La présidentielle 2015 ainsi que le procès en Assises des proches de Laurent Gbagbo sont les deux sujets de notre revue de presse du jour. Bonne lecture sur Linfodrome.ci.
Le Conseil des Ministres qui s’est tenu hier, jeudi 20 mars 2014 a décidé du transfèrement de Charles Blé Goudé à la CPI. Cette nouvelle inattendue pour beaucoup, a suscité une vive émotion au sein de la famille biologique du leader du COJEP, indique Soir Info. « Le gouvernement ivoirien livre le leader du COJEP à la CPI. Gnépo Léopold (frère ainé de Blé Goudé) : ‘’Je suis indigné’’ », barre le journal à sa Une. Le frère de Blé Goudé intérogé par le journal livre le commentaire suivant : « Je suis vraiment indigné. Je suis surpris de cette décision. On ne peut pas faire deux poids deux mesures. C'est un choix qu'on fait. Je me suis battu pour que cela n'arrive pas. J'ai tout fait pour rencontrer les autorités politiques. Si les gens n'ont pas compris, je ne sais pas ce que je peux encore dire (…) J'ai moi-même décidé de ne plus parler à une autorité. J'ai déjà tout dit et tout fait. Je me suis même humilié à plusieurs reprises. Si ça n'a pas abouti, c'est que c'est la voie de Dieu. Ce que je peux dire aux parents et amis, c'est de garder leur calme. Peut-être que le frère reviendra fortifié de cette épreuve. C'est une école pour lui. Je ne suis pas sûr que cette situation puisse changer parce que cela vient d'un gouvernement. Je ne peux pas demander pardon ».
De son côté, L’Inter qui titre à sa Une, « Justice internationale : Blé Goudé rejoint Gbagbo à La Haye » publie la réaction de plusieurs personalités, notamment celle de son avocat, N’Dri Claver. « C’est une décision que nous ne comprenons pas pour l’heure, pour la simple raison que l’Etat, lors du refus de transfèrement de Simone Gbagbo, nous avait dit purement et simplement que les juridictions étatiques étaient à même de pouvoir juger Mme Simone Ehivet Gbagbo. Maintenant que le gouvernement veut juger M. Charles Blé Goudé, nous nous posons la question de savoir si désormais l’Etat se contredit en nous disant par exemple que les juridictions de Côte d’Ivoire sont aujourd’hui inaptes à juger M. Charles Blé Goudé », a-t-il déclaré.
Ce qui a ‘’tué’’ le leader du COJEP
Si cette décision du gouvernement a suscité l’indignation chez certains proches de Blé Goudé, elle serait le fruit des actions d’autres non moins proches du patron du COJEP, croit savoir L’Expression. « Transfèrement de l’ex-leader de la galaxie patriotique : comment Affi et Koua ont eu la peau de Blé Goudé », peut-on lire à la Une du journal. « Avec la décision du Conseil des Ministres d’hier de transférer Charles Blé Goudé à la CPI, l’on pourrait dire que c’est certainement en ces termes que Pascal Affi N’Guessan et Koua Justin sont en train de saluer, sous cape, cette décision du gouvernement. Le président du FPI et le chef de file de sa jeunesse, on le sait, ont toujours filé un mauvais bon coton avec l’ex-leader de la galaxie patriotique. Mais, ils nont jamais eu le courage de le dire ouvertement. Même avec la chute de leur mentor, ces deux clans ont continué de se livrer une guerre à fleurets mouchetés par groupes de jeunes patriotes interposés (…) Il y a des gens que la présence de Blé Goudé gêne énormément. Ce sont ces derniers qui ont favorisé la publication de ces photos dans la presse pour attirer les regards des juridictions internationales sur l’ex-leader de la galaxie patriotique », écrit le quotidien.
Dans le même sens, Nord-Sud Quotidien donne les raisons de cet acte du régime ivoirien. « Transfèrement à La Hay : pourquoi Ouattara l’a livré », titre en manchette le journal. A en croire le quotidien, « A force de subir toutes sortes de pressions, on finit par craquer. Manifestement, c’est ce qui se passe avec Blé Goudé (…) Depuis un an, la pressioon sur les épaules du gouvernement et surtout sur celles du président Ouattara était devenue insupportable. Elle émanait aussi bien de la communauté internationale, sur de la CPI, des victimes de la crise ivoirienne que des organisations de défense des Droits de l’Homme ».
La réconciliation menacée ?
Ce transfèrement de Blé Goudé, Notre Voie de son côté y voit un frein pour le processus de réconciliation nationale. « Ouattara décide de transférer Blé Goudé : c’est fini pour la réconciliation », titre en manchette le journal qui livre la position du patron du FPI, Pascal Affi N’Guessan. « Nous venons tous d’apprendre la nouvelle de l’accord du gouvernement pour le transfèrement de Blé Goudé à la CPI. Nous ne savons pas encore ce qui motive cette décision. Cependant, ce qu’on peut dire pour l’instant, c’est qu’une telle décision ne favorise pas la cohésion sociale. Elle ne participe pas à la réconciliation tant recherchée », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, selon Le Temps, « un autre violent frein vient d’être donné au processus de réconciliation qui bat déjà de l’aile dans notre pays Comment peut-il en être autrement quand on connaît le poids de Charles Blé Goudé dans la vie politique en Côte d’Ivoire. Se réconcilier sans ce leader ne peut être qu’un simulacre de réconciliation. Visiblement, le régime en place veut orchestrer une réconciliation en absence des acteurs de la crise ivoirienne qui sont soit en exil, soit en prison. Il y a donc à désespérer de cette réconciliation que mène avec peine le président Charles Konan Banny. Ainsi va la politique émergente sous Ouattara ».