Situation socio-politique en Côte d'Ivoire

Averse de révélations sur Abidjan, le régime se barricade

Publié le Modifié le
averse-de-revelations-sur-abidjan-le-regime-se-barricade
Revue de presse

L'actualité dans la presse ivoirienne, ce samedi 28 juin 2014, c'est le livre de Laurent Gbagbo, le voyage de Ouattara à Paris, les révélations de Le Lidec, le jeûne musulman et la lutte contre la vente illicite de médicaments pharmaceutiques. Bonne lecture sur linfodrome.com

Le livre de Gbagbo fait polémique

Le livre de Laurent Gbagbo cosigné avec François Mattéi '' Pour la vérité et pour la justice. Côte d'Ivoire : révélations sur un scandale français '', mis en vente depuis le 26 juin 2014 « casse la baraque », titre Lg Infos. Il affirme que le bouquin réalise des chiffres de vente record, que des librairies sont prises d'assaut en Europe. Le quotidien écrit que « à 15h Gmt, le jour de sa sortie en librairie, 65000 exemplaires ont été écoulés à Paris, France, 27000 à Londres en Angleterre et 12500 à Rome, capitale italienne ». Pour renchérir sur cette opinion, Le Quotidien d'Abidjan titre à la Une « acheté comme de petits pains, le livre de Gbagbo sème la panique à la CPI » au point de créer la confusion chez les juges. Il relate que les juges ont reçu gratuitement le dernier ''bébé'' de Gbagbo. Et « la CPI tremble ». « Les juges sont totalement déroutés par cette version que raconte des faits de Laurent Gbagbo qui vient complètement annihiler les preuves de la Procureure Fatou Bensouda ». Mais L'Expression dit que « rébellion de 2002, Marcoussis, séjour à Korhogo... Gbagbo tord le cou à l'histoire ». Quand Gbagbo écrit quand dans le livre qu'il n'a jamais eu confiance en Soro, le journal rappelle qu'il avait déclaré que « Soro est mon meilleur Premier ministre ». Qu'au lieu de « la baraque de trois pièces » où il dit avoir été gardé, au nord par le régime Ouattara, Gbagbo était détenu « à la résidence présidentielle de Korhogo ». Et quand Gbagbo écrit qu'il n'a pas « été convié, c'est-à-dire que l'État ivoirien n'a pas été convié », à la table ronde de Marcoussis, le journal demande alors « qui représentaient son Premier ministre Affi N'guessan et Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblé nationale d'alors ? C'est pourquoi, Le Patriote écrira en rouge vif que « tout est faux ». Selon lui, Gbagbo n'est pas un martyr, que son livre est un ramassis de mensonges. D'ailleurs « que valent encore les paroles d'un boulanger-dictateur ? », s'interroge le journal qui a consacré deux pages à ce dossier.

Révélations sur Le Lidec

Après ses sorties contre Soro Guillaume, c'est au tour de l'ex-ambassadeur Gildas Le Lidec de subir des révélations accablantes. A la Une de L'inter, le journal qui avait abondamment diffusé les propos du diplomate, écrit :« de graves révélations sur Le Lidec » ''C'était un agent de Gbagbo à l'Élysée''. ''Ce qu'il a fait à Guéi et Ouattara''. ''le coup que Soro prépare''. C'est Kacou Mathias, un proche de Soro, qui parle. Il a affirmé que « Le Lidec avait tenté de corrompre Soro en lui donnant de l'argent. Soro a refusé... Quand Guéi a senti sa vie menacée, il a sollicité la protection de la France. Le Lidec, à l'époque ambassadeur de France, le lui a refusé. Sans l'ambassadeur d'Allemagne, Alassane Ouattara serait également mort. Gildas Le Lidec est l'ambassadeur le plus mauvais. » Le journal ajoute que le réseau de Soro s'active à donner la réplique à Gildas Le Lidec, qui ne serait pas exempt de reproches. En attendant cette réplique, « un colonel de la Licorne crache ses vérités au régime Ouattara », barre à la Une Le Temps. Il s'agit de Georges Paillon, ex-porte-parole de la licorne. De la rébellion de 2002, il dit : « j'ai côtoyé plusieurs fois les plusieurs fois les ex-rebelles. Et on voyait en face de nous, tout sauf des militaires. A part deux ou trois, tout le reste était des chefs de bandes, de gangs. C'était n'importe quoi à Bouaké...C'était difficile de discuter avec des voleurs, des violeurs et pilleurs. Ce n'était pas des combattants... Les médias occidentaux couvraient l'actualité ivoirienne en restant dans les capitales européennes. Ils voulaient détruire le système Gbagbo...Le Gouvernement Gbagbo, c'était la moins mauvaise solution pour les Ivoiriens. C'était un vrai programme de société. En clair, le président Gbagbo était un grand homme d'État »

Ouattara à Paris

Le chef de l'État s'est envolé, depuis hier, pour Paris, en visite privée, informent les journaux. Ce voyage dont la présidence de la République a informé par un communiqué, suscite des interrogations. « Les dessous d'une curieuse visite privée », titre Notre Voie. Curiosité créée par le fait que le communiqué est surtitré ''Économie''. « En quoi le séjour privé est-il lié à l'économie ? », interroge le quotidien. Il croit plutôt que le voyage serait lié à l'état de santé de Ouattara. Puisque le Président ivoirien était annoncé au Burkina Faso et au Maroc ces derniers jours, et non en France. Mais, il a reporté ses voyages, dit-il. Lg Infos pense que c'est plutôt la sortie du livre de Gbagbo qui fait courir Ouattara. Le journal livre que « affolé, Ouattara se précipite à Paris ». Car, depuis son retour de France après son intervention chirurgicale, il a refusé de se rendre aux grands rendez-vous. Comme s'il craignait une menace de déstabilisation, « Ouattara met son service de sécurité en alerte maximale », écrit Soir Info. D'après un article de la Lettre du Continent, le chef de l'État a mis en alerte sa garde rapprochée. Dans ce sens, « les congés et les permissions sont suspendus, le temps de cette mobilisation », lit-on. Cette décision a été prise depuis mai, après les attaques à l'ouest.

Lutte contre les médicaments frauduleux et jeûne musulman

Aujourd'hui, commence le jeûne musulman. Les journaux en parlent. Ils donnent les conseils sur ce qu'il faut et ce qu'il faut éviter, à l'exemple de Le Patriote. Par ailleurs, les dons ont commencé à être faits. Fraternité Matin a ouvert ce samedi avec la guerre contre les médicaments de la rue « Démantèlement du marché des médicaments illicites : l'heure a sonné », titre-il. Selon lui, le Gouvernement s'est engagé à mener la guerre à ce phénomène. Un comité national de lutte contre le trafic illicite et la contrefaçon de médicaments a donc été installé. « L'heure de la détermination dans la lutte contre le marché illicite et la contrefaçon de médicaments, fléaux qui déciment en silence nos populations et notre économie a sonné », a déclaré le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, entouré de ses collègues du Gouvernement. Soir Info rapporte qu'il a dit que « le marché de Roxy doit disparaître ». Des instructions ont été donné dans ce sens à la Police nationale.

César DJEDJE MEL
Voir ses articles