L’actualité concernant Gbagbo et ses proches est le sujet de notre revue de presse de ce vendredi 27 juin 2014. Bonne lecture sur Linfodrome.ci
Gbagbo se lâche encore
Sorti officiellement hier, jeudi en France, le livre-témoignage de Laurent Gbagbo occupe encore une bonne partie des titres de la presse ivoirienne. Soir Info choisit de livrer de nouveaux extraits de l’ouvrage co-signé par l’ancien président ivoirien. « Sortie du livre de l’ex- chef d’Etat : Gbagbo fait encore des révélations », livre à sa Une le journal. Dans ces extraits publiés par le quotidien, Laurent Gbagbo revient notamment sur la tentative de renversement par la France dont il dit avoir été l’objet. « Ils (les rebelles) avaient perdu la partie et la France les a remis en selle sur le même plan que le pouvoir légitime… Villepin appelait ça la diplomatie de mouvement, moi j’y vois plutôt un coup d’Etat en gants blancs (…) A peine informé des évènements de Bouaké, j’apprenais qu’une colonne française s’approchait d’Abidjan (…) Au milieu de la nuit, cette colonne encerclait la résidence présidentielle (…) Les Français ont dit après coup ‘’qu’ils avaient fait une erreur de trajet’’. Quand on connait Abidjan, c’est impossible à croire. Ils venaient donc me faire fuir ou me faire tuer par quelqu’un pour me remplacer : le plan était de mettre Doué (son chef d’Etat-major réputé proches des Français) à ma place ‘’en intérim’’, mais il s’est dégonflé », écrit Laurent Gbagbo à propos des évènements de novembre 2004.
De son côté, L’Inter qui livre aussi des extraits de l’ouvrage de Gbagbo souligne ce que dit l’ancien président de Guillaume Soro. « Sortie de son livre hier : Gbagbo lâche sa ‘’bombe’, ‘’Soro doit s’inquiéter’’ », titre à sa Une le journal. « (…) Je n’avais ni confiance en Soro, ni en Compaoré, ni en Ouattara. Je savais que leur but premier était de prendre le pouvoir (…) Il s’agissait pour eux de faire disparaitre la Côte d’Ivoire dans un ensemble plus vaste comprenant notamment le Burkina Faso (…) C’est aux armes que Guillaume Soro doit sa place. Il devra s’inquiéter si un jour, il ne les a pas avec lui », a indiqué dans son livre le détenu de la Cour pénale internationale (CPI).
Le Lidec se décharge encore
Outre Laurent Gbagbo, un autre acteur clé de la crise ivoirienne a choisi de faire ses révélations sur la crise ivoirienne, notamment le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro. Il s’agit de Gildas Le Lidec, ancien ambassadeur de Franc en Côte d’Ivoire. « Interview exclusive : Gildas Le Lidec fait le grand déballage », titre à sa Une Le Temps. A en croire l’ancien ambassadeur, le chef du Parlement est « un arriviste, très intelligent et très bien formé, avec une exceptionnelle force de conviction. Il a mangé à tous les râteliers, chef des rebelles un jour, avec Gbagbo un autre, puis le trahissant pour Ouattara… Mais étonnamment, il avait des soutiens en France ».
Dans le même sens, Le Nouveau Courrier qui publie également cet entretien du diplomate indique que, selon ce dernier, Laurent Gbagbo ne mérite pas d’être détenu à La Haye. « CPI, rapport avec l’Elysée. Gildas Le Lidec persiste et signe : ‘’C’est injuste ce qui arrive à Gbagbo’’ », écrit à sa Une le journal. « Je trouve cela (la détention de Gbagbo) profondément injuste. Cela ne correspond pas aux valeurs et au tempérament de l’homme que j’ai connu. Et, c’est d’autant plus injuste que Ouattara n’a pas touché un cheveu des salopards qui, depuis 2011, se sont taillé de véritables royaumes dans le Nord du pays. En ne prenant aucune mesure contre eux, la CPI ne va pas améliorer son image déjà très dégradée sur le continent ».
Dogbo Blé condamné
Condamné à 15 ans de prison, le général de Brigade Dogbo Blé a vu sa peine confirmée par la Cour Suprême, fait savoir L’Expression. « Procès en cassation : le rêve de Dogbo Blé définitivement brisé », souligne à la Une le journal. « Après cinq procès, le dossier du général Bruno Dogbo a été bouclé hie. Le président de la Cour Adjoussou Youkou a confirmé la peine de 15 ans infligée à l’ancien commandant de la Garde Républicaine. Il devra alors passer 13 ans derrière les barreaux », commente le quotidien.
L’Inter dit la même chose, « Les juges de l’institution judiciaire ont confirmé, hier jeudi, la décision du tribunal militaire condamnant cet officier supérieur à 15 ans de prison. L’ex-patron de la Garde républicaine sous Laurent Gbagbo, détenu depuis la fin de la crise post-électorale en 2011, va encore passer plus d'une douzaine d'années de sa vie en prison. A moins de bénéficier d’une grâce présidentielle dans le cadre de la réconciliation nationale, comme il est donné de voir ces derniers temps en Côte d’Ivoire. Homme fort de l’appareil sécuritaire du régime Gbagbo, il est accusé pour le meurtre du colonel-major Adama Dosso, durant la crise postélectorale de 2010.Le Gal Dogbo Blé avait été reconnu coupable de «meurtre, de séquestration, d’enlèvement et de complicité d’assassinat du colonel-Major Adama Dosso». Trois autres militaires que sont le commandant Kipré Yagba, et les sergents-chefs Léo Lago et Ferdinand Toh, avaient été également condamnés pour les mêmes motifs. Les avocats du Gal Dogbo Blé avaient rejeté les accusations portées contre leur client, pour «insuffisance de preuves matérielles».