Le recensement général de la population et de l'Habitat, la situation sécuritaire à l'ouest, tels sont les sujets principaux de notre revue de presse nationale de ce mardi 6 mai 2014. Bonne lecture.
Le gouvernement durcit le ton
Le boycott du recensement général de la population et de l'habitat (RGPH) et les multiples couacs observés lors de cette opération n'ont pas laissé de marbre le gouvernement ivoirien. De fait, indique L'Inter, les autorités ivoiriennes ont décidé de sanctionner les appels au boycott lancés notamment par le Front Populaire Ivoirien (FPI). « Boycott du recensement : la justice lâchée contre Affi », barre à sa Une le journal. Selon le quotidien, « le gouvernement refuse de tolérer les agressions des agents recenseurs sur le terrain, suite au mot d'ordre lancé par la direction du FPI, ex-parti au pouvoir. Il a décidé de sévir aussi bien contre ceux qui appellent au boycott que contre ceux qui refusent de se faire recenser. Du moins, c'est ce qu'a laissé entendre le porte-parole du gouvernement, Koné Bruno Nabagné, au cours d'une conférence de presse qu'il a animée à l'issue du Conseil des ministres extraordinaire qui s'est tenu, hier, au Plateau ».
Le Patriote ne dit pas autre chose. Le journal va plus loin en exprimant à sa Une un certain ras-le-bol. « RGPH, appels au boycott, attaques des agents, refus de se faire recenser : trop, c'est trop ! », titre le journal. « Mettre fin à l'insurrection et faire régner l'Etat de droit. C'est tout le sens de la décision prise par le gouvernement ivoirien, hier, lors du Conseil des ministres présidé par le chef de l'Etat, Alassane Ouattara. ''le gouvernement prévient quiconque qui va troubler l'ordre public par ses appels et ses actions en ce qui concerne le recensement général de la population et de l'habitat. Ce, sur la base de l'article 169 du code pénal'', a déclaré le porte-parole du gouvernement, Bruno Nabagné Koné. Pour lui, le gouvernement a laissé faire en comptant sur la bonne intelligence des uns et des autres sur le sens d'une telle opération. Désormais : ''le gouvernement ne va plus laisser faire, car nous sommes dans un Etat de droit et tout le monde doit s'y soumettre'', a tranché le ministre des postes et TIC », indique le journal.
Cette décision du Conseil des Ministres, Le Nouveau Courrier l'assimile à un aveu d'échec de la part de l'équipe conduite par Alassane Ouattara. « RGPH : le gouvernement panique et menace », peut-on lire à la Une du journal proche de l'opposition. « Le gouvernement a décidé hier, lundi 5 mai en Conseil des ministres, de sanctionner ceux qui refusent de se faire recenser mais aussi, ceux qui appelent au boycott du RGPH. D'ores et déjà, le président du FPI, Pascal Affi N'Guessan est dans le viseur du régime Ouattara (…) Mais, c'est connu. Quand le régime est en difficulté, il adopte cette posture. On se rappelle que lorsque le premier ministre Affi relevait l'inéligibilité d'Alassane Ouattara ou la gestion chaotique du pays lors des ces tournées, les thuriféraires de l'actuel pouvoir, notamment Amadou Soumahoro avaient brandi les mêmes menaces », commente le quotidien.
Les Burkinabès du mont Péko chargés
C'est un rapport des autorités ivoiriennes qui l'a révélé. La majorité des habitants de la forêt classée du Mont Péko, fief du milicien Amadé Ourémi sont originaires du Burkina Faso. Face à cette situation, les autorités du pays dirigé par Blaise Compaoré ont décidé d'hausser le ton, indique L'Inter. « Hier à l'ouest, le Burkina à ses ressortissants : ''Quittez le Mont Péko'' », souligne en manchette le journal. « Une mission conjointe du consul du Burkina Faso en Côte d'Ivoire et du ministère de la Famille, de la femme et de l'enfant sillonne depuis hier lundi la forêt du Mont Péko (…) M. Alexandre Ouédraogo, secrétaire permanent du Conseil supérieur des Burkinabé de l'extérieur a tenu un langage clair à ses compatriotes qui occupent majoritairement le parc. ''Notre présence ici traduit la volonté de l'état burkinabé d'aider le gouvernement ivoirien à trouvers des mesures pour vous faire comprendre que les forêts occupées doivent être libérées. Vous devez donc vous préparer à quitter le parc, a-t-il exhorté ses compatriotes », fait savoir le quotidien.
Soir Info pour sa part se penche sur une autre situation similaire mais toujours dans l'ouest ivoirien. « Ouest de la Côte d'Ivoire : des populations chassées », livre le journal à sa Une. « Les occupants de la forêt classée de Scio dans la région de Guiglo ont sommés de quitter les lieux illégalement occupés depuis plusieurs années. C'est pour faire exécuter cette mesure que des agents de la SODEFOR appuyés par des FRCI ont investi depuis le lundi 14 avril 2014 toute la zone des villages de Ladjikro, Samuelkro et Soukoura qituée à proximité de la forêt classée de Scio. Avec une rare intensité, les agents ont commencé à détruite des hectares de plantation de cacao situés dans le périmètre de la forêt riche en essence et en minerais », indique le quotidien.