ce système.... ».

En réaction aux propos de Ouattara, les journaux proches de l'opposition titrent, pour Notre Voie : « En meeting à Séguéla, hier : Ouattara insulte et menace ses adversaires ». C'est que Ouattara, montrant le courage de Youssouf Bakayoko qui aurait bravé les armes des forces de l'ordre, lors de la proclamation des résultats de la présidentielle de 2010, a dit du régime de Gbagbo : « c'est comme ça que ces idiots ont compris qu'ils n'avaient pas intérêt à tuer Youssouf Bakayoko ». De même, il dira de ses adversaires :«... le problème, c'est qu'il faut voter massivement pour fermer la bouche à ceux qui bavardent et qui ne savent que bavarder ». Plus grave, selon le journal, le président ivoirien a dit : « je veux mettre en garde les uns et les autres : il n'y aura pas de transition en Côte d'Ivoire. C'est terminé ». Pour Le Quotidien d'Abidjan, face à la transition qui se précise, « Ouattara panique ». Le quotidien affirme qu'en parle ouvertement de la transition, Ouattara donne un cachet officiel au débat sur la transition en Côte d'Ivoire. « Le débat sort désormais du cadre de la rumeur. Un chef de l'État ne répond pas à la rumeur avec autant d'insistance et de mots corsés. S'il le fait, c'est qu'il y a des informations précises », qui émaneraient des chancelleries.

Victimes de guerre

Vivement attendue depuis la fin de la crise ivoirienne, la question de l’indemnisation des victimes ivoiriennes pourrait prendre un coup d'accélérateur. C'est du moins ce que souhaite le président ivoirien, Alassane Ouattara. « 4500 victimes à indemniser : voici les personnes concernées », titre à sa Une Le Mandat. « J'ai demandé au Premier ministre de faire en sorte que nous puissions dégager au moins huit milliards de FCFA pour l'indemnisation des familles des victimes », a déclaré Alassane Ouattara lors de son meeting à Séguéla selon le journal. A en croire le numéro 1 ivoirien, « ce n'est pas l'argent qui compte, mais montrer à ces victimes que nous ne les avons pas oubliées ». A l'ouest du pays, véritable foyer de tensions lors de la crise post-électorale, d'autres victimes ne sont guère sereines. « Exhumation de corps à Duékoué/ Situation explosive : les populations en colère, dans la rue », livre à sa Une Lg Infos. Le journal qui revient sur l'opération d'exhumation des victimes dans cette ville de l'ouest fait savoir que cette mesure se heurte au refus catégorique des populations. Car, selon Lg Infos, en procédant à cette exhumation, « le pouvoir Ouattara veut faire totalement disparaître les preuves des massacres perpétrées par les FRCI et autres chasseurs traditionnels Dozos contre les populations Wê de Duékoué, lors de la crise de 2011 ». Dans la même veine, Le Quotidien d'Abidjan titre en manchette : « les populations s'opposent à l'exhumation des corps ». « Les populations meutries et qui gardent encore les séquelles de la guerre post-électorale de 2011 refusent de subir une seconde mort », commente le journal.

César DJEDJE MEL
Voir ses articles