Bienvenue à notre revue de presse, chers fidèles de linfodrome.com. L'arrivée de François Hollande et la polémique qu'elle suscite, de même que la situation au FPI, sont nos sujets ce jeudi 17 juillet 2014.Bonne lecture à tous !
François Hollande, le bienvenu
Au moment où nous mettons sous presse, François Hollande, Président de la France, est déjà à Abidjan. Sa venue en Côte d'Ivoire est saluée par la presse proche du pouvoir. Par exemple, voici ce que titre Le Patriote à la Une : « Visite officielle du Président français en Côte d'Ivoire : Akwaba Hollande ! ». Le Président qui passera 24H à Abidjan est accompagné par 135 membres du Gouvernement et du patronat français, explique le quotidien. Au menu, un tête-à-tête entre les deux chefs d'État, des visites de terrain, un dîner-gala. Interrogés, des Français de Côte d'Ivoire affirment que « l'arrivée de notre Président nous réconforte » et que « c'est un formidable moyen de relancer la coopération entre les deux pays ». Pour sa part, Fraternité Matin note qu'avec « la visite du pont Henri Konan Bédié, du plan d'eau lagunaire, les échanges divers.... Abidjan s 'ouvre au Président français ». Le média gouvernemental précise que, sauf changement de dernière minute, Hollande échangera avec les diverses personnalités politiques ivoiriennes, puis la communauté française. Le RDR, parti du Président Ouattara, lui a également souhaité la bienvenue, par le biais de son porte-parole Joël N'guessan. Nord-Sud Quotidien dit aussi « Hollande Akwaba ! » et relève que « la tradition reprend avec 19 ans ». Il a rappelé que la dernière fois qu'un président français est venu en visite officielle en Côte d'Ivoire, c'était en 1995. Jacques Chirac, sous Henri Konan Bédié. Sans oublier les autres visites ordinaires. Il n'a pas manqué de faire l'historique les passages de tous les présidents français en terre ivoirienne.
Hollande, le mal venu
La présence de Hollande en Côte d'Ivoire n'est cependant pas appréciée par la presse proche de l'opposition. Le Temps affiche à la Une : « Jour de honte pour la France ». Il écrit que « cette visite n'honore pas du tout la France qui, à l'échelle mondiale, se dit porteuse des valeurs de liberté, de démocratie et de droits de l'homme. Sartre et Camus doivent certainement se retourner dans leurs tombes. François Hollande, le président socialiste français ayant choisi de traîner la France, porteuse des valeurs de liberté, de démocratie et de droits de l'homme, dans la gadoue ivoirienne ». Au cours de cette visite du socialiste Hollande au démocrate Ouattara, le journal affirme que le président français « vient achever le travail de Sarkozy ». Elle est « la conséquence logique du soutien tacite et implicite apporté à Sarkozy pendant la crise post-électorale », vu qu'Hollande avait dit de son allié Gbagbo qu'il est « infréquentable ». D'ailleurs Gbagbo dira de lui « je n'ai jamais rien attendu de lui et je n'attends rien de lui ». Quant à Le Quotidien d'Abidjan, il titre : « Hollande en Côte d'Ivoire, bienvenue au pays des crimes de la France. Rendez-nous notre Gbagbo ». Dans un article courrier qu'il adresse à Hollande, le journal dépeint toutes les violations du régime, depuis la rébellion de 2002 à ce jour. Notre Voie s'inscrit dans le même tempo et titre : « exécutions sommaires, tortures, enlèvements, sodomie... Bienvenue au pays des violations des droits humains ». Il fait savoir à l'hôte de Ouattara que ces « traitements inhumains, tel est le lot quotidien des opposants en l'occurrence des militants du Front Populaire Ivoirien (…) Dans ce pays où il existent de ''bons criminels et de mauvais criminels'' et ou la justice est extrêmement sélective, seul le camp des pro-Gbagbo est poursuivi. » Par rapport à cette arrivée de Hollande, Soir info livre que « le FPI prépare un grand coup ». C'est que ce 17 juillet a été choisi par le mouvement « solidarité pour Laurent Gbagbo » pour organiser la dédicace officielle, à Abidjan, du livre de François Mattei sur Gbagbo. Entre plusieurs raisons qui pourraient expliquer cette action au moment de la présence de Hollande, le journal soutient que « cette date n'est pas un hasard. Elle a des dessous politiques ».
Hollande fait réveiller les vieux démons
Député PDCI, Kouadio Konan Bertin alias KKB s'en est pris aux tenants du pouvoir et à Hollande. « KKB sans pitié pour Bédié et Ouattara », titre Le Nouveau Courrier. Quand Ouattara et Bédié font l'éloge de la nouvelle mouture de la Commission Électorale Indépendante (CEI), KKB soutient qu'elle est déséquilibrée et rassure : « le combat pour une CEI équilibrée et transparente ne fait que commencer ». Il s'élève contre le maintien de Youssouf Bakayoko à la tête de cette structure. En référence à la crise née des élections de 2010 et qui a fait des milliers de victimes, KKB indique que « dans n'importe quel pays soucieux de sa respectabilité internationale, où, de surcroît, les dirigeants sont au service du bien être de leurs compatriotes, Youssouf Bakayoko ne devrait plus être associé à l'organisation d'opérations électorales. Il aurait dû être démis de ses fonctions et contraint à rendre des comptes. » En outre, à en croire L'inter qui barre à la Une « PDCI, RDR, Réconciliation... KKB réveille les vieux démons », le député a ressuscité de vieux faits. Devant l'arrivée de Hollande, il dit « le RDR a beau jeu de rendre la Côte d'Ivoire fréquentable. En effet, c'est à la suite d'un projet savamment prémédité que la marche de notre pays vers le progrès a été stoppée ». Il a rappelé des propos de Ouattara contre les pouvoirs Bédié et Gbagbo, le 11 septembre 1999 puis le 21 mars 2001. « Je frapperai ce pouvoir corrompu au bon moment, et il tombera comme un fruit mûr », et encore « je rendrai ce pays ingouvernable ». Le député a également indiqué que « la réconciliation est le dernier souci du régime ». Il dit à François Hollande qu'il 'arrive das un pays divisé », rapporte Soir Info et aussi « c'est une Côte d'Ivoire martyrisée qui vous accueille. Il arrive dans un pays où la justice s'est drapée du costume de la sélectivité. Il y a les bons criminels et les mauvais criminels ». Au vu de tout ce qu'a dit KKB, L'Expression demande « qu'attend-il pour prendre sa carte de militant FPI ? » Hollande en Côte d'Ivoire, c'est aussi le rappel de la mort du Français Philippe Rémond, tué pendant la crise en mars 2011 à Yamoussoukro et dont la mort n'a pas connu d'enquête. Le rappel de « comment les fraudes et les bombes ont installé Ouattara », ont soulevé des journaux proches de l'opposition.