La crise au Front Populaire Ivoirien (FPI), les affaires de justice et la composition de la nouvelle Commission Électorale Indépendante (CEI) sont nos sujets dans la revue de presse du jeudi 10 juillet 2014. Bienvenue sur linfodrome et bonne lecture !
Ça ne va pas au FPI
Le parti fondé par Laurent Gbagbo connaît des heures difficiles. L'inter ne dit pas le contraire avec son titre la Une : « après le réaménagement de la direction du FPI, Simone Gbagbo démissionne. Des barons se dressent contre Affi ». Le quotidien révèle que « Simone Gbagbo maintenue à son poste de 2ème vice-président, a craché sur la nomination faite par le président du parti. Par l'intermédiaire de son directeur de cabinet, elle a donné démission. L'épouse de Laurent Gbagbo a écrit qu'elle n'est plus membre de la direction du parti ». A côté de cela, « trois barons et non des moindres », écrit le journal, ont boycotté la réunion du secrétariat exécutif convoquée par Affi, le 8 juillet. Par ailleurs, des opposants à Affi ont saisi le comité de contrôle du FPI pour contester la restructuration su Secrétariat général, fait-il savoir. Devant cette situation, ajoutée à celle de Gbagbo, de Ouattara et de la vite de Hollande en Côte d'Ivoire, Le Temps titre : « Douati en colère, crache ses vérités ».
Dans une interview accordée au journal, le 9ème vice-président du FPI qu'il est depuis la dernière restructuration de la direction du parti, dit « lorsque je m'interroge sur l'opportunité et l'efficacité de ce réaménagement, je ne trouve pas de réponse au regard de l'objectif majeur qui est la libération du Président Laurent Gbagbo. » Car pour lui, « penser un seul instant pouvoir tourner la page de Laurent Gbagbo, s'apparente à un crime politique ». Douati ajoutera que « aller aux élections ''présidentielles'' dans des conditions actuelles, signifie légitimer Ouattara et enfoncer le président Gbagbo ». Malgré tout ce vent qui souffle sur le parti, Lg Infos affirme que le FPI fait peur au RDR. Et donc le parti au pouvoir manœuvre pour le casser. « Si le FPI reste soudé, il sera redoutable », telle est la confession d'une ponte du RDR, selon le journal. Il cite le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko dans cette tentative de déstabilisation du FPI.
Affaire de justice
Après le livre révélations sur la crise ivoirienne de François Mattei et Laurent Gbagbo, « Mamadou Koulibaly fait des révélations » sur ces deux personnalités, fait savoir L'inter, à la Une. C'est depuis Paris qu'il l'a fait. « Les gens se réjouissent aujourd'hui du livre de François Mattei et Laurent Gbagbo. Mais, beaucoup ne savent pas que c'est moi qui ai présenté Mattei à Laurent Gbagbo. Mattei est mon ami. Il me donne les nouvelles Gbagbo », a déclaré l'ex-président de l'Assemblée nationale à ces compatriotes de la diaspora. Même s'il n'est plus membre du FPI, Kulibaly dira que « Gbagbo reste mon frère et mon ami. Mais, vous ne me verrez jamais crier : Libérez Gbagbo, libérez Simone... j'ai toujours dit qu'à partir du moment où deux armées se sont affrontées, si Gbagbo se trouve à la CPI, Ouattara et Soro, votre place est à la CPI. Pour moi, il faut aller à une justice équitable ». Quant Gbagbo, il dit « je suis à la Haye pour marquer l'histoire », selon Notre Voie. En fait, le quotidien a tiré cette phrase du livre « Côte d'Ivoire : révélations sur un scandale français ». L'ex-président ivoirien y a révélé que « je dérangeais les plans de la Françafrique »..
Pour sa part, Blé Goudé détenu à la Haye « commence à trouver le temps long. L'ennui et la routine sont ses nouveaux ennemis », écrit Lg Infos. Cependant, il affirme que « je suis seul face à moi-même. Ceux qui pensaient me faire du mal me donnent l'occasion de vivre une expérience enrichissante ». Pour la seconde fois, il était attendu en France pour répondre à une convocation du juge par rapport à une plainte contre Soro Guillaume. Comme la première fois, il n'a pu s'y rendre. Il s'agit de Michel Gbgabo. Alors Notre Voie titre : « violation des droits humains, Michel Gbagbo empêché encore de sortir du pays » et Soir Info d'écrire, « attendu en France, Michel Gbagbo refoulé ». Son avocat dans une note plaintive livre que « ce jour, il (Michel) est de nouveau convoqué par le juge d'instruction, pour être entendu à son cabinet d'instruction à Paris. Malheureusement, Michel Gbagbo est encore mis dans l'impossibilité de répondre à cette convocation ». Me Habiba a attiré l'attention du Président François Hollande qui se rendra bientôt à Abidjan « sur la nécessité de rester vigilant sur la coopération judiciaire pour toutes les affaires franco-ivoiriennes sans aucune distinction »
La CEI se met en place
Progressivement, le nouveau visage de la Commission électorale indépendante (CEI)se dessine. En effet, à l’issue du Conseil des ministres d’hier, le gouvernement a donné le nom de 15 des 17 membres de cette organisation. C’est Fraternité Matin qui l’indique. « Conseil des ministres/ Commission centrale de la CEI : la nouvelle équipe connue », livre à sa Une le journal. « Un Conseil des ministres présidé par le chef de l’État, Alassane Ouattara s’est tenu hier. L’une des principales décisions de cette réunion hebdomadaire du gouvernement est son accord pour la nomination de quinze membres de la Commission centrale de la CEI sur les dix-sept arrêtés après accord entre le gouvernement et les partis politiques (…) Cette clé de répartition est contestée par le Front populaire ivoirien et ses alliés de l’Alliance des forces démocratiques qui demandent que la moitié des postes lui soit octroyée en plus de la présidence d’office de la CEI. Leur argument est que c’est avec une telle configuration que la défunte CEI a été bâtie », explique le quotidien gouvernemental.
De son côté, L’Inter estime que cette décision du pouvoir ivoirien met le FPI dos au mur. « Formation de la CEI : grosse pression sur le FPI », titre en manchette le journal. Selon le quotidien, « En rendant publique cette liste provisoire, le gouvernement met la pression sur l’ancien parti au pouvoir qui rejette cette CEI depuis que la loi qui l’a instituée a été votée », commente le journal.
Pour sa part, Le Quotidien d’Abidjan estime que la non-participation du parti de Laurent Gbagbo à la vie de cette Commission découle de la volonté du président ivoirien. « Nouvelle liste des membres de la CEI : Ouattara écarte l’opposition significative », écrit en manchette le journal. « En entérinant cette liste, Ouattara et ses hommes portent un sérieux coup aux négociations qui sont en cours relativement à cette nouvelle CEI. Le pouvoir et l’opposition sont au moins d’accord pour la vouloir consensuelle. Mais dans sa forme telle que présentée par le pouvoir, la nouvelle CEI ne rencontre pas l’assentiment de l’opposition », souligne le quotidien.