Visite en Côte d'Ivoire

François Hollande souffle le chaud et le froid sur Abidjan

Publié le Modifié le
francois-hollande-souffle-le-chaud-et-le-froid-sur-abidjan François Hollande était en Côte d'Ivoire en visite officielle. Ph d'archives
Revue de presse

Bonjour amis lecteurs de Linfodrome.ci. Heureux de vous retrouver pour notre traditionnelle revue de presse. Un seul sujet au menu de notre tour d’horizon de ce vendredi 18 juillet 2014. La visite d’Etat de François Hollande en Côte d’Ivoire. Bonne lecture

François Hollande dit ses vérités

C’est en grandes pompes que le président français, François Hollande a été accueilli hier, jeudi 17 juillet 2014 à Abidjan dans le cadre de sa visite d’État en Côte d’Ivoire. Mais, le point culminant de ce séjour a sans doute été la conférence de presse animée par les deux présidents au cours de laquelle François Hollande s’est parfois montré cru comme l’indique L’Inter. « Élections 2014, réconciliation, justice : Hollande recadre le FPI », livre à sa Une le journal. « Les deux présidents ont co-animé une conférence de presse à la salle des pas perdus de la Présidence. Une occasion saisie par le président français pour recadrer le Front populaire ivoirien (Fpi), ex-parti au pouvoir (…) ‘’Je n'ai pas à me mêler de la vie politique nationale ivoirienne.

J'ai simplement des principes à rappeler. Quand une élection est organisée de façon transparente et libre, quand des partis peuvent se constituer, peuvent s'exprimer, alors les élections doivent être des élections de tous. C'est ce que je dirai à ce parti comme aux autres. Il y a tellement de pays encore aujourd'hui où il y a des interdictions, où il y a des empêchements, où les élections ne sont pas démocratiques et lorsqu'elles peuvent l'être, il faut saisir cette opportunité, ne serait-ce que pour assurer la réconciliation’’, a-t-il déclaré. ‘’La réconciliation, c'est de pouvoir avoir une dispute dans un cadre commun qui est celui du Parlement, ou celui de l'élection présidentielle. La démocratie, c'est la dispute organisée (…) Donc, ce parti, comme d'autres, s'ils veulent exister demain, doivent être présents aux élections. C'est ce que je lui dirai, et j'attendrai de voir ce qu'il va me dire’’, a souligné François Hollande », écrit le journal.

L’Expression va plus loin. Le quotidien estime à sa Une que, « Hollande met la honte sur le FPI ». « Les illusionnés qui avaient cru que le président venait en Côte d’Ivoire comme le maitre colon pour gronder le président Ouattara et tirer ses oreilles comme un gamin ont eu pour leur compte hier (…) En lieu et place des réprimandes comme l’avaient annoncé certains medias proches de l’ancien régime, c’est plutôt des lauriers que le président socialiste français est venu lancer à son homologue Alassane Ouattara », commente le journal.

Fraternité Matin ne dit pas autre chose. Le quotidien gouvernemental affiche le satisfecit de la gestion de Ouattara dressé par François Hollande. « François Hollande en visite officielle : ‘’la Côte d’Ivoire a profondément changé’’ », livre à sa Une le journal gouvernemental. « ‘’La remarque me vient spontanément. Il y a trois ans, la Côte d’Ivoire était dans une crise grave avec des violences, des exactions, avec des violences, des exactions, avec une présence militaire française qui devait elle aussi, faire face à un certain nombre d’agression. Trois ans après, la Côte d’Ivoire sous votre autorité a profondément changé’’. C’est ce qu’a déclaré, hier au salon des Pas perdus du palais présidentiel, le Président de la République française, François Hollande », écrit le quotidien.

Hollande, le ''comédien''

Les journaux proches de l'opposition voient mal la présence de Hollande en Côte d'Ivoire, surtout à cause de son discours. « Hollande, comme un griot mandingue ! », barre à la Une Le Nouveau Courrier, qui écrit que « on savait qu'il n'était pas là pour sermonner le maître d'Abidjan. Mais François Hollande, par son parti pris outrancier, a déclaré la guerre à tous ceux qui, en Côte d'Ivoire, ne sont pas ''Ouattara-compatible'' ». Car alors qu'il dit que « je n'ai pas à me mêler de la vie politique nationale ivoirienne », Hollande s'est comporté comme « le plus fanatique des militants du RDR d'Alassane Ouattara », en ce qu'il a dit que l'avènement de Ouattara est « l'heureuse issue » d'une crise « qui a trop duré », relate le quotidien. Pour sa part, Le Temps affirme que la visite de Hollande était un cocktail de « Comédie, menace et forfaiture à profusion ».

Le Président français a, en des termes à peine voilés, menacé le FPI. « Si ce parti veut exister demain, il doit être présent aux élections. C'est ce que je vais lui dire. Mais j'attends ce qu'il va me dire également » et commis des dérives quand il avance que « la Côte d'Ivoire a profondément changé après trois ans de crise » parce que selon lui « le régime Ouattara a réussi à relever les défis de la sécurité, de l'économie et de la réconciliation nationale ». Mais queHollande s'est trompé dans son discours en demandant une justice équitable en Côte d'Ivoire. « La France n'accepte pas l'impunité où que ce soit. (...) Tous ceux qui ont commis des exactions doivent répondre de leurs actes. La justice est prioritaire pour nous. (…) La justice sera appliquée selon le rythme des juges ».

La forfaiture, c'est quand Hollande affirme que « l'assassinat de Guy André Kieffer. Ouattara m'a dit qu'il fait tout pour que la justice ivoirienne coopère avec la nôtre pour établir la vérité. Hélas, nous la connaissons, mais pour retrouver ceux qui commis ces actes ». Comme prévu, le président français a rencontré le FPI. « Tête-à-tête Hollande-Affi ». C'est en marge de la rencontre avec l'opposition ivoirienne. Le président du FPI, Pascal Affi N'guessan, a expliqué ce huis-clos est dû au fait que Hollande est socialiste comme eux et qu'il fallait parler « des questions qui relèvent de la famille ». Concernant sa participation à la présidentielle de 2015, il a répondu à Hollande. « Lorsqu'il dit que si le FPI veut exister, ça veut dire que si nous ne réussissons pas à créer les conditions d'une participation, c'est notre avenir qui sera en jeu. Quand nous disons que nous n'entrerons pas dans la CEI tant qu'elle n'est pas crédible, cela participe de ce combat là. C'est une observation que tous les analystes font », rapporte Notre Voie.

Bernard Dadié dédicace

Le livre co-signé par Laurent Gbagbo continue de faire des vagues à Abidjan. Alors que le président français entamait sa visite hier, une cérémonie de dédicace de l’ouvrage par Bernard Dadié a été organisée. A cette occasion, fait savoir L’Inter, l’écrivain s’est prononcé sur l’ouvrage. « Livre de Gbagbo : l’écrivain Bernard Dadié se prononce », titre en manchette le quotidien. « A la cérémonie de présentation-vente du livre ‘’pour la vérité et la justice’’ selon Laurent Gbagbo de François Mattei, Bernard Dadié, président du CNRD a invité les Ivoiriens à prier pour Laurent Gbagbo. L’ancien écrivain a pointé un doigt accusateur vers la Communauté internationale. Selon lui, Laurent Gbagbo est actuellement détenu à La Haye ‘’parce qu’il ne fait pas l’affaire des autres’’ », écrit le journal.

Quant à Le Temps, il met en exergue les prières pour la Côte d’Ivoire formulées par Bernard Dadié. « ‘’Seigneur Dieu sauve-nous. Nous sommes, nous aussi tes enfants. Et que la vérité éclate (....) Sèche nos larmes et sors-nous de toutes les prisons (…) ‘’. Telle est la prière de supplication dite hier par le célèbre écrivain Bernard Dadié président du CNRD, à la fin de son discours, avant de commencer la dédicace du livre-évènement du journaliste français François Mattei sur le Président Gbagbo », relate le quotidien qui ajoute que le propriétaire du restaurant où s’est tenu cette cérémonie a été ‘’courageux’’ car, soumis ‘’à plusieurs pressions afin de refuser de l’abriter ».

Abraham KOUASSI
Voir ses articles