Actualité nationale

Grisaille à La Haye, Abidjan mouillée

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Revue de presse

L’actualité à la Cour Pénale internationale (CPI) ainsi que les drames liés aux pluies diluviennes sont les principaux sujets de notre revue de presse de ce mardi 1er juillet 2014. Bonne lecture sur Linfodrome.ci.

Ça bouge à la CPI

Après la confirmation des charges contre Laurent Gbagbo, il y a du nouveau à la Cour Pénale Internationale (CPI). De fait, indique Soir Info, un des juges dans l’affaire Gbagbo a décidé de quitter ses fonctions. « Cour pénale internationale : un juge de l’affaire Gbagbo démissionne », livre le journal à sa Une. « Il était juge de la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (Cpi). C'est cette Chambre qui a confirmé, jeudi 12 juin 2014, les charges contre Laurent Gbagbo. Le juge Hans-Peter Kaul vient de rendre sa démission ‘’pour raisons de santé . Un départ rendu public, lundi 30 juin 2014, dans un communiqué de la Cpi. ‘’Nous sommes au regret d’annoncer que le juge Hans-Peter Kaul a présenté sa démission de la Cour pénale internationale (Cpi) pour raisons de santé. Celle-ci prendra effet le 1er juillet 2014. Le mandat du juge aurait normalement pris fin le 11 mars 2015 ‘’, annonce le communiqué de presse.A lire le texte, cette démission n'est point liée à l'affaire Gbagbo. C'est lui et Silvia Fernández de Gurmendi, la juge présidente, qui étaient favorables à un procès contre l'ancien chef de l'Etat ivoirien, quand la juge Christine Van Den Wyngaert adoptait une opinion dissidente. Finalement, comme les règles de la Cpi le veulent, la majorité -2 contre 1- l'a emporté. Et M. Gbagbo a été renvoyé en procès devant une Chambre de première instance », écrit le journal.

Cependant, cette décision, certains journaux proches de l’opposition n’hésitent pas à la lier avec l’affaire Gbagbo. C’est le cas de Notre Voie. « Rebondissement dans l’affaire Gbagbo à la CPI : la démission suspecte du juge allemand », livre à sa Une le journal. A en croire le quotidien, « On peut croire que le juge allemand s’en veut de n’avoir pas pu résister aux pressions de divers ordres qui ne manquent pas dans ce genre de dossier. Au contraire de sa collègue belge qui est restée ferme sur ses convictions en produisant une opinion dissidente dans laquelle elle estime qu’il n’y a aucune raison d’ouvrir un procès contre le président Gbagbo. Le juge allemand s’est sans doute souvenu que trois ans plus tôt, il avait contesté la compétence de la CPI dans le cas du Kenya ».

Quant à Le Patriote, il souligne le fait que cette démission ne soit pas un fait nouveau pour la CPI. « Cette démission n’est pas un fait inédit à la Cour pénale internationale. Car, avant lui, la juge Maureen Clark avait démissionné en 2006 pour la présidence de la Cour suprême de son pays. Donc, il ne s’agit ni d’une démission protestation, ni d’un coup du sort comme veulent le faire croire une certaine opinion », commente le quotidien.

La pluie au centre des débats

Pour prévenir les dégâts causés par les pluies diluviennes qui ont endeuillé plusieurs familles abidjanaises ces derniers jours, le gouvernement a décidé de prendre le taureau par les cornes fait savoir Nord Sud Quotidien. « Pluies diluviennes, sites à risques/ Mamadou Sanogo : ‘’je casse tout cette semaine’’ », barre à sa Une le journal. « Dès la fin de cette semaine, la sensibilisation est terminée. La démolition des maisons va débuter (…) Nous préférons vous voir sous la boue (…) La sensibilisation est terminée », a déclaré le ministre aux populations du quartier précaire de Boribana.

Pour sa part, Soir Info choisit de se pencher sur les difficultés vécues par les habitants de la Riviera depuis le début de cette saison pluvieuse. « Pluies diluviennes : on vit l’enfer à la Riviera », titre en manchette le journal. Selon le quotidien, « Dans le sens Bingerville – Riviera, une église située entre le carrefour de la cité Sir et celui de la cité Génie 2000, a pris l’eau de toutes parts. Aux feux tricolores de la cité Sir, aux environs de 10 h, le véhicule d’un chauffeur de taxi est piégé par les inondations. Très jeune et frêle, le conducteur descend de son véhicule pour essayer de le dégager du sable qui le tient. Mais, la situation est telle que ses efforts sont vains puisque la hauteur de l’eau augmente à vue d’œil. L’homme est sauvé de cet enfer par une bonne volonté conduisant une voiture de type 4X4. Le sauveur tire le taxi compteur à travers une corde pour l’extraire de l’étau qui l’a emprisonné.

Comme les fois passées, la Rue ministre est encore un fleuve ce dimanche matin du fait des inondations. En aucun endroit, on ne peut apercevoir le sol de cette rue qui a perdu son bitume du fait de fréquentes inondations. A un carrefour de la Rue ministre, un particulier et sa famille sont bloqués dans leur véhicule pendant plusieurs minutes à cause des eaux de ruissellement. N’ayant pas de corde, le chauffeur appelle à l’aide pour que des gens poussent l’engin. Non loin de cette scène émouvante, la boutique d’un Mauritanien est envahie d'eau. Il sauve sa boutique devant laquelle il avait déjà monté un mur mais ne peut sauver le hangar de fortune placé devant son commerce.

En sortant du quartier aux environs de 11 h pour aller vers la Riviera III, l’eau de ruissellement n’a pratiquement pas fait de dégâts au niveau de l’espace servant de gare routière aux taxis communaux. Certainement le résultat des travaux de l’Office national du drainage et de l’assainissement (Onad) qui a déployé une équipe sur le terrain ces temps-ci pour libérer les emprises occupées. Cependant, à quelques 300 mètres plus loin, dans le même sens, la station-service Total ne fonctionne pas parce qu’inaccessible, l’eau étant encore montée. Au quartier 9 Kilo, les eaux de ruissellement sont visibles mais les inondations ne sont pas dramatiques comme les autres fois. « Aujourd’hui, ici n’est pas comme d’habitude. C’est parce que les gens de l’Onad n’ont pas libéré toutes les canalisations. Il faut que tous ceux qui bouchent les caniveaux et les conduits d’eaux usées, soient chassés. L’Onad doit pousser encore loin ses travaux », commente un riverain, curieux des photos faites par l’équipe de reportage », relate le quotidien.

Abraham KOUASSI
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