Bonjour amis lecteurs de linfodrome.ci . Heureux de vous retrouver pour notre traditionnel revue de la presse nationale. Au menu de ce mercredi 7 mai 2014, les critiques contre le pouvoir ivoirien ainsi que le Recensement général de la population et de l'habitat. Bonne lecture.
Compliqué pour Ouattara
Les temps sont quelque peu durs pour le régime ivoirien. Soir Info qui donne l'information croit savoir que le parti présidentiel est en proie à d'importantes difficultés. « A quelques mois de la présidentielle : voici les graves erreurs du RDR », barre à sa Une le journal « Au sein du rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rdhp), la question d’une candidature unique autour de sa personne est loin d’être acquise, des cadres du Pdci, l’allié de poids, freinant des quatre fers. Mais, le Rassemblement des républicains (Rdr), au pouvoir, au-lieu de concentrer son énergie à défendre les acquis de la gouvernance de son candidat, consolider ses bases en vue des futures joutes électorales qui s’annoncent ouvertes, éteindre des crises internes, accumulent des erreurs politiques et des indélicatesses verbales qui pourraient se retourner contre lui à terme.A l’approche de ces élections, on ne connaît toujours pas encore de cap clair au parti présidentiel… En quoi bander ses muscles contre l’expert de l’Onu, en l’occurrence Doudou Diène, s’en prendre à l’opposition qui est dans son rôle de critique de l’action gouvernementale, se braquer contre tout avis contraire, peut faire avancer la politique du chef de l’Etat ? La cérémonie d’investiture du maire d’Adjamé, le samedi 3 mai 2014 a été l’occasion pour Amadou Soumahoro dit « Tchoumba », de tirer à boulet rouge sur l’opposition et le Front populaire ivoirien (Fpi) et de proférer des menaces directes. ''Trop c’est trop… On ne permettra pas que le président de la République soit vilipendé », s’est emporté ''Tchoumba ''. Qui ''agrippe'', au passage, l’expert indépendant de l’Onu, le sénégalais Doudou Diène qu’il accuse de partialité dans le dossier ivoirien : ''cet expert ne doit pas prendre position sur des questions d’ordre politique. Je voudrais demander, en pareil cas, au chef de l’Etat de ne plus accepter de renouveler le mandat de cet expert indépendant, je veux parler de Doudou Diène'. En s’en prenant à un expert de l’Onu dont il réclame le non renouvellement de son mandat par le président ivoirien, Amadou Soumahoro veut faire commettre une grosse faute diplomatique à Ouattara », commente le journal.
S'il est soumis à des difficultés en interne, Alassane Ouattara n'échappe pas non plus aux attaques de son opposition indique L'Inter. « Situation socio-politique : tirs groupés contre le régime », peut-on lire à la Une du journal. Le quotidien livre notamment les critiques de la société civile, Mel Théodore ainsi que de Mamadou Koulibaly. A en croire le dernier cité, « Ouattara a perdu le nord. Non pas que le nord ne l'aime plus. Mais, il a conduit le nord dans le chaos. Les enfant du nord qui ont aidé Ouattara à accéder au pouvoir ont été abandonnés (…) le nord a été trompé (…) le nord a besoin de secours ». Dans le même sens, le journal relate également le commentaire de Mel Théodore. A en croire l'ex-maire de Cocody, « les Ivoiriens sont fatigués d'être maltraités, divisés y compris au sein de leurs familles ».
Cependant, tout n'est pas noir dans la gestion du président ivoirien. Le Patriote y voit même un motif important de satisfaction au sujet d'une infrastructure économique longtemps considérée comme étant à problèmes. « Après 10 ans d'échec du FPI face à un carrefour intraitable : Ouattara le roc ! Comment il a vécu l'Indénié », s'exclame à sa Une le journal. « Le carrefour de l'Indénié trivialement appelé ''Melkro'' n'est plus un casse-tête chinois pour les usagers et autorités ivoiriennes. Contrairement au gouvernement précédent qui avait mis l'accent sur l’embellissement, le gouvernement Ouattara a attaqué le mal à la racine (…) Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce sont des travaux colaussaux qui rendent praticable le carrefour de l'Indénié en cette saison pluvieuse », indique le journal.
Rien ne bouge
Le Front Populaire Ivoirien (FPI) avait appelé au boycott du Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH 2014). En réponse à cette sortie et aux multiples couacs, le gouvernement a décidé de brandir l'arme des sanctions. Deux jours après cette décision de l'équipe d'Alassane Ouattara, les positions restent encore bien tranchées. « Boycott du recensement, incivisme, dérives... : la récréation est ter-mi-née », barre La Matinale à sa Une. A en croire le journal officiel du Rassemblement des Républicains (RDR), « Il y a un temps pour tout a l'Ecclésiaste. Visiblement, pour le pouvoir, le temps de mettre de l'ordre dans le débat politique est arrivé. Plus simplement, depuis le lundi 5 mai dernier, le gouvernement a pris la responsabilité de ne plus laisser prospérer la chienlit face à ceux qui ambitionnent troubler l'ordre public. Mais aussi, face à ceux qui veulent saboter le processus de normalisation en cours (…) A la vérité, il y a longtemps qu'on attendait cette réaction du pouvoir. Dans quel pays européen, un individu, fut-il président de parti politique peut-il s'autoriser à appeler publiquement au boycott d'une décision du gouvernement sans qu'il ne soit entendu par la Justice ? », écrit le journal.
Cette menace du gouvernement ne semble pas suffisante pour faire reculer le parti de Laurent Gbagbo à en croire Le Temps. « Le FPI catégorique : que le boycott continue », titre en manchette le journal. « Le FPI réaffirme solennellement et en toute responsabilité, l'appel lancé le 20 mars 2014 par son président, demandant à ses militants, à tous les démocrates et à toute la population de s'abstenir de toute partcipation au RGPH, lancé de manière unilatérale et solitaire par le gouvernement Alassane Ouattara », a déclaré Alphonse Douati, 10è vice-président du parti à la rose.
A côté de ces faits, les quotidiens ivoiriens reviennent également sur la grève initiée par les travailleurs du chantier du 3è pont. Le Patriote croit savoir que le ministre Alain Lobognon a mis fin à la grève quand Soir Info indique que plusieurs des grévistes ont été gazés hier, déplorant ainsi des blessés dans leurs rangs. Allant plus loin, Le Temps affirme que certains d'entre eux ont été ''enlevés''