Bonjour fidèles lecteurs de Linfodrome.ci. Heureux de vous retrouver pour notre traditionnelle revue de presse nationale. Notre tour d'horizon ce jeudi 3 avril 2014 sera meublé par deux sujets principaux : le dialogue politique entre le pouvoir et l'opposition ainsi que les dernières nouvelles en provenance de La Haye. Bonne lecture.
Le gouvernement répond au FPI
Après le transfèrement de Charles Blé Goudé à la Cour Pénale Internationale (CPI), le Front Populaire Ivoirien a annoncé des actions de protestation à cette décision des autorités ivoiriennes. Entre autres, le parti fondé par Laurent Gbagbo a choisi de boycotter le dialogue politique qui a cours avec le pouvoir. Cette position a suscité une réaction du gouvernement ivoirien, indique L'Inter. « Boycott du dialogue : le gouvernement hausse le ton », titre en manchette le journal. « Le gouvernement n'a pas apprécié l'absence du Front populaire ivoirien (Fpi) à la table de discussion, mardi dernier. Il l'a fait savoir par l'entremise de son porte-parole, hier mercredi, au cours de la conférence de presse qui a sanctionné le conseil des ministres qui s'est tenu au palais présidentiel. Selon le ministre Koné Bruno Nabagné, ''le gouvernement regrette l'attitude du Fpi'', mais refuse de se rabaisser. ''(…) Qu’est- ce que vous voulez faire quand vous avez quelqu’un qui demande des choses que vous lui donnez ? qu’est-ce que vous pouvez lui donner d’autres que ce qu’il demandé ? Aujourd’hui, l’État ne peut pas complètement se déculotter face au Fpi'', a martelé le porte-parole du gouvernement. Pour lui, la priorité pour le gouvernement aujourd'hui, c'est de travailler à l'amélioration des conditions de vie des Ivoiriens. Et le conférencier d'indiquer que les Ivoiriens ne sont pas d'accord avec les exigences de l'ex-parti au pouvoir, dans la mesure où toutes les exigences essentielles de ce parti ont été prises en compte. Il s'agit, selon lui, du dégel des avoirs de la plupart des collaborateurs de l'ancien président, Laurent Gbagbo, sauf ceux sur lesquels planent des suspicions fortes de financement de groupes subversifs en Côte d'Ivoire », écrit le quotidien.
Quant à Notre Voie, il estime que ce cadre de dialogue entre le pouvoir et l'opposition est inutile et non-productif. « Il ne s'agit pas d'une volonté manifeste du pouvoir de discuter avec son opposition à l'effet de trouver des solutions consensuelles aux problèmes qui minent la Côte d'Ivoire. Mais, en réalité, d'une opération de communication destinée à tromper l'opinion internationale en lui faisant croire ce qui n'existe pas dans les faits. C'est donc une opération à relent propagandiste. A preuve depuis que le Cadre permanent de dialogue se réunit. Il n'a produit aucun résultat concret. Il y a encore plus de 700 mille prisonniers politiques dans les prisons, des milliers d'autres Ivoiriens toujours contraints à l'exil (…) Il est heureux que ceux qui continuent de répondre aux invitations de Jeannot Ahoussou comprennent bien qu'ils se prêtent à un jeu de manipulation dont l'objectif se trouve loin des préoccupation des Ivoiriens », commente le quotidien.
Pour sa part, Le Patriote croit savoir que cette volonté du FPI de manifester est l'expression des positions extrémistes de ce parti. « Appel aux marches, meetings, sit-in, boycott... Affi le piège de l'extrémisme », titre en manchette le quotidien. A en croire le journal, « malgré les uppercuts reçus, le FPI ne veut pas lâcher prise. Il tient toujours à son match retour. Pour y arriver, le parti à la rose avance tête baissée. Comme un buffle mortellement atteint, Affi N'Guessan et ses camarades veulent tout déraciner sur leur passage. Aveuglés par cette haine viscérale, les anciens tenants du pouvoir d'Abidjan, voient tout en noir. Malgré les efforts du premier des Ivoiriens et de son gouvernement visant à apaiser la situation socio-politique, le FPI trouve toujours de quoi à redire ».
Ça bouge pour Simone Gbagbo
Réclamé par la Cour Pénale Internationale (CPI), Simone Gbagbo n'a pas encore été livrée aux autorités de l'instance judiciaire internationale. L'Inter qui revient sur la situation de l'ex-première dame donne des détails sur cette affaire. « Transfèrement à la CPI : le dossier de Simone Gbagbo bloqué », barre le journal à sa Une. Selon le quotidien, « Si l'on devait suivre la logique de la levée des scellés sur les mandats d'arrêt émis contre les personnalités ivoirienne indexées pour les crimes commis pendant la crise post-électorale en Côte d'Ivoire, Simone Gbagbo devrait séjourner depuis longtemps à la prison de Scheveningen, à la Haye. Il y a plusieurs mois que la Cour pénale internationale (CPI) réclame en effet l'ex-Première dame ivoirienne, qui finalement, reste détenue à Odienné, dans le nord ouest du pays. Contrairement à Charles Blé Goudé, contre qui les procédures de transfèrement se sont accélérées et l'ont précipité, depuis le samedi 22 mars aux côtés de son mentor Laurent Gbagbo aux Pays-Bas, on pourrait se demander pourquoi Mme Gbagbo, qui a été la première à avoir été réclamée par la Cpi, est restée au pays, où elle sera probablement jugée devant les juridictions ivoiriennes, conformément au vœu du gouvernement (...) Selon des sources très informées sur le dossier, ce n'est pas faute d'avoir des charges valables contre l'ex-députée d'Abobo que la Cpi a baissé la pression, relativement à son transfèrement. Mais, le cas Simone Gbagbo, apprennent nos sources, fait l'objet d'intenses interventions, notamment de certains diplomates et de dirigeants africains, qui plaident pour qu'elle reste en Côte d'Ivoire ».
Soir Info choisit pour sa part de revenir sur la rencontre qui aurait eu lieu à La Haye entre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. « Rencontre Gbagbo-Blé Goudé à La Haye : voici ce que dit la CPI », barre le journal à sa une. « Cela s’appelle une réponse de « Normand », guidée par un esprit de ruse et de prudence, au point, qu’on reste incertain, voire évasif dans ce qu’on dit. C’est cette posture que Fadi El Abdallah, porte-parole de la Cour pénale internationale (Cpi) a adoptée, le 1er avril 2014, lorsque nous l’avons interrogé sur une « rencontre que Laurent Gbagbo et Blé Goudé » aurait eue, cette semaine, selon des réseaux sociaux, relayés par un site d’informations, spécialisé dans les affaires politiques ivoiriennes. Fadi El Abdallah, le porte-parole de la Cpi n’a dit, ni oui, ni non à nos questions. « La règle générale est que les personnes en détention peuvent se rencontrer, sauf si les juges ordonnent autrement, mais je ne dispose pas de plus d’informations sur cette question » s’est-il voulu laconique. Il ne confirme donc pas si oui ou non, Blé Goudé et son mentor Laurent Gbagbo, se sont rencontrés à la prison de la Haye », explique le quotidien.